Deux ex-comédiens du Village hanté accusés d’agression sexuelle à Drummondville

Deux ex-comédiens du Village hanté accusés d’agression sexuelle à Drummondville
Agressions sexuelles alléguées au Village hanté, deux ex-comédiens font face à la justice @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

VILLE / RÉGION

Deux anciens comédiens du Village québécois d’antan font face à la justice dans des dossiers distincts relativement à des gestes allégués à caractère sexuel envers des visiteuses. Les faits reprochés seraient survenus dans des maisons du parcours du Village hanté, alors que l’événement était ouvert au public. L’un des deux accusés était de retour devant la Cour du Québec, aujourd’hui, au palais de justice de Drummondville, dans un dossier concernant deux visiteuses.

Agressions sexuelles alléguées au Village hanté, deux ex-comédiens font face à la justice à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

La comparution pouvait difficilement survenir à un moment moins bien choisi. À quelques heures seulement de l’ouverture au public de la nouvelle édition du Village hanté, l’un de ses anciens comédiens comparaissait relativement à des accusations d’agression sexuelle découlant de gestes qui auraient été commis alors qu’il travaillait comme comédien lors d’une précédente édition de l’événement.

Les faits reprochés dans ce dossier, survenus dans l’une des maisons du Village, remontent à près de deux ans. Selon les informations obtenues par le Vingt55 lors de la comparution, les deux jeunes victimes alléguées faisaient partie d’un groupe de visiteuses qui circulaient dans l’une des maisons du parcours. Elles auraient été isolées du reste du groupe par deux comédiens, qui les auraient attirées dans un pièce de la maison, situées hors des zones destinées aux visiteurs. C’est à cet endroit et moment que les agressions sexuelles alléguées auraient été commises.

La preuve entourant les gestes reprochés n’a toutefois pas été débattue lors de cette comparution. Les échanges ont principalement porté sur le cheminement du dossier et sur les démarches que doit effectuer l’accusé afin d’être représenté par un avocat.

L’honorable juge Marie-Josée Ménard, saisie du dossier, a notamment questionné l’accusé sur ses démarches auprès de l’aide juridique et insisté sur la nécessité de régler rapidement la question de sa représentation afin de permettre au dossier de progresser.

Un deuxième ancien comédien également devant la justice

Le dossier entendu mercredi dernier n’est pas le seul impliquant un ancien comédien du Village québécois d’antan. Selon les informations obtenues par le Vingt55, un deuxième comédien fait également face à des accusations dans un dossier distinct concernant des gestes allégués à caractère sexuel qui seraient eux aussi survenus dans le contexte du Village hanté et même série d’événement allégué et même maison hantée.

Les vérifications effectuées par le Vingt55 ont également permis de documenter une troisième situation impliquant une visiteuse et même comédiens dans cette même maisons du Village hanté sur la même période visée par les allégations Cette personne avait rapporté à la direction une situation qu’elle considérait comme inappropriée, mais avait choisi de ne pas porter plainte auprès des policiers comme la confirmé la direction du village québécois.

Les deux employés rencontrés et congédiés sur-le-champ, confirme la direction

En entrevue au Vingt55, la directrice générale du Village québécois d’antan, Geneviève Legault, confirme que la direction avait été informée des situations impliquant les deux comédiens et affirme que la direction a agi dès les signalements.

« Les deux employés ont été rencontrés par la direction du VQA à la suite des signalements et congédiés. Nous avons également collaboré avec les enquêteurs de la Sûreté du Québec », précise Geneviève Legault en entrevue au Vingt55 Selon la direction, les gestes aujourd’hui allégués devant les tribunaux auraient été posés en marge des directives et de la formation offertes par le Village québécois d’antan.

« Même à l’époque des événements, les comédiens avaient pour consigne de ne pas toucher les visiteurs. Isoler des visiteurs dans une partie retirée d’une maison afin d’avoir un contact physique avec eux ne faisait pas davantage partie des scénarios autorisés », précise la directrice générale.

« Nous avons pris la situation très au sérieux »

Geneviève Legault affirme que le Village québécois d’antan a pris les situations rapportées « très au sérieux » et que l’organisation a depuis resserré ses politiques et son encadrement, autant pour les comédiens que pour les visiteurs. La consigne est désormais sans équivoque « zéro contact ». Les comédiens ne doivent pas toucher les visiteurs et les visiteurs ne doivent pas volontairement toucher, agripper ou frapper les comédiens.

Pour la nouvelle édition du Village hanté, environ 85 comédiens ont reçu une formation, dont près de la moitié sont de nouveaux employés. Les limites physiques à respecter, les comportements attendus, les zones d’animation et la façon de réagir lorsqu’un incident survient font notamment partie de cet encadrement.

Le Village québécois d’antan s’est également tourné vers le CALACS La Passerelle, un organisme venant notamment en aide aux femmes et adolescentes victimes d’agression à caractère sexuel, afin de développer une formation du type Sécurifest, en prévention adaptée à la réalité particulière du Village hanté.

Selon les informations obtenues par le Vingt55 auprès Geneviève Legault, un programme de formation sur mesure a été développé pour répondre aux besoins spécifiques du Village québécois d’antan, tant pour les responsables que pour les comédiens.

« L’objectif est notamment de mieux reconnaître une situation problématique, de connaître les limites à respecter et de savoir comment intervenir lorsqu’un incident est rapporté », explique-t-elle. Développé par le CALACS La Passerelle, le protocole du SécuriFest à pour but d’établir une approche commune de prévention et d’intervention pour contrer les agressions à caractère sexuel lors d’événements grand public

Sécurité et surveillance renforcées au Village hanté, le dispositif de sécurité a lui aussi été revu depuis les événements.

