DRUMMONDVILLE
Chute mortelle à Drummondville la CNESST rend publiques ses conclusions @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Comme le rappelait le Vingt55 lors des tristes événements, l’accident survenu le 4 février 2025 chez Dionne et Fils, au 410 rue Saint-Pierre, avait profondément secoué la communauté locale. L’homme de 63 ans, grièvement blessé après une chute en hauteur à l’intérieur du commerce, avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard, malgré l’intervention rapide d’un collègue.
En effet, malgré les soins prodigués rapidement par un collègue, l’homme de 63 ans, M. André Carignan, dont l’identité a été confirmée par la coroner, n’a pas survécu à ses blessures.
Dix mois après les faits, le Vingt55 a obtenu copie du dossier et du rapport de la CNESST, qui rend maintenant publiques les conclusions de son enquête. Celles-ci confirment que des lacunes importantes dans la méthode de travail et la supervision ont mené au drame.
L’homme décédé, M. André Carignan, employé apprécié de l’entreprise, avait été pris en charge d’urgence après sa chute, survenue alors qu’il remplissait, avec une collègue, les tablettes du département de la peinture, comme le précise le rapport. Selon les informations rendues publiques au moment des faits et confirmées par la coroner Me Mélanie Ricard, M. Carignan avait été transporté au Centre hospitalier Sainte-Croix de Drummondville, puis transféré au CHAUR de Trois-Rivières, où son décès a été constaté le 5 février à 15 h 45.
Un accident survenu lors d’une manœuvre en hauteur
Le Vingt55 avait appris que M. Carignan se trouvait sur une échelle lorsqu’il aurait perdu l’équilibre en tentant d’atteindre des produits entreposés en hauteur, dans la zone surélevée de la section des peintures. Un collègue présent avait immédiatement porté assistance au travailleur, lui prodiguant les premiers soins jusqu’à l’arrivée des paramédics. Ce geste rapide, dont le Vingt55 avait recueilli le témoignage, avait profondément marqué les employés.
« C’est un tragique accident et un moment difficile pour toute l’équipe. Nous sommes sous le choc et toutes nos pensées vont à sa famille, à ses proches et à nos employés affectés par cet événement », avait déclaré M. Daniel Bérubé, directeur général du commerce, rencontré sur place par le Vingt55. Plusieurs travailleurs avaient également témoigné de l’estime qu’ils avaient pour leur collègue disparu, rappelant la fragilité du quotidien « C’est un triste événement qui nous rappelle l’importance d’accorder du temps à nos collègues et à nos familles. »
Les conclusions de la CNESST, une méthode et une supervision qui n’étaient pas optimales
Dans son rapport rendu public le 9 décembre 2025, la CNESST retient trois causes principales ayant mené à l’accident :
– Le travailleur, positionné sur le dernier échelon de l’escabeau, s’est étiré vers l’extérieur des montants, provoquant la bascule de l’équipement et une chute de 1,78 mètre.
– La méthode de travail utilisée pour atteindre les produits en hauteur, incluant le choix de l’équipement, était inadéquate.
– La supervision des travaux liés à la manipulation de marchandises entreposées en hauteur présentait des lacunes importantes.
À la suite du drame, la CNESST avait imposé une interdiction de tous les travaux nécessitant de prendre ou déposer de la marchandise inaccessible les pieds au sol. La reprise des activités n’avait été permise qu’après l’élaboration, par l’employeur, d’une méthode de travail sécuritaire conforme aux exigences.
Un accident qui résonne encore chez les employés
Même plusieurs mois après les événements, l’enquête souligne l’importance de revoir les pratiques et de renforcer la culture de prévention. Les employés rencontrés à l’époque avaient rappelé combien M. Carignan était un collègue apprécié, toujours disponible, courtois et rigoureux dans son travail.
L’émotion ressentie par le personnel lors de l’accident demeure au cœur du contexte entourant la publication du rapport. Plusieurs mois après le triste événement, des employés avaient évoqué l’atmosphère lourde qui avait régné dans l’entreprise au lendemain de la tragédie, alors que collègues et direction tentaient de composer avec la perte soudaine d’un membre de leur équipe.
La CNESST insiste dans son rapport sur l’importance de respecter certaines règles simples mais essentielles lors de l’utilisation d’escabeaux, notamment
– ne jamais monter ni se tenir sur le dessus ou le dernier échelon ;
– éviter de s’étirer à l’extérieur des montants ;
– choisir un équipement approprié selon la tâche et l’environnement de travail.
L’organisme rappelle que l’employeur a l’obligation légale d’assurer la sécurité de ses travailleurs et de mettre en place des méthodes et équipements sécuritaires.
Les conclusions de l’enquête seront transmises à l’Association québécoise de la quincaillerie (AQMAT), aux associations sectorielles paritaires et aux mutuelles de prévention afin de sensibiliser les entreprises du secteur et éviter qu’un tel accident ne se reproduise.

Chute mortelle à Drummondville la CNESST rend publiques ses conclusions @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.








