DRUMMONDVILLE
Revenons au sujet qui nous préoccupe. Dans la présentation de son jugement, la juge a cru la plaignante et estime que la mémoire du présumé agresseur est un peu trop parfaite pour des évènements survenus il y a 40 ans. Mais il demeure un doute raisonnable; la juge doit, par conséquent, acquitter l’accusé.
Tout d’abord, nous désirons saluer bien bas le courage de la plaignante, madame Annick Charrette. Unique victime retenue parmi les Courageuses, dont nous voulons aussi honorer la ténacité. À travers nos 30 années d’intervention et d’accompagnement des femmes et adolescentes victimes d’agression à caractère sexuel, les intervenantes du CALACS La Passerelle savent ce qu’il en coûte d’oser briser le silence.
Le monde juridique est toujours aussi étonné du faible taux de plainte à la police, un maigre 5%. Quand les victimes voient de quelle façon la mise à nu de leur drame est faite sur la place publique, quand elles constatent de quelle manière la défense travaille à invalider la parole qu’elles ont eu tant de peine à prendre et de quelle façon le procès se termine, comment voulez-vous qu’elles réagissent?
Depuis la fin des années 70, des Centres d’Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel (CALACS) ont été mis sur pied à travers le Québec, par des femmes de tous milieux, conscientes du manque de réponses adéquates aux besoins des victimes de l’époque.
Sensibilisation à la problématique, prévention dans les écoles secondaires, intervention auprès des victimes, préparation et accompagnement à la police et à la cour, soutien et formation des partenaires, concertation et revendication pour l’amélioration du soutien aux victimes, quels que soient leurs choix pour la suite des choses, … Tels ont été et tels sont encore les actions et services offerts pour lutter contre la violence sexuelle et ses conséquences. 2
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