Le Village québécois d’antan fait maintenant appel à une firme externe pour assurer la sécurité du site. Un responsable de la sécurité coordonne les opérations et un poste de commandement vidéo et permet de centraliser les interventions.

Comme le Vingt55 a pu le constater sur place, des caméras de surveillance sont également installées dans différentes zones du site. Elles permettent notamment aux responsables d’être informés plus rapidement lorsqu’un incident survient et de procéder aux vérifications nécessaires, confirme Geneviève Legault.

Le président du Village québécois d’antan, Tommy Jodoin, appelé à commenter les événements, confirme au Vingt55 que  le renforcement de ces mesures poursuit un double objectif, assurer la sécurité des visiteurs qui fréquentent le Village hanté, mais également celle des comédiens et des employés qui y travaillent. Les faits faisant actuellement l’objet des procédures judiciaires remontent à des éditions antérieures et ne concernent ni l’édition actuelle ni la direction générale actuelle du Village québécois d’antan.

Les procédures judiciaires se poursuivent, les dossiers doivent revenir devant la Cour du Québec au palais de justice de Drummondville le 23 octobre prochain.

Agressions sexuelles alléguées au Village hanté, deux ex-comédiens font face à la justice à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Info Juridique Vingt55

Le Vingt55 rappelle que toute personne accusée au criminel a droit et bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à la décision d’un juge

Le système pénal canadien repose sur un principe fondamental : toute personne accusée d’avoir commis une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que la preuve de sa culpabilité soit établie hors de tout doute raisonnable devant un tribunal.

Comme une personne accusée d’un crime s’expose à de lourdes conséquences, la présomption d’innocence revêt une importance capitale. Ce droit est reconnu à l’article 11d) de la Charte canadienne des droits et libertés. La présomption d’innocence est un droit individuel qui exige que :

L’accusé n’a pas à prouver qu’il est innocent, sa culpabilité doit être établie par le poursuivant, par une preuve hors de tout doute raisonnable;

La charge de le prouver incombe à l’État, au Québec, il s’agit du Directeur des poursuites criminelles et pénales qui agit par l’entremise de ses procureurs aux poursuites criminelles et pénales;

Les poursuites criminelles doivent se dérouler conformément aux procédures légales et à l’équité.

Qu’est-ce qu’une enquête préliminaire?

L’enquête préliminaire est une audience, tenue après l’audience de cautionnement, durant laquelle les preuves de l’accusation sont présentées à un juge afin que celui-ci évalue leur pertinence et la légitimité de tenir un procès. Au Québec, une enquête préliminaire est toujours conduite devant un juge de la Cour du Québec. Son rôle n’est pas de déterminer la culpabilité de l’accusé mais plutôt de définir si les preuves rassemblées par l’avocat d’accusation sont suffisantes et valables au nom de la loi pour mener l’accusé en justice.

Pour procéder à une enquête préliminaire, deux conditions doivent être réunies : la demande doit être émise par l’avocat de la défense ou par le procureur de la Couronne et la nature de l’infraction doit être grave.

Les différentes étapes de l’enquête préliminaire

La présentation des preuves de l’accusation

La première étape d’une enquête préliminaire est la présentation des preuves, rassemblées par l’accusation, au juge chargé de l’enquête. L’accusation doit effectivement présenter à la cour, l’ensemble des documents, des témoignages et des éléments en tous genres qui prouvent que l’accusé a bel et bien commis la ou les infractions qui lui sont reprochées. Toutefois, il faut savoir que le juge de l’enquête n’est pas tenu de juger de la qualité de ces preuves. Il s’appuie uniquement sur l’existence de celles-ci pour prononcer son verdict.

La répartie de la défense

Lors d’une enquête préliminaire, la défense est très rarement autorisée à présenter les preuves qui innocentent l’accusé. En revanche, l’avocat de l’accusé est tenu de contre-interroger les témoins cités à comparaître et de contester les preuves présentées par la poursuite afin de susciter le doute dans l’esprit du juge et d’influencer sa décision.

Le verdict du juge

Après avoir entendu les preuves de l’accusation et l’argumentation de la défense, le juge de l’enquête préliminaire doit décider si l’accusé subira un procès ou non.

Dans l’éventualité d’un verdict positif, l’accusé subira un procès durant lequel il fera face aux différents chefs d’accusation devant un juge différent de celui qui a conduit l’enquête préliminaire. Il arrive, dans certains cas, que le juge de l’enquête préliminaire décide d’ajouter des chefs d’inculpations supplémentaires si d’autres infractions ont été découvertes durant l’enquête. Par exemple, un cambrioleur peut être accusé de vol ainsi que d’agression physique et/ou verbale sur autrui si celui-ci a employé la violence pour arriver à ses fins.

Dans le cas d’un verdict négatif, les accusations portées sur l’accusé seront levées en raison d’insuffisance de preuves. L’accusé sera alors libre et épargné de toutes répercussions financières ou carcérales.

Ce qu’il faut retenir sur l’enjeu d’une enquête préliminaire

L’enquête préliminaire est une étape décisive dans la procédure d’une poursuite criminelle. Cette audience représente en effet un enjeu considérable sachant qu’elle présente les preuves de l’accusation et qu’elle détermine si le procès aura lieu ou non. Toutefois, l’enquête préliminaire ne juge pas de la culpabilité de l’accusé.

Source Vingt55 : droit-criminel.ca

Éric Beaupré
RéDACTEUR_EN_CHEF
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