Drummondville / Centre-du-Québec
Le chef conservateur Éric Duhaime a marqué un arrêt dans la région lors de son passage à Drummondville. Il a notamment accordé une entrevue au Vingt55 aux côtés des deux candidates de la région Myriam Cournoyer et Laura Tremblay @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.
Bain de foule, rencontres avec les électeurs et entrevues avec les médias locaux qui en avaient fait la demande étaient au programme de cet arrêt. En entrevue avec le Vingt55, Éric Duhaime, Myriam Cournoyer et Laura Tremblay ont notamment répondu aux questions sur le coût de la vie, la santé et le nouvel hôpital régional, les PME, l’itinérance, le logement et les priorités de cette fin de campagne.
Le chef conservateur a notamment profité de son passage aux Promenades Drummondville pour aller directement à la rencontre des citoyens en compagnie de ses candidates. Il a également consacré une partie de son arrêt aux médias locaux qui avaient sollicité une entrevue auprès de son équipe, répondant aux questions du Vingt55 sur les engagements de sa formation, mais aussi sur plusieurs enjeux propres à Drummondville et à la région.
Coût de la vie Duhaime et Cournoyer sur le même constat
D’entrée de jeu, le coût de la vie et la fiscalité ont occupé une place importante dans l’échange. Questionné par le Vingt55, Éric Duhaime a identifié la pression financière exercée sur les ménages comme l’une des principales préoccupations auxquelles sa formation souhaite répondre.
« Pour nous, l’enjeu de l’élection, c’est le prix de la vie. Les gens ont de la difficulté à faire face à la hausse des prix et à l’inflation », a soutenu Éric Duhaime.
Le chef conservateur mise sur une diminution du fardeau fiscal. Il a réitéré la proposition de son parti de réduire les dépenses gouvernementales, notamment les subventions aux entreprises, et d’éliminer 20 000 postes dans la fonction publique par attrition.
« On a proposé 47 milliards de dollars de coupures, notamment dans les subventions aux entreprises, puis d’éliminer 20 000 postes dans la fonction publique par attrition. Avec cet argent-là, on veut en remettre dans les poches du monde », a-t-il expliqué.
Sur cet enjeu, Duhaime a trouvé écho auprès de Myriam Cournoyer. Invitée à faire état de ce qu’elle entend lors de ses activités de porte-à-porte dans Drummond–Bois-Francs, la candidate a évoqué le prix de l’épicerie et de l’essence ainsi que les difficultés d’accès à la propriété pour les jeunes.
« Les gens sont vraiment étouffés. On veut que les jeunes puissent encore rêver de s’acheter une maison. Il y a vraiment un étouffement économique dans la classe moyenne », a affirmé la candidate dans Drummond–Bois-Francs
Santé et nouvel hôpital, la discussion revient à Drummondville
Le dossier de la santé a rapidement ramené la discussion vers Drummondville et ses infrastructures hospitalières.
Éric Duhaime a défendu la proposition de son parti d’accroître la contribution du secteur privé dans la prestation des soins, tout en maintenant une couverture publique. Selon le modèle décrit par le chef conservateur, un patient pourrait utiliser sa carte d’assurance maladie auprès d’un fournisseur privé lorsque le service y coûte moins cher ou lorsque les délais dans le réseau public deviennent déraisonnables.
Duhaime a cité certains systèmes européens, notamment scandinaves, français et allemands, pour expliquer le type de cohabitation public-privé qu’il souhaite voir davantage au Québec. « L’important, ce n’est pas l’idéologie, c’est l’accès aux soins », a-t-il soutenu.
Sa formation propose également d’ajouter au moins 500 médecins par année pendant un mandat ainsi que 450 « super infirmières ».
Questionné plus précisément sur Drummondville, Duhaime a indiqué que la ville pourrait être considérée parmi les endroits où son parti souhaiterait voir s’implanter l’un des quatre hôpitaux privés proposés au Québec.
« Drummond, c’est probablement l’endroit où il y en aurait le plus besoin », a-t-il affirmé, faisant référence à l’état des infrastructures hospitalières actuelles. Dans le modèle proposé par son parti, précise-t-il, l’assurance demeurerait publique.
Le Vingt55 a également questionné le chef conservateur sur les délais entourant la réalisation du nouvel hôpital régional et sur les moyens qu’il privilégierait pour accélérer le projet.
« Dans 10 ou 15 ans, il y a une gang qui ne seront plus là pour avoir besoin de soins », a lancé Duhaime.
