Il reçoit le bras d’une femme décédée le jour de son anniversaire

Il reçoit le bras d’une femme décédée le jour de son anniversaire
© Photo offerte | Dans l’ordre habituel: Françoise Houle, maman de Véronique, Sonia Chapleau, mère de Maxime, Maxime Fortier, Samuel Fleurent Beauchemin, président du Pont vers l’autonomie et Charles Deguire, président de Kinova.

DRUMMONDVILLE

Maxime Fortier ne pouvait rêver à pareil cadeau pour la journée de sa fête. Le jeune homme de 23 ans vivant avec la dystrophie musculaire de Duchenne a reçu un bras robotisé d’assistance JACO pour son anniversaire. Cet équipement moderne changera considérablement son quotidien, lui permettant d’accomplir des tâches de base comme boire et manger.

Bien qu’il ait toute sa tête, l’autonomie de Maxime se limite à l’usage de son épaule droite, de son poignet et de ses doigts. Il peut fléchir le coude gauche en s’aidant de son tronc. Sa condition ne lui permet pas d’accomplir de simples tâches.

Malgré son handicap, Maxime est à compléter ses études secondaires aux adultes, au Centre multi-service de Sainte-Thérèse. Il est motivé à faire partie de la vie active et à contribuer à sa collectivité.

«Mon plus grand rêve était d’avoir un bras robotisé Jaco afin de vivre une vie plus autonome au quotidien, de m’épanouir dans la société et de décrocher un emploi. C’est vraiment une belle journée. C’est comme une deuxième vie pour moi», indique le bénéficiaire.

L’attribution du bras permettra notamment à Maxime de mieux vivre ses passions. Dans ses temps libres. Il aime jouer aux jeux vidéo, écouter de la musique. Il aime beaucoup l’informatique. En effet, il rêve de devenir graphiste de jeux vidéo et espère décrocher un emploi dans les technologies.

Le bras robotisé aura également un impact sur la vie de la mère de Maxime, Sylvie Chapleau, une mère monoparentale qui multiplie les efforts afin de bien s’occuper de son enfant qui commande son lot de soins au quotidien.

«Je sens une grande fierté de voir que mon fils pourra s’adonner seul à ses activités quotidiennes.  Il pourra faire comme les autres, sans toujours à avoir à attendre après quelqu’un. J’aurai davantage la conscience tranquille lorsque je le laisserai seul», explique-t-elle.

Une pensée pour Véronique Plourde

Le bras de Maxime Fortier ne constitue pas une nouvelle acquisition de la fondation. Il s’agit du bras ayant appartenu à Véronique Plourde, une Victoriavilloise décédée du cancer il y a quelques mois. Ce départ, le deuxième de l’histoire du Pont vers l’autonomie, a attristé tous les acteurs de l’organisme.

«Je me souviendrai longtemps de Véronique. Malgré le mal qui l’affligeait, elle affichait une telle détermination dans le regard. Pour elle, ce handicap n’était qu’un détail, elle mordait dans la vie et avait plus d’aspiration que plusieurs personnes en pleine possession de leurs moyens. Elle a appris qu’elle avait le cancer deux mois avant d’enfin bénéficier de son bras. Cet outil lui aura permis d’accomplir de grande chose, de réaliser des rêves, comme celui de jouer au hockey avec ses proches. L’annonce de son départ nous a terriblement affectés», raconte le président de la fondation, Samuel Fleurent Beauchemin, ému.

Présente au moment où Maxime Fortier a pris possession du bras de sa fille, la mère de Véronique, Françoise Houle, s’est dite à la fois émue et fière de constater que l’équipement aura une nouvelle vie.

«C’est incroyable comment Maxime se rapproche de Véronique. Il avait même de la couleur dans les cheveux. Je sais qu’il fera bon usage de l’équipement qui lui est remis», dit-elle.

Le président du Pont vers l’autonomie, Samuel Fleurent Beauchemin, s’est aussi senti concerné par la remise, Maxime étant atteint de la même maladie que son frère. Il aurait aimé remettre un bras robotisé à son frère Guillaume alors qu’il était toujours à un stade précoce de la maladie.

«C’est un peu comme si je réalisais ce que je n’ai pas reçu à faire avec mon frère au début de la fondation. Lorsque nous avons acquis le bras, il était en fin de vie, il est mort quelques semaines plus tard», déplore-t-il.

Présent lors de la remise, le président de Kinova, Charles Deguire, s’est dit très heureux que les bras conçus au Québec servent à des gens d’ici.

«Nous sommes très fiers que des Québécois puissent en bénéficier, on exporte beaucoup. On est content de pouvoir aider Maxime, un jeune homme plein d’ambition», affirme-t-il.

Un nouveau départ

Le Pont vers l’autonomie célèbre cette année ses cinq ans d’existence. Ses récentes acquisitions ont porté à 18 le nombre de bras robotisés qui profitent actuellement à des personnes vivant avec des limitations motrices sévères.

«Nous avons profité du 5e anniversaire afin de prendre un pas de recul et de réfléchir. C’est incroyable ce que nous avons accompli depuis le début. Jamais je n’aurais cru que nous en arriverions là lorsque moi et mon frère sommes partis en quête de financement du premier bras. Bravo à tous les gens qui ont contribué depuis le départ, il y a de quoi être fier», conclut Fleurent Beauchemin.

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