Drummondville
Le Journal de Montréal rapporte jeudi que Charles Page a transmis à son institution financière un bail indiquant un loyer mensuel de 940 $, alors que les locataires concernés versaient réellement 750 $ par mois. Selon le média, le document aurait été fourni dans le cadre d’un renouvellement hypothécaire.
L’existence de ce document apparaît effectivement dans une décision rendue le 1er août 2024 par le Tribunal administratif du logement (TAL), que le Vingt55 a consultée.
Dans cette décision, la juge administrative Marilyne Trudeau indique que le bail en vigueur prévoyait un loyer mensuel de 750 $.
Questionné devant le Tribunal, Charles Page avait par ailleurs admis avoir fait signer aux locataires un autre bail indiquant un loyer de 940 $. Il avait expliqué au TAL que ce document « devait être utilisé à des fins de financement seulement » et qu’il voulait ainsi refléter la valeur du logement en tenant compte d’une réduction accordée en contrepartie de l’entretien effectué par les locataires. La décision précise que ceux-ci n’ont jamais payé plus de 750 $ par mois.
Une reprise de logement refusée par le TAL
Le document judiciaire consulté par le Vingt55 concernait à l’origine une demande de reprise du logement présentée par Charles Page afin d’y loger sa mère.
Les locataires, dont M.L qui occupaient les lieux depuis une vingtaine d’années, s’opposaient à cette reprise. Ils avaient notamment soulevé devant le Tribunal les différentes offres de résiliation du bail reçues du propriétaire ainsi que l’existence du bail de 940 $, qu’ils qualifiaient de « faux bail ».
Au terme de son analyse, le TAL avait exprimé plusieurs doutes quant à la demande de reprise. Le Tribunal relevait notamment que le propriétaire avait auparavant évoqué la possibilité de se départir de l’immeuble ou d’en changer la vocation et avait tenté de parvenir à une entente afin que les locataires quittent les lieux.
La juge avait finalement conclu que Charles Page ne s’était pas acquitté de son fardeau de démontrer, selon la balance des probabilités, qu’il entendait réellement reprendre le logement pour les motifs invoqués et qu’il ne s’agissait pas d’un prétexte pour atteindre d’autres fins. La demande avait donc été rejetée.
Charles Page donne sa version sur Facebook
Alors que l’information du Journal de Montréal était rapidement relayée jeudi par plusieurs médias et circulait sur les réseaux sociaux, Charles Page a choisi de répondre publiquement sur sa page Facebook.
Le candidat explique que la démarche de reprise du logement avait été entreprise après la séparation de ses parents, afin de permettre à sa mère de se trouver un nouveau domicile.
Il affirme qu’après le refus du TAL, il a finalement vendu l’immeuble à sa mère et que celle-ci s’est par la suite entendue avec les locataires. Selon lui, sa mère habite aujourd’hui la maison.
Concernant le bail de 940 $, Charles Page soutient qu’une entente verbale existait avec ses locataires et que ceux-ci bénéficiaient d’un prix réduit en échange de travaux d’entretien et de conciergerie.
« Lors d’un renouvellement hypothécaire, j’ai fourni le bail correspondant à la valeur économique du logement », écrit-il.
Le candidat affirme également que l’institution financière n’a pas réhypothéqué l’immeuble ni augmenté son risque sur la base de ce document et qu’il n’a demandé aucun avantage financier en lien avec celui-ci.
Le Parti Québécois a fourni une explication similaire au Journal de Montréal. Le directeur des communications du parti, Lucas Medernach, a indiqué au Bureau d’enquête que le montant inscrit au bail représentait, selon le parti, la « valeur économique réelle du loyer », les paiements étant moins élevés en contrepartie de travaux de conciergerie et d’entretien. Le parti soutient également que Charles Page n’a demandé aucun avantage à son institution financière sur la base du document.
Une activité médiatique annulée à Drummondville
Un autre développement est survenu en parallèle jeudi, une activité politique et médiatique qui devait avoir lieu vendredi 2 octobre au Marché public de Drummondville a été annulée.
L’invitation transmise aux médias prévoyait une visite du marché en compagnie des candidats péquistes Charles Page, dans Drummond–Bois-Francs, et Natalie Bisaillon, dans Marie-Lacoste–Gérin-Lajoie. Le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, ainsi que le député bloquiste de Drummond, Martin Champoux, devaient également participer à l’activité.
Les médias avaient initialement été conviés à prendre des images lors de cette visite prévue à 13 h.
Un nouvel avis transmis par la direction de campagne de Natalie Bisaillon a toutefois annoncé l’annulation de l’activité médiatique : « Prenez note que l’avis aux médias que je vous ai fait parvenir hier est annulé. Il n’y aura pas d’activités médiatiques. »
Pas de réponse aux demandes d’entrevue du Vingt55
Interpellé jeudi en fin de journée par le Vingt55 afin d’obtenir une entrevue et de lui permettre de répondre directement aux questions soulevées par le dossier, Charles Page n’avait pas donné suite à nos demandes au moment de publier. Sa déclaration diffusée sur les réseaux sociaux demeure donc, pour l’instant, sa réponse publique aux informations révélées par le Bureau d’enquête du Journal de Montréal
Lors du passage du chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, à Drummondville le 28 août dernier, celui-ci avait notamment esquivé les une grande partie des questions et demandes des médias locaux présents lors du point de presse. La période de questions avait laissé très peu de place aux médias et journalistes locaux pour aborder les dossiers propres à Drummondville et au Centre-du-Québec.