Pour lui, une partie de la réponse passe par une réduction des structures administratives et de la réglementation. Son parti propose notamment d’éliminer environ le tiers des exigences réglementaires.
Duhaime a comparé le Québec à l’Alberta, affirmant que le Québec compterait environ 146 000 exigences réglementaires contre environ 60 000 en Alberta. Ces chiffres ont été avancés par le chef conservateur au cours de l’entretien.
PME, moins de subventions, davantage de commerce interprovincial
Le Vingt55 a également abordé la situation des PME et les difficultés auxquelles certaines entreprises doivent faire face dans le contexte économique actuel.
Pour Éric Duhaime, la réponse gouvernementale ne devrait pas principalement passer par des subventions ou des prêts. « Nous, on n’est pas le parti des subventions », a-t-il fait valoir. Le chef conservateur souhaite plutôt réduire l’impôt des entreprises et abolir les barrières au commerce interprovincial afin de faciliter les échanges avec les autres provinces.
« Drummondville, c’est un foyer d’entrepreneuriat. Il y a plein de PME », a fait valoir Duhaime, qui estime que les entreprises de la région gagneraient à pouvoir commercer plus librement avec l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et ailleurs au Canada.
Une position que partage Myriam Cournoyer. La candidate dans Drummond–Bois-Francs affirme que les besoins des entreprises de la région font partie des préoccupations qu’elle entend sur le terrain.
Itinérance, santé mentale, drogues et logement dans l’équation
Questionnés par le Vingt55 sur l’itinérance et sur la réalité vécue à Drummondville, Éric Duhaime et Myriam Cornoyer ont tous deux insisté sur la nécessité d’apporter des réponses adaptées aux enjeux locaux.
Pour Duhaime, l’itinérance ne peut être abordée isolément « Il y a la crise du logement, les problèmes de santé mentale, puis le manque de ressources dans le réseau », a-t-il fait valoir, évoquant également les problématiques liées à la consommation de drogues.
Sa formation souhaite tenir un sommet sur l’itinérance après l’élection. À plus court terme, Duhaime propose qu’une centaine des 500 nouveaux médecins promis annuellement par son parti soient affectés au milieu communautaire, notamment auprès des personnes en situation d’itinérance.
Il souhaite également augmenter le nombre de travailleurs sociaux et privilégier un financement à la mission des organismes communautaires plutôt que par projets, estimant que ceux-ci pourraient ainsi consacrer davantage de ressources aux interventions sur le terrain.
Myriam Cournoyer a pour sa part ramené la discussion à la réalité de Drummondville, insistant sur l’importance d’être à l’écoute des organismes et des citoyens directement confrontés à ces enjeux.
Sur la crise du logement, Éric Duhaime mise encore une fois sur une réduction de la réglementation. « Une partie de la solution passe par une réduction de la réglementation entourant la construction résidentielle », a-t-il expliqué.
Le chef conservateur souhaite accélérer l’émission des permis et revoir certaines contraintes de zonage afin de permettre davantage de constructions et une plus grande diversité de propriétés. « Il faut déréglementer si on veut réduire le coût des maisons », a résumé Duhaime.
Pour sa part, Laura Tremblay retient de ses rencontres avec les citoyens un désir de changement. Elle affirme également avoir constaté des appuis au fil de ses activités de campagne et de ses échanges avec les électeurs.
Éric Duhaime, Myriam Cournoyer et Laura Tremblay conviennent toutefois que rien n’est acquis et que le travail doit se poursuivre jusqu’à la fermeture des bureaux de scrutin.
Questionné par le Vingt55 sur le principal défi qui attend maintenant son parti dans les dernières heures de campagne, Éric Duhaime a été direct. « Le vrai enjeu présentement, c’est de sortir le vote », a-t-il affirmé.
Le chef conservateur estime que son électorat compte plusieurs jeunes électeurs qui peuvent être plus difficiles à mobiliser le jour du scrutin. Son organisation entend donc consacrer les dernières heures de campagne à la mobilisation. Myriam Cournoyer abonde dans le même sens. Selon elle, le travail doit se poursuivre sur le terrain, à la rencontre des citoyens, tout en rappelant l’importance d’aller voter.
Pour les deux candidates de la région, la visite de leur chef survient ainsi au moment où la campagne entre dans sa dernière phase, celle de la mobilisation électorale.

Le chef conservateur Éric Duhaime de passage à Drummondville aux côtés de Myriam Cornoyer et Laura Tremblay @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.





















