Agression sexuelle : reconnu coupable Vega tente d’éviter la prison et demande une peine à domicile

Agression sexuelle : reconnu coupable Vega tente d’éviter la prison et demande une peine à domicile
Reconnu coupable d’agression sexuelle, Fabian-Pablo Vega demande une peine à domicile @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Drummondville

Reconnu coupable d’infractions à caractère sexuel au terme de son procès, Fabian-Pablo Vega, un père de famille de Wickham, tente maintenant de convaincre le tribunal de lui permettre de purger sa peine à domicile plutôt que dans un établissement carcéral. Déjà condamné à une peine d’emprisonnement dans une autre affaire, l’accusé fait valoir ses responsabilités familiales et son engagement communautaire pour éviter un nouveau séjour derrière les barreaux.

Reconnu coupable d’agression sexuelle, Fabian-Pablo Vega demande une peine à domicile @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Devant l’honorable juge Hélène Bouillon, au palais de justice de Drummondville, les avocats de la défense et de la Couronne ont présenté des positions opposées quant à la peine à imposer à Fabian-Pablo Vega.

Son avocate, Me Annabelle Bergeron Gendron, réclame une peine de 21 mois à domicile, tandis que le procureur de la Couronne, Me Marc-André Roy, demande plutôt 18 mois de prison ferme.

L’audience a également été marquée par la déclaration de la victime, qui a pris la parole en présence de l’accusé pour décrire les conséquences de l’agression sexuelle sur sa vie.

Une victime profondément marquée par l’agression

Le Vingt55 a assisté à la lecture du témoignage livré par la victime devant le tribunal. Présente à l’audience, la jeune femme, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, a tenu à prendre la parole pour s’adresser directement à son agresseur. Alors que Fabian-Pablo Vega continue de nier les faits pour lesquels il a été reconnu coupable, il a dû écouter le message que la victime souhaitait lui transmettre. Devant la juge Hélène Bouillon, la jeune femme a lu une lettre relatant les profondes conséquences physiques, psychologiques, sociales et financières de l’agression sexuelle sur sa vie.

Dans sa déclaration, elle a expliqué que sa vie avait profondément changé depuis les événements, évoquant notamment la peur, l’anxiété, les cauchemars et les difficultés à retrouver une vie normale.

« Énormément de choses ont changé dans ma vie. Cet événement a eu beaucoup de répercussions sur moi et aussi sur mes proches. La peine, la frustration, l’incompréhension, la peur et l’impuissance ont commencé à faire partie de mon quotidien à partir de ce jour-là », a-t-elle déclaré.

S’adressant à la juge et directement à Fabian-Pablo Vega, elle a exprimé la profondeur des blessures laissées par l’agression.

« Ce soir-là, tu as volé quelque chose en moi. Tu m’as fait mal physiquement et émotionnellement. Je ne serai plus jamais la même. »

La victime a expliqué avoir dû entreprendre des suivis médicaux et psychologiques, en plus de subir des pertes de salaire et des dépenses liées à ses traitements. Elle a également fait état de douleurs physiques persistantes, notamment à la mâchoire, nécessitant des séances de physiothérapie.

Sur le plan personnel, elle a confié éprouver de grandes difficultés à faire confiance aux autres, particulièrement aux hommes. La peur de croiser son agresseur ou de subir des représailles l’a également amenée à modifier ses habitudes de vie et à abandonner certaines activités sociales.

« Vivre avec la peur que tu viennes te venger ou que tu t’en prennes à ma famille, et la peur de te croiser, c’est insupportable. Être toujours en hypervigilance, c’est épuisant. »

Elle a également décrit le processus judiciaire comme une épreuve supplémentaire, tant pour elle que pour ses proches.

« Ma vision de la vie a changé pour toujours. Plus jamais je ne pourrai vivre comme avant. Une partie de moi est morte ce jour-là », a-t-elle conclu.

La défense réclame une peine de 21 mois à domicile

De son côté, Me Annabelle Bergeron Gendron, avocate de Fabian-Pablo Vega, a tenté de convaincre le tribunal qu’une peine de 21 mois à purger à domicile constituerait une sanction juste et appropriée, plutôt qu’une incarcération dans un établissement carcéral.

Cette peine, appelée juridiquement emprisonnement avec sursis, permettrait à l’accusé de demeurer à son domicile tout en étant soumis à des conditions strictes.

