Une mobilisation citoyenne qui fait du chemin : les citoyens obtiennent gain de cause dans le projet de 44 logements rue de la Commune

Une mobilisation citoyenne qui fait du chemin : les citoyens obtiennent gain de cause dans le projet de 44 logements rue de la Commune

Drummondville

Quelques semaines après avoir pris publiquement position contre la forme proposée d’un projet de 44 logements au 3365, rue de la Commune, des citoyens du secteur voient leur mobilisation connaître un dénouement favorable. Le conseil municipal de Drummondville a refusé, le 6 octobre, le projet qui avait pourtant obtenu une recommandation favorable du comité consultatif d’urbanisme (CCU).

Dès le 20 septembre, le Vingt55 avait rencontré et donné la parole aux résidents mobilisés, qui souhaitaient être entendus avant que les décisions ne soient prises. Densité, circulation, intégration au quartier, préservation du boisé et modifications réglementaires figuraient alors parmi les enjeux soulevés et relayés par le Vingt55.

Après avoir porté leurs préoccupations dans l’espace public et devant les instances municipales, les citoyens accueillent aujourd’hui avec soulagement la décision des élus. Caroline Daneau, du groupe de citoyens du quartier de la Commune, a tenu à revenir auprès du Vingt55 sur cette mobilisation et sur le chemin parcouru depuis la première médiatisation du dossier.

Le projet visait un terrain situé au 3365, rue de la Commune, à proximité du boulevard Jean-De Brébeuf et de l’autoroute Joseph-Armand-Bombardier. Il prévoyait la construction de trois immeubles multifamiliaux totalisant 44 logements, soit deux bâtiments de 12 logements et un troisième de 20 logements.

Au total, 66 cases de stationnement étaient prévues, soit 1,5 case par logement. Selon les informations présentées dans le projet de la Ville de Drummondville, 25 % des logements devaient être abordables.

Le dossier avait d’abord été examiné par le comité consultatif d’urbanisme, qui en avait recommandé l’acceptation. Un premier projet de résolution avait ensuite été adopté par le conseil municipal le 8 septembre.

Des citoyens avaient demandé à être entendus

C’est à cette étape du processus que des résidents du secteur avaient contacté le Vingt55 afin de rendre publiques leurs préoccupations et de demander à pouvoir intervenir avant qu’une décision définitive ne soit prise.

Dans son article publié le 20 septembre, le Vingt55 rapportait que les citoyens ne s’opposaient pas au développement du terrain comme tel, mais remettaient plutôt en question certains aspects du projet proposé et ses impacts possibles sur leur milieu de vie.

« Nous voulons prévenir plutôt que guérir », avaient-ils alors expliqué au Vingt55.

Parmi les principaux enjeux soulevés figuraient la densité du projet et son intégration dans un secteur principalement composé de résidences unifamiliales. L’arrivée de 44 logements sur une seule parcelle représentait, selon eux, une transformation importante de leur environnement immédiat.

La circulation faisait également partie des préoccupations, tout comme la disparition d’une partie du boisé existant. Les résidents soutenaient que cette végétation constituait notamment un écran naturel permettant d’atténuer le bruit provenant de l’autoroute Joseph-Armand-Bombardier et du boulevard Jean-De Brébeuf.

Le projet nécessitait également certaines modifications à la réglementation d’urbanisme applicable au terrain, un autre élément qui avait retenu l’attention des citoyens.

« Une consultation ne doit pas être un exercice complaisant. Si la seule consultation demeure sur les aspects périphériques d’un projet, il est important d’être entendus et consultés sur les réels enjeux, et non seulement sur des enjeux comme la couleur des bancs ou la hauteur des lampadaires », avait alors fait valoir le regroupement citoyen.

À la suite de cette première sortie publique dans le Vingt55, les résidents ont poursuivi leurs démarches et ont participé aux différentes étapes du processus municipal afin de présenter leurs préoccupations.

Leur objectif demeurait celui exprimé dès leur première rencontre avec le Vingt55 : obtenir l’occasion de faire valoir leur point de vue avant qu’une décision finale ne soit prise sur le projet.

Caroline Daneau, du groupe de citoyens du quartier de la Commune, a notamment pris part à cette mobilisation et aux démarches visant à présenter les préoccupations du voisinage.

Le dossier est finalement revenu devant le conseil municipal le 6 octobre. Les élus ont alors refusé le projet de 44 logements dans sa forme présentée.

Au lendemain de la décision, Caroline Daneau a communiqué avec le Vingt55 afin de réagir au refus du projet

« On a gagné! La Ville a officiellement refusé le projet du 3365, rue de la Commune hier, 6 octobre, lors du conseil. Quel soulagement! », a-t-elle indiqué.

Dans son message, Mme Daneau est également revenue sur les premières démarches entreprises par le groupe et sur la couverture accordée au dossier par le Vingt55 dès le début de la mobilisation.

« Merci d’abord pour votre publication web dès le début de notre mobilisation : ça a donné un vrai coup de projecteur à notre cause. Sans ce travail journalistique, je suis convaincue qu’on n’aurait jamais été écoutés de la même façon par la Ville », affirme-t-elle.

Pour Caroline Daneau, rendre publiques les préoccupations des résidents constituait une étape importante afin que les enjeux soulevés par le voisinage soient connus avant que le processus municipal ne soit complété.

La citoyenne revient également sur une étape plus personnelle de sa démarche, celle de prendre publiquement la parole pour présenter ses préoccupations.

Une intervention qui, reconnaît-elle, était loin d’être naturelle pour elle.Avant de s’adresser publiquement aux instances municipales, Caroline Daneau avait notamment échangé par téléphone avec le Vingt55 au sujet du dossier et de ses préoccupations.

« Prendre la parole au micro devant tout le monde, ce n’est vraiment pas dans ma nature. J’étais très nerveuse, mais votre écoute et vos mots m’ont tellement rassurée. Ça m’a donné le courage de foncer et de m’exprimer publiquement, et j’y suis arrivée! », raconte-t-elle.

Elle estime aujourd’hui que les démarches entreprises par les résidents, combinées à la visibilité accordée à leurs préoccupations, ont permis à leur point de vue d’être entendu.« C’est une super belle victoire pour notre quartier, et vous y avez grandement contribué. Merci d’avoir été là et d’avoir porté notre voix! », ajoute Caroline Daneau dans son message au Vingt55.

Le groupe citoyens demeure à l’affût

Malgré le refus du projet présenté au 3365, rue de la Commune, les citoyens mobilisés ne considèrent pas nécessairement le dossier comme définitivement clos.

Le terrain pourrait éventuellement faire l’objet d’une nouvelle proposition de développement.

« On reste à l’affût car on a compris que probablement dans les mois ou années prochaines, la propriétaire du terrain reviendra certainement avec une nouvelle proposition », souligne Mme Daneau.

Le groupe de citoyens du quartier de la Commune entend donc continuer de suivre le dossier et les éventuelles propositions qui pourraient être soumises à la Ville pour ce terrain.

Pour l’instant, la décision du conseil municipal du 6 octobre met toutefois un terme au projet de 44 logements dans la forme qui avait été présentée et qui avait suscité la mobilisation des résidents au cours des dernières semaines.

Rédaction Vingt 55
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