DRUMMONDVILLE
En Mauricie et au Centre-du-Québec, les grévistes manifestent devant leurs établissements, avant de se rendre à Québec ce jeudi pour une manifestation nationale.
Appuyés par un mandat de grève voté à 91 %, les syndicats de la CSN souhaitent accentuer la pression sur le gouvernement Legault. Ils dénoncent l’absence de mesures concrètes pour rendre les CPE plus attractifs, dans un contexte où la pénurie de main-d’œuvre frappe durement le secteur.
« Ce que le gouvernement met sur la table est insuffisant. Il faut des conditions de travail qui permettent d’attirer la relève et de retenir celles qui sont déjà en poste », soutient Suzy Gaillardetz, présidente du Syndicat régional des travailleuses et travailleurs en CPE du Cœur du Québec (CSN).
Parmi les revendications portées par les travailleuses figurent :
- une réduction de la charge de travail,
- une meilleure rémunération pour favoriser l’attraction et la rétention du personnel,
- des primes de disparité régionale pour les régions éloignées,
- et des mesures concrètes pour améliorer la qualité des services aux enfants, incluant un meilleur soutien aux enfants à besoins particuliers.
Inégalités dénoncées
Pour Liette St-Arnaud, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), le gouvernement maintient une disparité de traitement injustifiée entre les travailleuses des CPE et celles du réseau public.
« Il n’est pas étonnant que plusieurs quittent le secteur. Il faut inverser la tendance, et cela passe par des offres bonifiées », plaide-t-elle.
Projet de loi 89 dans la ligne de mire
Le président du Conseil central du Cœur du Québec – CSN, Pascal Bastarache, dénonce quant à lui le projet de loi 89, qui vise à encadrer davantage le droit de grève dans les services de garde éducatifs.
« Le gouvernement est lui-même responsable de la lenteur des négociations. Il doit retirer le projet de loi 89 et offrir des conditions décentes aux travailleuses », tranche-t-il.
Un mouvement à l’échelle du Québec
La grève coordonnée par la CSN touche plus de 400 CPE à travers la province, représentant plus de 80 % des travailleuses syndiquées du réseau. La mobilisation s’étend dans toutes les régions, dont 22 centres dans le Centre-du-Québec et la Mauricie.