Lettre ouverte : le parti unique québécois au service des intérêts économiques

Lettre ouverte : le parti unique québécois au service des intérêts économiques
Sylvain Marcoux candidat nationaliste indépendant Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie

Lettre ouverte

Le 22 septembre dernier, bien que moi-même candidat indépendant dans la circonscription de Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, j’achetais mon billet et assistais comme spectateur au débat organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond, n’y ayant pas été invité par l’organisation, qui jugea préférable de n’y inviter que les candidats affiliés à des partis politiques ayant des députés siégeant à la dissolution de l’Assemblée nationale.

Je fus d’abord étonné de n’y voir sur scène que les candidats du PLQ, du PQ et un seul de la CAQ, qui pourtant se trouve être le parti ayant formé le gouvernement sortant. Les candidats de Québec solidaire et du Parti conservateur, qui avaient pourtant eu le privilège d’y être invités pour y exposer leurs programmes et visions politiques, y brillaient donc par leur absence.

Tout au long de la soirée, mon impression fut celle d’assister non pas à un débat entre candidats de différents partis, mais à un débat d’une course à l’investiture d’une candidature de circonscription d’un parti unique. Comme si les candidats appartenaient tous au même parti où à peu près tous les engagements gravitaient, sinon découlaient indirectement, d’une seule et même idée centrale : celle de s’assurer de la croissance du chiffre d’affaires de Québec Inc. (régional en ce qui nous concerne) et dont l’immigration massive en serait le corollaire indispensable.

Aucun des cinq candidats n’évoqua de possibles liens à faire entre cette immigration massive et les conséquences plus que négatives que ce culte de la croissance éternelle du PIB suscite directement sur la baisse du pouvoir d’achat et de la qualité de vie des populations salariées et retraitées enracinées du pays. À les entendre, tous les dossiers politiques évoqués : développement économique, santé, éducation, logement et recrutement de main-d’œuvre, sous-entendu donc l’immigration, étaient des dossiers qu’il fallait prendre isolément, n’ayant aucun rapport les uns avec les autres.

Car il ne faut cependant pas être devin pour comprendre que la hausse du coût du logement, l’explosion des prix de l’immobilier, les pressions inflationnistes sur les biens et services de tout genre, de même que les pressions accrues sur les besoins en infrastructures scolaires, hospitalières ou routières sont directement reliées à la hausse des demandes en biens et services, elles-mêmes liées à l’apport démographique fulgurant qu’apporte cette immigration massive. Sans parler des taux de chômage surreprésentés chez nos jeunes de 18 à 24 ans, souvent remplacés par de la main-d’œuvre immigrante dans les domaines moins qualifiés.

Une chose est sûre, tous ces candidats s’entendaient sur un point : celui de l’urgence de construire de nouvelles écoles, de nouveaux CPE, de construire de plus en plus de logements sociaux, de logements à prix modique, d’augmenter l’offre de services en transport en commun et surtout, de construire un nouvel hôpital régional… qu’on anticipe déjà s’élever à plusieurs milliards de dollars de fonds publics, mais sans pour autant nous expliquer la façon dont ils comptent s’y prendre pour doter toutes ces infrastructures scolaires en personnel qualifié nécessaire (enseignants, orthopédagogues, infirmiers, médecins, spécialistes de toutes sortes).

Car un constat s’impose : plus la population augmente, plus l’offre de services diminue en proportion… Comme une fuite vers l’avant. Plus l’offre de services publics diminue, plus nos décideurs de ce parti unique poussent à toujours plus d’immigration… et plus l’offre de services publics diminue.

Aucun des candidats n’évoqua l’idée de développement domiciliaire résidentiel autre que multilogement. Comme si la construction de quartiers résidentiels unifamiliaux relevait dorénavant d’une époque révolue : soit celle où la croissance économique n’était pas artificielle et reposait sur la croissance naturelle de la population.

Et je n’ai même pas abordé les problèmes de pauvreté et d’itinérance grandissants, résultat direct de cette inflation fulgurante, pour lesquels nos candidats, tous la main sur le cœur, y allaient de solutions les plus mirobolantes les unes que les autres. Encore une fois, sans jamais en souligner les causes. Encore moins en s’y attaquant.

Enfin, comme je l’insinuais plus haut, j’aurais aimé pouvoir participer à ce débat afin de pouvoir expliquer ce qu’est l’esprit d’un véritable programme nationaliste consistant à mettre les intérêts financiers au service des intérêts économiques, avant de mettre ceux-ci au service des intérêts de la nation, présente et future. Et non pas l’inverse, comme c’est le cas actuellement avec nos politiques ultralibérales où les intérêts nationaux sont carrément mis au service des intérêts économiques, qui eux-mêmes sont mis au service des intérêts financiers mondialistes et apatrides exigeant la fameuse croissance éternelle du PIB : plus gros chiffre d’affaires et volume de vente des entreprises, nécessitant toujours plus de main-d’œuvre, pour toujours plus de profits versés aux actionnaires… le tout sans tenir compte de l’inflation, de la crise du logement, des bulles immobilières, de la pression exercée sur les services publics, du décrochage sociétal qu’engendre la paupérisation qui en découle, l’itinérance, la toxicomanie, la violence urbaine…

En somme, j’aurais grandement apprécié être en mesure d’expliquer en quoi les politiques véritablement nationalistes sont des politiques qui encouragent la natalité et qui s’efforcent par tous les moyens d’instaurer un contexte économique où le désir de fonder des familles prime chez nos jeunes, ou en quoi les politiques nationalistes sont des politiques qui prennent en considération le travail et les efforts passés accomplis par nos aînés qui nous ont précédés et qui ont contribué à bâtir ce pays, en leur offrant et en leur rendant disponibles les services dignes d’un État civilisé.

Des politiques nationalistes, ce sont des politiques où les intérêts du bien commun priment sur les intérêts d’une seule classe de la société.

Le 5 octobre, ensemble dans Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, ouvrons une brèche à l’Assemblée nationale en votant « Canadien français d’abord ! »

Sylvain Marcoux
Candidat nationaliste indépendant dans Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie

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