DRUMMONDVILLE
Dans un moment historique pour la Coalition avenir Québec, les militants réunis en congrès ont choisi Christine Fréchette comme nouvelle cheffe, lui confiant les rênes du gouvernement du Québec à la suite d’un vote décisif.
Réunis au Centrexpo Promutel Drummondville, les membres de la Coalition avenir Québec ont tourné une page de leur histoire en portant Christine Fréchette à leur tête. Élue avec 57,9 % des voix, elle devient la nouvelle cheffe du parti et la première ministre du Québec.
C’est au Centrexpo Promutuel Drummondville, devant quelques centaines de membres de la Coalition avenir Québec, que se sont réunis les militants afin d’élire leur nouveau chef, dans ce qui restera comme un moment historique pour la formation politique. À l’issue d’un scrutin marqué par une forte participation, Christine Fréchette s’est imposée comme la grande gagnante avec 57,9 % des voix, contre 42,1 % pour Bernard Drainville, devenant ainsi la nouvelle cheffe de la CAQ et accédant du même coup au poste de première ministre du Québec.
Dans un vote déterminant tenu à Drummondville, Christine Fréchette devient la deuxième femme à accéder à la fonction de première ministre du Québec à la suite d’une course à la direction. Portée par un message de renouveau et un « vent nouveau » qu’elle dit voir souffler sur la CAQ et sur le Québec, elle a inscrit sa victoire dans un moment de transition politique, entre héritage et transformation.
Devant une salle électrisée réunie, Christine Fréchette a livré un discours dense, à la fois personnel, politique et résolument tourné vers l’avenir. Dès les premières minutes, elle a insisté sur la portée du moment, évoquant « le début de quelque chose de grand » et comparant la situation à une ouverture symbolique vers un renouveau collectif.
« C’est le moment où on ouvre les fenêtres, où on laisse entrer l’air, où on décide que les choses vont changer », a-t-elle lancé, reprenant une image forte qui a servi de fil conducteur à l’ensemble de son allocution .
Pour la nouvelle première ministre, ce « vent nouveau » ne repose pas uniquement sur une personne, mais sur une transformation plus large de la manière de faire de la politique. Elle a insisté sur une approche qu’elle souhaite plus humaine, réfléchie et ambitieuse, marquée par l’écoute et la rigueur.
Une génération au cœur de son leadership
Christine Fréchette a également inscrit son leadership dans une perspective générationnelle. Issue de la génération X, elle a rappelé les défis qui ont marqué son parcours, notamment les périodes d’incertitude économique, les débats constitutionnels et le chômage élevé chez les jeunes.
Ces expériences, a-t-elle expliqué, ont façonné une génération « résistante, pragmatique et capable de transformer les défis en solutions concrètes », une capacité qu’elle entend mettre au service du Québec .
Elle a également insisté sur l’importance de rassembler plutôt que de diviser, affirmant vouloir incarner un équilibre entre les aspirations des jeunes et l’expérience des générations précédentes.
Dans un passage plus personnel, Christine Fréchette a pris le temps de remercier les centaines de bénévoles qui ont contribué à sa campagne, soulignant leur engagement « sans relâche ». Elle a également adressé un message chargé d’émotion à son conjoint, mettant en lumière le rôle du soutien personnel dans cette victoire.
Elle a ensuite tendu la main à Bernard Drainville, reconnaissant son travail et ses qualités de communicateur, affirmant que celles-ci seront « fort utiles pour la suite des choses ».
Dans la même foulée, elle a rendu hommage à François Legault, rappelant que tous les membres présents étaient réunis grâce au travail accompli par celui-ci au fil des années. Elle a toutefois clairement indiqué son intention de s’appuyer sur cet héritage tout en allant « plus loin là où c’est nécessaire ».

Le cœur de son discours s’est articulé autour de trois grands axes, alléger la pression sur les familles, protéger et propulser l’économie, et redonner confiance en l’avenir.
Sur le plan social, elle a reconnu que « la vie est exigeante en ce moment », promettant d’agir rapidement pour améliorer le quotidien des Québécois. Elle a notamment évoqué la réduction du coût de la vie, la simplification des démarches administratives et un soutien accru aux familles, aux travailleurs, aux aînés et aux jeunes.
« On va redonner de l’oxygène aux familles québécoises », a-t-elle affirmé, insistant sur la nécessité de passer des paroles aux gestes .
