DRUMMONDVILLE
Le Drummondvillois Alexandre-Jessy Crichlow a plaidé coupable à une accusation d’agression sexuelle @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Lors de l’audience, la procureure de la Couronne, Me Cassandre Hamel, a présenté les faits devant l’honorable juge Conrad Chapdelaine. Les événements remontent à novembre 2022, alors que l’accusé a incité la victime à un acte de nature sexuelle, soit une fellation, qui a pris fin à la demande de l’enfant, agression qui s’est ensuite poursuivie par des contacts de nature sexuelle, par des frottements de ses organes géniaux sur une partie du corps vêtue de l’enfant.
Après avoir rappelé les faits, la procureure de la Couronne, Me Cassandre Hamel, a lu et remis une lettre rédigée par l’enfant et sa mère. Cette dernière n’a pas assisté aux représentations sur la peine en raison de l’émotion et des craintes exprimées par la jeune victime. La lettre, transmise à la cour par la mère, témoigne de l’impact de l’agression sur la vie et le développement de l’enfant.
« J’étais un enfant doué et je respectais autant l’autorité que mes parents et professeurs. J’aimais lire. Depuis ce jour, tout a changé. Notre vie familiale est bouleversée. J’ai peur d’être agressé à nouveau, peur de croiser mon agresseur dans le noir. Je fais des cauchemars et j’ai perdu confiance en moi et en les autres. J’ai de la difficulté et je crains de faire confiance, » a écrit l’enfant, soulignant également son isolement grandissant et ses difficultés scolaires.
L’enfant a également évoqué avoir voulu mourir par moments, -t-il exprimé malgré son très jeune âge, parlant aussi d’épisodes d’automutilation dans le document lu devant le tribunal et l’accusé, qui a assisté aux représentations sur la peine.
‘’Cauchemars, terreurs nocturnes, craintes et manque de confiance … parfois, j’ai voulu mourir, » a écrit l’enfant. « Je voudrais redevenir un enfant et le rester. » Marqué par la peur et la trahison, il conclut que sa vie ne sera plus jamais la même et que son enfance lui a été volée.
La Couronne, représentée par Me Hamel, a insisté sur la nécessité d’imposer une peine sévère pour refléter la gravité des gestes posés et dissuader de futurs crimes de cette nature. Elle a également mis en avant le rapport d’évaluation psychologique, qui conclut à un risque de récidive modéré de l’accusé de 41 ans Alexandre-Jessy Crichlow
La Couronne réclame une peine de trois ans de prison, tandis que la défense plaide pour une peine de 24 mois moins un jour, à purger avec sursis et dans la collectivité sous conditions strictes.
L’accusé, Alexandre-Jessy Crichlow a admis avoir des intérêts sexuels pour les enfants, et l’évaluation démontre un trouble paraphilique. De plus, son comportement en ligne, où il évoluait dans des environnements où des jeunes étaient omniprésents, soulève des inquiétudes supplémentaires, a déclaré la procureure, ajoutant que le tribunal doit privilégier la dénonciation et la dissuasion et propose une sentence d’emprisonnement de 3 ans.
L’avocate de la défense, Me Yousser Ayari, a dressé un portrait du Drummondvillois de 41 ans comme un homme ayant vécu une enfance marquée par la violence et souffrant de limitations cognitives importantes. L’accusé, qui en est à sa première accusation en semblable matière, ne représenterait aucun risque pour la population, selon l’avis de l’avocate de la défense. Celle-ci appuie son argumentation sur différentes jurisprudences ainsi que sur des rapports présentenciels et sexologiques. Elle a suggéré une peine de 24 mois moins un jour, affirmant qu’une détention en communauté sous surveillance stricte serait appropriée compte tenu des circonstances.
Après avoir entendu les arguments des deux parties, l’honorable juge Conrad Chapdelaine a pris la sentence en délibéré. L’accusé demeure en liberté jusqu’au prononcé de la décision.

Me Cassandre Hamel, procureure de la Couronne, et Me Yousser Ayari, avocate de la défense, ont plaidé leurs positions respectives lors des représentations sur la sentence @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55 – Tous droits réservés.