Allyson Pétrin dans la cour des grands

Allyson Pétrin dans la cour des grands
© Photo JIMCHAB | Une cinquantaine de personnes ont assisté au lancement de son EP, hier, au Verre Bouteille à Montréal.

Photo JIMCHAB | Une cinquantaine de personnes ont assisté au lancement de son EP, hier, au Verre Bouteille à Montréal.

Collaboration spéciale : JIMCHAB

DRUMMONDVILLE

Pour son premier maxi disque Tison, Allyson Pétrin a fait appel à Antoine Gratton à la réalisation. À l’occasion de la sortie de cet opus,  celle qui a fait ses armes dans les programmes de musique à Jean-Raimbault et au Cégep de Drummondville,  revient en détail sur le processus d’écriture de chacune de ses chansons.

«Tison»

«Tison est probablement la plus introspective et personnelle des six chansons! L’arrangement est hyper minimaliste et dénudé (piano et voix seulement). Antoine Gratton et moi, on trouvait ça super important de la garder simple, fragile! Comme un de mes profs du Cégep de Drummond me disait souvent dans mes cours de composition: « Less is more »; salut Éric Vigneault!

«C’est sur la seule pièce du EP sur laquelle je joue du piano (et j’enregistrais le piano et la voix simultanément). Après plusieurs fois à la faire et la refaire, je sentais que j’étais un peu trop dans ma tête; comme si j’étais à la quête d’une perfection qui, au fond, n’avait pas lieu d’être puisque la chanson se veut vraiment un hymne à l’artiste que je suis en train de bâtir. Avant de faire la dernière take de toute, Antoine et David (le technicien de son) m’ont dit « Regarde Allyson, on en a en masse ici.

«Fais-en une dernière, mais pense à rien, prends ton temps. On est pas pressé nous autres! Ça te va? ».  J’ai seulement acquiescé, je me suis retournée vers mon piano, j’ai pris une énorme respiration, j’ai fermé les yeux et je me suis mise à chanter. Deux minutes plus tard, je joue la dernière note, je la laisse raisonner. Je sentais que c’était LA bonne prise. J’en ai eu la confirmation quand, en me retournant vers les gars, ils étaient tous les deux accotés sur le bord de la console, sourire aux lèvres, avec un regard tellement doux et rassurant et ils ont simplement dit « That’s it ». On l’avait!»

«Nord»

«À la base, je jouais cette chanson d’une manière très douce; je la voyais comme étant une balade triste plutôt qu’une chanson avec plus de caractère (comme on a fait sur le EP).

Antoine m’a donné l’exemple d’Amy Winehouse qui chantait ses chansons aux sujets tristes et parfois lourds sur une trame musicale avec beaucoup d’aplomb:  » C’est triste ce qu’elle raconte dans beaucoup de ses chansons, mais on a pas l’impression que c’est plaintif ou quoi que ce soit. Elle nous garoche ses problèmes dans face en nous disant de s’arranger avec ça. Je crois vraiment que ta chanson gagnerait a avoir cet aplomb là! »

«Une fois en studio, je me suis dit que je n’avais rien à perdre d’essayer! Plus on la jouait, plus j’avais envie de la refaire avec encore plus d’aplomb à chaque fois! La chanson se veut un cri à l’aide d’une personne qui a besoin de sacrer son camp avant que tout explose dans sa vie. Ça ne pouvait pas être doux et gentil comme arrangement! Puis il y a eu ce moment où le quatuor à cordes s’est ajouté de manière majestueuse! C’était plus grand que moi. Tout a pris son sens à ce moment précis. Je dois dire que les arrangements de cordes qu’Antoine a fait sont particulièrement beaux!»

«Océan de baisers»

«Ahhhhh cette chanson!!! Antoine l’appelle « la chansons White Album du EP », pas plate comme comparaison! C’est drôle parce qu’au départ, elle n’était même pas dans les choix de chansons!

«Pour rapidement mettre en contexte, Antoine, qui a co-réalisé le nouvel album de Petula Clark avec Louis-Jean Cormier, m’avait fait part qu’ils étaient à la recherche de chansons avec une vibe plus jeune! J’avais donc soumis cette chanson-là à Petula et son équipe pour son nouvel album. N’ayant eu aucun retour de leur part, je n’ai jamais rejoué ou retravaillé la chanson. J’avais comme oublié que je l’avais créée, et c’est lui qui m’a rappelé son existence!

«Après l’avoir écouté, je me suis demandé très sérieusement pourquoi je ne l’avais jamais ressorti avant aujourd’hui! C’est une pièce qui est très différente des autres, au niveau de l’écriture! C’est un peu plus comme si je peignais un tableau dans cette chanson. Le point de vue est nettement plus extérieur et moins personnel que le reste des chansons, et ça fait du bien aussi! Avec les arrangements de cordes qu’Antoine a fait, on a l’impression de se retrouver dans un film en noir et blanc.

