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Dans leur communiqué, les deux représentants du Bloc Québécois accusent Ottawa de privilégier les intérêts des géants américains du numérique au détriment du financement des productions culturelles québécoises et canadiennes.
Cette sortie publique survient à la suite du rejet d’une motion présentée par le Bloc Québécois à la Chambre des communes. Celle-ci demandait au gouvernement fédéral de respecter la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) visant à imposer des contributions financières aux diffuseurs en ligne, tout en procédant au versement intérimaire des 600 millions de dollars annoncés pour soutenir le secteur culturel.
Selon le Bloc Québécois, les députés libéraux et conservateurs se sont opposés à cette motion, notamment en invoquant les répercussions possibles de telles redevances sur le coût des abonnements aux plateformes numériques. Une justification que conteste la formation souverainiste, qui cite l’exemple européen pour défendre sa position.
Martin Champoux interpelle directement le gouvernement Carney
Porte-parole du Bloc Québécois en matière de Patrimoine, Arts et Culture, le député de Drummond estime que le gouvernement fédéral manque une occasion de défendre les intérêts du milieu culturel, particulièrement dans un contexte où plusieurs pays européens exigent déjà des contributions des grandes plateformes numériques.
« Le Canada aurait dû se tenir debout avec l’Europe, qui, elle, exige des redevances aux plateformes américaines de diffusion. Mark Carney manque de courage. L’avenir de la culture québécoise passe pourtant par la juste part du financement des géants du Web américains et Ottawa le sait. Le Québec et le Canada accordent visiblement une importance bien différente à la culture et les Québécois doivent en prendre acte », affirme Martin Champoux dans le communiqué transmis aux médias.
Yves-François Blanchet dénonce un recul pour la culture québécoise
De son côté, le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, considère que le gouvernement libéral a renoncé à des mesures importantes de soutien au milieu culturel dans le contexte de ses relations commerciales et diplomatiques avec les États-Unis.
Il reproche notamment au gouvernement Carney de ne pas profiter de ses relations avec l’Union européenne pour défendre la diversité des expressions culturelles et réclamer une contribution des entreprises américaines de diffusion en ligne.
« Les libéraux s’entêtent dans leur abandon et leur indifférence face à la culture québécoise en refusant de rétablir des mesures de soutien à la culture sacrifiées en vain pour séduire Donald Trump », soutient Yves-François Blanchet.
Le chef bloquiste affirme également que son parti entend poursuivre ses démarches pour obtenir un financement plus équitable de la culture, des arts et des médias québécois.
Un financement de 600 millions de dollars toujours réclamé
Au cœur des revendications du Bloc Québécois se trouve également la somme de 600 millions de dollars que le parti réclame au gouvernement fédéral afin de compenser les contributions financières attendues des plateformes numériques.
Selon les élus bloquistes, le secteur culturel attend ce financement depuis juin dernier. Ils demandent donc à Ottawa de respecter ses engagements et de rétablir les mécanismes de contribution prévus par le CRTC.
Le Bloc Québécois entend maintenir la pression sur le gouvernement fédéral dans ce dossier. La formation politique évoque notamment la candidature annoncée d’Alexandre Curzi, directeur général de l’Union des artistes, à l’élection partielle de Rosemont—La Petite-Patrie, comme une occasion de poursuivre le débat sur le financement de la culture.