L’avocate a notamment mis de l’avant les responsabilités familiales de son client, son emploi, son engagement communautaire ainsi que le soutien dont il bénéficie auprès de ses proches.

L’accusé a lui-même pris la parole pour insister sur l’importance de sa famille.

« Je suis le soutien familial. J’ai le soutien de mes frères et sœurs, de ma famille au complet », a-t-il affirmé devant le tribunal.

La peine proposée par la défense pourrait notamment prévoir une assignation à domicile 24 heures sur 24, sept jours sur sept, sauf exceptions autorisées par le tribunal, ainsi que des interdictions de communiquer avec la victime ou de se présenter à certains endroits.

Des restrictions concernant la consommation d’alcool, de drogues et de cannabis ont également été abordées lors de l’audience.

Questionné sur sa capacité à respecter ces conditions, Fabian-Pablo Vega, qui a indiqué consommer actuellement du cannabis pour dormir, a assuré qu’il s’y conformerait et réfléchirait aux mesures nécessaires pour respecter une éventuelle interdiction de consommation.

Me Bergeron Gendron a fait valoir qu’une peine à domicile ne constitue pas une simple probation, mais bien une peine d’emprisonnement assortie de restrictions importantes, dont le non-respect pourrait entraîner une incarcération.

La Couronne s’oppose à une peine à domicile et réclame 18 mois de prison ferme

Le procureur de la Couronne, Me Marc-André Roy, s’est opposé à la proposition de la défense, estimant qu’une peine à domicile ne serait pas appropriée compte tenu de la gravité des infractions et du comportement de l’accusé.

Dans ses représentations, il a notamment soulevé les antécédents de violence de Fabian-Pablo Vega, qui suscitent, selon lui, des doutes quant à sa capacité de respecter les conditions strictes d’une peine à domicile.

Le procureur a rappelé un épisode survenu au palais de justice, au cours duquel Fabian-Pablo Vega avait manifesté sa colère, notamment en proférant des menaces à l’endroit d’une juge.

L’accusé s’en était également pris physiquement à un constable spécial, dans un contexte où il avait fracassé une porte vitrée donnant accès à l’établissement. L’intervention des constables spéciaux avait été nécessaire pour le maîtriser.

Ces événements avaient entraîné des procédures judiciaires et valu à Fabian-Pablo Vega une peine d’emprisonnement.Selon la Couronne, ces antécédents doivent être pris en considération dans l’évaluation de son comportement et de sa capacité à respecter les conditions d’une peine à domicile.

Me Roy a aussi insisté sur le fait que Fabian-Pablo Vega continue de nier les gestes pour lesquels il a été reconnu coupable. Le procureur estime que l’accusé démontre peu de remords envers la victime et ne reconnaît pas la gravité des gestes commis.

La poursuite a également soutenu que les facteurs atténuants présentés par la défense demeuraient limités, essentiellement liés au soutien familial et à la situation personnelle de l’accusé.

À l’inverse, les antécédents de violence, la gravité des infractions et les conséquences subies par la victime justifieraient, selon Me Roy, une peine d’emprisonnement ferme.

Une détention de 108 jours sans perte d’emploi

La Couronne a également rappelé que Fabian-Pablo Vega avait déjà passé 108 jours en détention, sans toutefois perdre son emploi.

Me Roy a invoqué cet élément pour remettre en question l’argument selon lequel une nouvelle période d’incarcération entraînerait nécessairement des conséquences professionnelles importantes pour l’accusé.

Selon la position défendue par le procureur de la couronne, les responsabilités familiales et professionnelles de Fabian-Pablo Vega ne suffisent pas à justifier une peine à domicile compte tenu des circonstances du dossier.

La juge Hélène Bouillon rendra sa décision dans les prochaines semaines

Au terme des représentations de Me Annabelle Bergeron Gendron, pour la défense, et de Me Marc-André Roy, pour la Couronne, l’honorable juge Hélène Bouillon a pris le dossier en délibéré. Fabian-Pablo Vega demeure en liberté dans l’attente du prononcé de sa peine.

La magistrate devra notamment tenir compte de la gravité des infractions, des antécédents de l’accusé, des conséquences sur la victime ainsi que des facteurs aggravants et atténuants soulevés par les deux parties. La décision devrait être rendue au cours des prochaines semaines,

Reconnu coupable d’agression sexuelle, Fabian-Pablo Vega demande une peine à domicile @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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