«Ça a quelque chose de très apaisant pour l’âme dans cette chanson je trouve! Elle est en fait inspirée de mes arrière-grands-parents maternels, quand notre Papy Maurice partait des semaines pour aller travailler à la Baie James et qu’il devait laisser sa femme seule à la maison avec les 7 enfants.»

«Sans toé»

«On a eu tellement de plaisir à enregistrer celle-là! C’est probablement la chanson où on s’est permis de «salir» tout ça, dans le sens où on se permettait d’être moins parfait!

La chanson se veut un hymne à toutes ces personnes qui prennent un coup après une rupture amoureuse, qui braillent un coup et qui s’en remettent après (moi la première, quand j’ai écrit la chanson hahaha)! Ça ne pouvait pas être droit, bien placé et propre. On s’était donc donné ceci comme image: une fille assise dans une boite de pick up dans le stationnement du Dooly’s (sans offense à tous ceux qui fréquente ce bar haha), le mascara qui coule, en train de boire à même la bouteille de vodka.

«Pas très gracieux/chic comme image, mais ça nous a bien mis dans l’esprit! On a assumé la valse country à fond, on (je) sautait partout en studio! Le plaisir était au rendez-vous! Avec le petit solo de piano, ça donne un son un peu bar saloon que je ne déteste pas du tout! J’ai vraiment été puisées dans mes racines country pour cette chanson-là! Le country est une musique qui se veut simple, rassembleur et vrai! Je crois que Sans toé est clairement une chanson qui saura plaire à toutes les personnes qui viennent de se faire laisser.»

«Le blues du perchoir»

«Cette chanson-là est passé du coq à l’âne, complètement! Au départ, c’était un blues très assumé, du genre typique blues avec un gros solo de guitare et des chœurs partout partout!

«Finalement, je voulais m’éloigner du cliché de ce style musical (que j’aime énormément soit dit en passant). On a donc opté pour une version plus douce avec piano, voix et quatuor à cordes seulement! La chanson en soit est une force tranquille.

«Ça allait donc de soit que l’arrangement dégage cette même énergie! J’ai réécris le texte de la chanson afin que mes propos soit encore plus clairs, j’ai changé la forme musicale, ajouté et supprimé des sections. Elle a été brassée pas mal, mais c’était pour le mieux! La première étape d’enregistrement de cette chanson était la voix et les cordes en même temps! Laissez-moi vous dire que de chanter avec un quatuor à cordes comme accompagnement, c’est pas plate!

«Suite à ça, on a enregistré le piano et ensuite les chœurs! C’était très impressionnant en fait. Ayant joué du violon pendant 4 ans, j’ai toujours aimé les instruments à cordes! C’était donc un peu irréel de se faire accompagner par un quatuor à cordes!»

«De l’amour pis du brandy»

«La chanson « feel good » du EP et aussi la chanson qu’on a lancé dans les radios au mois d’août!

«Tout le long du processus, on gardait en tête que c’était celle-là qui allait être poussée dans les radios, alors on voulait lui donner un son plus pop, sans tomber dans les clichés non plus! Je l’ai également placé en dernier sur le EP car je voulais vraiment finir avec une note plus légère, joyeuse.

«Je voulais que ce soit le genre de chanson que les gens veulent mettre dans leur liste de lecture pendant un roadtrip vers la Gaspésie ou New York, ou n’importe où en fait haha! C’est aussi la chanson avec laquelle je termine mes spectacles! Généralement, on entend de la basse électrique dans les chansons. Par contre, pour ma part, j’ai préféré avoir de la contrebasse! Je trouve que ça donne un aspect très groundé aux chansons, puisque c’est un instrument acoustique!

«Étant une chanson d’amour, quelque chose de très léger et tout, d’avoir de la contrebasse, ça ramenait tout au bon endroit: les deux pieds sur terre, mais la tête encore et toujours dans les nuages! De l’amour pis du brandy c’est tout ce qu’on a besoin après tout, non? ;)»

Allyson a réussi ici un opus de grande qualité au niveau des compositions tout en faisant preuve de grandes capacités littéraires. Le mois dernier, la chanteuse de 23 ans a été lauréate du Concours Prix Étoiles Stingray au Festival Western de Saint-Tite.

À Drummondville, il y a Renée Martel, Stéphanie Bédard, Brigitte Boisjoli, voilà une autre voix féminine qui se distinguera sur la scène musicale québécoise. Une carrière qui commence sur une bonne note pour celle qui gravite dans l’univers country depuis sa tendre enfance avec la famille Bessette du côté de sa mère Julie Fournier.

Le Vingt55 vous invite au lancement de la Drummondvilloise à l’Établi Brasserie Urbaine le 12 octobre. Son album Tison est maintenant disponible sur toutes les plateformes numériques.

 

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