Une économie à défendre et à développer
Dans un contexte mondial qu’elle qualifie d’instable, Christine Fréchette a insisté sur l’importance de protéger l’économie québécoise. Elle a évoqué les tensions commerciales, l’imprévisibilité des États-Unis et les incertitudes économiques comme des défis majeurs.
Elle a affirmé sa volonté de défendre activement les intérêts du Québec, n’excluant pas de se rendre à Washington ou à Mexico si nécessaire.
Elle a également mis de l’avant le développement stratégique des ressources naturelles, en évoquant les investissements en énergie, l’exploitation du bois et des ressources minières, ainsi que le soutien aux PME dans des secteurs clés comme l’agriculture, les technologies et la culture.
« Une économie forte, ce n’est pas abstrait. C’est votre emploi, votre revenu, votre première maison », a-t-elle rappelé .
La nouvelle cheffe de la CAQ a également insisté sur la protection de la langue française, de la culture et de l’identité québécoise. Elle a réaffirmé son attachement à la laïcité de l’État et à l’égalité entre les hommes et les femmes.
Elle a notamment annoncé son intention d’étendre la Charte de la langue française à la formation générale des adultes et à la formation professionnelle, afin de permettre à 10 000 personnes supplémentaires par année d’obtenir un diplôme en français.
Redonner confiance par des gestes concrets
Christine Fréchette a longuement insisté sur la notion de confiance, qu’elle considère comme centrale. Elle a rappelé que cette confiance se construit à travers des actions concrètes dans la vie quotidienne des citoyens.
Elle a évoqué l’accès aux soins de santé, le maintien à domicile des aînés, l’accès à la propriété pour les jeunes, la sécurité des femmes et le soutien aux régions comme autant d’exemples où l’État doit agir de manière plus efficace.
Elle a également dénoncé la lourdeur administrative, appelant à un État plus simple, plus rapide et mieux adapté aux besoins des citoyens.
Une rupture avec les débats constitutionnels
Sur le plan politique, elle a pris position contre un retour aux débats constitutionnels, affirmant que les Québécois ne souhaitent pas revivre les divisions du passé.
Elle a adressé un message direct aux chefs du Parti québécois et du Parti libéral, affirmant que « ce n’est pas le temps de ramener le Québec en arrière », dans une volonté claire de recentrer le débat politique sur les enjeux économiques et sociaux.
Christine Fréchette a également revendiqué un changement de style de gouvernance. Elle a assumé son approche basée sur l’écoute et l’analyse, affirmant que cela ne changera pas.
« Certains m’ont reproché d’être trop à l’écoute […] ça ne changera pas », a-t-elle déclaré, promettant un leadership à la fois rigoureux et humain .
C’est finalement dans une conclusion forte que Christine Fréchette a résumé l’esprit de sa victoire et la direction qu’elle entend donner à son mandat « Mes amis, aujourd’hui, on a choisi le printemps. On a choisi une nouvelle ère, plus responsable, plus efficace. Ensemble, on va protéger notre langue, propulser notre économie et vous redonner confiance en l’avenir… et cet avenir, c’est avec vous que je veux le bâtir. Alors, au travail », a-t-elle lancé sous les applaudissements .
Un discours à la fois rassembleur et ambitieux, qui marque clairement l’entrée en fonction d’une nouvelle première ministre déterminée à imprimer sa marque et à insuffler un changement de ton au sein de la CAQ et du gouvernement du Québec
Le député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, qui avait appuyé la candidature de Christine Fréchette, s’est dit très heureux du choix du parti.
« Nous avons des dossiers importants à mener, et les prochains jours comme les prochaines semaines seront décisifs. La nouvelle première ministre a assurément tout ce qu’il faut pour mettre de l’avant les priorités de la CAQ et porter ces projets avec conviction. Ce renouveau et ce vent de fraîcheur permettront au parti de faire face aux défis qui nous attendent », a-t-il indiqué en entrevue au Vingt55.
Il ajoute que le caractère rassembleur de la nouvelle cheffe constitue un atout pour la suite des choses. « Nous allons nous rallier à son leadership et entreprendre les prochaines étapes avec une nouvelle énergie, afin de franchir le dernier droit avec confiance et assurance. »




























