Drummondville
La remorque détachée du camion était pratiquement invisible, conclut la coroner @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Un geste de bon samaritain a malheureusement coûté la vie à Maxime Rouillard, 31 ans. Alors qu’il revenait du travail, il s’est arrêté sur la route 143 pour porter assistance à un camionneur dont la remorque s’était détachée.
En effet, comme l’avait constaté le Vingt55 sur les lieux de l’accident, le 18 mars dernier, peu après 6 h, une remorque plateau de 53 pieds s’était retrouvée immobilisée en travers de la route 143, aussi appelée boulevard Lemire Ouest.
Le rapport de la coroner Me Mélanie Ricard obtenu par le Vingt55 permet maintenant de préciser ce qui s’était produit quelques instants auparavant. Un tracteur routier Freightliner 2007 quittait un stationnement pour s’engager sur la route 143 en direction nord lorsque sa remorque s’est détachée au niveau de la sellette d’attelage. Elle s’est alors immobilisée perpendiculairement à la chaussée, bloquant complètement la voie en direction nord et empiétant partiellement sur celle en direction sud.
Maxime Rouillard, qui revenait du travail, est arrivé peu après. L’homme de 31 ans a immobilisé sa voiture et en est descendu pour venir en aide au conducteur du camion. Pendant que celui-ci tentait de remonter les béquilles de la remorque afin de pouvoir la rattacher au tracteur, le bon samaritain se trouvait debout à proximité.
Le conducteur n’aurait jamais aperçu la remorque
Une camionnette GMC 2025 arrivant en direction sud a alors percuté violemment l’avant de la remorque.
Selon le rapport, son conducteur a expliqué aux policiers avoir aperçu les lumières du camion immobilisé dans la voie opposée et avoir ralenti, mais n’avoir jamais vu la remorque avant l’impact.
La collision a projeté la remorque vers le sud. Celle-ci a happé Maxime Rouillard avant de heurter sa voiture. La coroner précise qu’« il est probable que durant ce carambolage, M. Rouillard se soit fait enserrer entre la remorque et son véhicule ».
Ces conclusions viennent compléter les observations et les informations recueillies par le Vingt55, qui était sur place dans les heures suivant la collision, alors que les enquêteurs spécialisés en collision de la Sûreté du Québec entreprenaient leur travail pour déterminer la séquence exacte des événements.
L’inspection des véhicules impliqués, particulièrement de la remorque et de sa sellette d’attelage, n’a révélé aucun bris ni aucune défectuosité, selon le rapport.
La coroner Me Mélanie Ricard écrit plutôt : « Il semblerait donc que la remorque se soit détachée en raison d’une mauvaise installation de la sellette d’attelage entre le tracteur routier et la remorque. »
Une remorque difficilement visible dans la noirceur
La visibilité de la remorque constitue un élément central de l’analyse présentée dans le rapport.
Au moment de l’accident, il faisait encore nuit et cette portion de la route 143 n’était pas éclairée. Une fois détachée du tracteur, la remorque n’était plus alimentée électriquement et ses feux étaient donc éteints. Ses pellicules réfléchissantes latérales étaient également recouvertes de calcium.
La chaussée était sèche et en bon état et le ciel était dégagé. La visibilité était toutefois réduite par la noirceur puisque le soleil n’était pas encore levé.
Les policiers ont déterminé que l’accident était consécutif à l’immobilisation de la remorque en travers de la route et au fait qu’elle n’était pas visible.
« Dans ces conditions, il a été impossible pour le conducteur de la camionnette de percevoir l’état des lieux et de réagir à temps pour éviter l’accident », écrit la coroner dans son rapport.
Au terme de leur enquête, les policiers n’ont retenu aucune responsabilité criminelle et ont conclu à des circonstances accidentelles.
Grièvement blessé, Maxime Rouillard était toujours conscient à l’arrivée des services d’urgence. Il présentait toutefois une respiration rapide, des signes d’état de choc et se plaignait d’une douleur au thorax.
Transporté au Pavillon Sainte-Marie de Trois-Rivières, il souffrait d’un important traumatisme au thorax et d’un saignement abdominal. Une intervention chirurgicale a été pratiquée afin de tenter de localiser et d’arrêter l’hémorragie interne.
Durant l’intervention, Maxime Rouillard a subi deux arrêts cardiorespiratoires. Les équipes médicales sont parvenues à le réanimer à deux reprises. Il a ensuite été admis aux soins intensifs, mais son état est demeuré instable et a évolué défavorablement. Son décès a été constaté à 13 h 25, le 18 mars 2026.
Dans ses conclusions, Me Mélanie Ricard établit que « M. Maxime Rouillard est décédé des suites d’un choc hémorragique secondaire à un polytraumatisme après avoir été happé par une remorque plateau dans le cadre d’un accident de la route. »
Le rapport d’investigation, signé le 15 septembre par Me Mélanie Ricard, vient ainsi préciser la séquence de cette collision mortelle survenue alors que Maxime Rouillard s’était arrêté sur la route pour porter assistance à un autre usager.

la remorque détachée du camion était pratiquement invisible, conclut la coroner @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.











