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Chute mortelle au Domaine des Pères Montfortains : un lieu peu sécurisé, le coroner conclut à un décès accidentel

Chute mortelle au Domaine des Pères Montfortains : un lieu peu sécurisé, le coroner conclut à un décès accidentel
Questionné par le Vingt55 au sujet de la responsabilité des lieux et de l’absence de recommandations, le coroner rappelle des faits importants @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Le coroner Me Yvon Garneau conclut que la mort d’Éric Généreux, 45 ans, survenue autour du 19 mai 2025, est de nature accidentelle. Son corps avait été découvert au pied d’un immeuble abandonné de Drummondville, un lieu condamné à la démolition et fréquenté par des explorateurs urbains.

Questionné par le Vingt55 au sujet de la responsabilité des lieux et de l’absence de recommandations, le coroner rappelle des faits importants @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Comme le rapportait déjà le Vingt55 au moment des faits, ce sont des adolescents amateurs de parkour urbain qui ont découvert le corps gisant au sol, tôt le mardi 20 mai, vers 1 h 18. En circulant autour du bâtiment abandonné où ils s’entraînaient, les jeunes ont aperçu l’homme immobile parmi des débris, à proximité de la structure principale. Ils ont rapidement alerté les autorités, permettant l’intervention des services d’urgence et la sécurisation immédiate des lieux.

Comme le précise le rapport du coroner Yvon Garneau, les paramédics et les policiers de la Sûreté du Québec, arrivés rapidement, constatent que toute intervention de réanimation serait vaine. La rigidité cadavérique avancée est immédiatement notée, et le décès est confirmé à distance par un médecin de l’UCCSPU en vertu du protocole d’asystolie.

Le bâtiment, propriété de la Ville de Drummondville, est connu pour être fréquenté par des personnes vulnérables, notamment des itinérants et des amateurs d’exploration urbaine et de « grattage », tout comme ceux et celles qui, comme M. Généreux, accédaient au site afin de trouver et récupérer des métaux. Un campement extérieur et le peu de mesures de sécurité présentes permettaient à toute personne en situation d’itinérance d’y accéder, tout comme les jeunes qui y pratiquaient le parkour ou s’y regroupaient.

Sa dégradation avancée et son accessibilité ont été dénoncées par des citoyens, dont M. Marcel Laroche, qui a assisté à l’intervention policière : « La vraie question n’était pas de savoir si un drame allait survenir, mais quand », avait-il commenté.

Autopsie et éléments médico-légaux

L’examen externe et l’autopsie, pratiqués le 21 mai au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, révèlent :

  • de multiples contusions dispersées sur l’ensemble du corps ;
  • des lésions traumatiques contondantes compatibles avec une chute importante ;
  • aucun signe d’intervention d’un tiers.

Les analyses toxicologiques décelèrent la présence de méthamphétamine et de cannabinoïdes dans le sang et l’urine. Aucune trace d’alcool n’a été détectée.

Analyse : une chute liée à la recherche d’objets à revendre

Selon les informations colligées par le coroner au terme de l’enquête conjointe avec la Sûreté du Québec auprès de proches, Éric Généreux, en situation d’itinérance, avait l’habitude de fouiller divers bâtiments pour y dénicher du matériel pouvant être revendu, notamment des pièces de plomberie.

L’enquête établit que la victime se serait engagée par une fenêtre du troisième étage pour tenter d’atteindre une échelle de fortune suspendue dans le vide. Celle-ci menait au toit, où se trouvaient divers objets d’intérêt. Dans sa manœuvre, l’homme aurait perdu pied et effectué une chute estimée à environ dix mètres.

Les blessures observées concordent entièrement avec une chute de cette hauteur. Aucun élément ne permet d’envisager un geste volontaire ou une intention suicidaire.

Un décès qui remontait à quelques heures

Les signes corporels. notamment la rigidité cadavérique complète, suggèrent que la mort est survenue dans les 12 heures précédant la découverte, probablement le 19 mai 2025, à une heure indéterminée.

Des lieux connus pour leurs risques, mais qui demeurent peu sécurisés et échappent toujours à toute recommandation officielle

Ce décès n’est pas sans rappeler celui d’une adolescente de 15 ans, survenu dans des circonstances similaires à Shawinigan, en Mauricie, où la jeune fille avait fait une chute mortelle dans un silo d’une usine désaffectée. La douleur des proches demeure vive, alors qu’un rapport du coroner est toujours attendu par la famille.

Dans ses conclusions sur la cause de l’accident, le coroner n’émet aucune recommandation devant l’évidence de la problématique et des risques connus des autorités municipales.

Me Yvon Garneau conclut qu’Éric Généreux, une personne vivant en situation d’itinérance, une réalité bien connue des autorités, est décédé des suites d’un traumatisme thoracique contondant provoqué par une chute accidentelle d’environ dix mètres alors qu’il aurait tenté de récupérer des métaux pour la revente.

Questionné par le Vingt55 au sujet de la responsabilité des lieux et de l’absence de recommandations, le coroner rappelle des faits importants.

Interrogé par le Vingt55 sur l’absence de recommandations dans son rapport, notamment concernant l’analyse du site et les mesures de sécurité, le coroner Garneau précise que la Ville était au fait de la situation et n’a pas jugé nécessaire de restreindre davantage l’accès au bâtiment ou au terrain abandonné.

« Émettre une recommandation devant une évidence ne devient pas une recommandation », illustre le coroner, rappelant que son rôle comporte des limites lorsque les risques étaient déjà bien connus des autorités municipales.

Questionné par le Vingt55 au sujet de la responsabilité des lieux et de l’absence de recommandations, le coroner rappelle des faits importants @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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