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Agressions sexuelles sur une adolescente : Martin Bélair voulait éviter la prison, la Couronne réclame une peine fédérale

Agressions sexuelles sur une adolescente : Martin Bélair voulait éviter la prison, la Couronne réclame une peine fédérale
Agression sur une adolescente, Martin Bélair voulait éviter la prison @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

De retour au palais de justice de Drummondville ce matin pour les représentations sur la peine, Martin Bélair, reconnu coupable d’agression sexuelle sur une adolescente de moins de 16 ans, s’est une fois de plus représenté seul devant la Cour.

Martin Bélair, reconnu coupable d’infractions et d’agression à caractère sexuel sur une mineure de moins de 16 ans @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Le Vingt55 a assisté à la comparution de Martin Bélair, reconnu coupable d’agression sexuelle sur une mineure « Un verdict hors de tout doute raisonnable » Reconnu coupable d’agression sexuelle sur une adolescente de moins de 16 ans, Martin Bélair a tenté d’éviter l’incarcération en suggérant une peine avec sursis. Représentant lui-même sa défense, sans avocat, il a rapidement été rappelé à la réalité par la juge Claire Dégens, qui a souligné l’existence d’une peine minimale obligatoire d’un an de détention ferme pour ce type de crime. La procureure de la Couronne a appuyé cette position, réitérant que les dispositions légales sont claires en matière de détermination des peines.

Dès l’ouverture de l’audience, Martin Bélair a tenté d’obtenir une peine avec sursis, souhaitant purger sa sentence dans la collectivité. Une requête rapidement balayée par la juge Claire Dégens, qui a tenu à rappeler les fondements juridiques entourant ce type de crime.

« Comme vous avez choisi d’assurer vous-même votre défense et que vous vous représentez seul, donc sans bénéficier des connaissances juridiques importantes dans un tel dossier, il semble que cette information vous ait échappé. Je vous informe que la peine minimale d’un an de détention ferme s’applique automatiquement en vertu du Code criminel », a tenu à rappeler la juge Claire Dégens au terme des représentations de l’accusé, précisant qu’une peine avec sursis était inenvisageable compte tenu de la nature de l’infraction.

La procureure de la Couronne s’est montrée déterminée à faire reconnaître la gravité des gestes et des accusations, ainsi qu’à rappeler la nature et la récurrence des actes à caractère sexuel reprochés à l’accusé.

Me Vicky Smith, procureure de la Couronne, a présenté une lettre et une déclaration de la victime, exposant les douleurs profondes et les conséquences que les gestes et agressions ont eues sur sa vie. Lors des représentations sur la peine, Me Smith a exposé avec fermeté les éléments aggravants du dossier et réclamé une peine située entre 24 et 30 mois de détention, soit bien au-delà du minimum légal.

Son objectif, assurer une peine proportionnelle à la gravité des actes, mais aussi conforme aux principes de dénonciation et de dissuasion en matière d’agression sexuelle sur mineur, a-t-elle rappelé.

Dans une plaidoirie appuyée sur une jurisprudence complète et contemporaine, Me Smith a souligné que Martin Bélair avait profité de la vulnérabilité de la victime, une adolescente de moins de 14 ans au moment des faits, pour établir un lien de confiance insidieux, avant de commettre une série de gestes à caractère sexuel.

« Il a orchestré ces agressions. Il a planifié, préparé, et mis en place un climat de secret et de manipulation. Il n’a jamais agi de manière impulsive. Il a persisté, en toute conscience, jusqu’à ce que la victime trouve le courage de dénoncer », a soutenu la procureure. C’est cette dénonciation qui a mis fin aux agressions et permis l’arrestation, puis le jugement de l’accusé.

La procureure a également insisté sur la gradation des gestes commis entre octobre 2021 et janvier 2022, sur l’emprise psychologique exercée par l’accusé, et sur le fait qu’il n’a cessé que contraint, une fois les faits révélés par la jeune victime.

Lors de cette étape importante, Me Smith a mentionné très peu de facteurs atténuants, ne retenant comme seul élément favorable que l’absence d’antécédents criminels en semblable matière. Elle a toutefois rappelé que l’accusé évoluait dans un réseau entouré de jeunes, une situation jugée à haut risque, justifiant selon elle une peine exemplaire.

Les gestes ont eu lieu dans un contexte de proximité avec l’entourage de la victime, ajoutant un poids considérable à la culpabilité de l’accusé. Me Smith a énuméré la longue liste des facteurs aggravants : le jeune âge de la victime, le lien de confiance, la répétition et la gradation des gestes, la préméditation, la manipulation et le climat de secret, ainsi que la tentative de banalisation des agressions.

Un dossier appuyé par des preuves d’ADN et une victime ayant une forte crédibilité.

Lors du procès tenu en juillet 2024, la victime avait témoigné par vidéoconférence. Son récit n’avait soulevé aucun doute dans l’esprit du tribunal. La juge avait d’ailleurs rappelé, lors du verdict, que la victime avait témoigné de manière constante et crédible. Son témoignage a été appuyé par des preuves matérielles, notamment des analyses d’ADN, ainsi que par le témoignage de l’enquêtrice Marie-Ève Vallerand.

À l’opposé, la version de Martin Bélair avait été qualifiée d’invraisemblable par la juge Dégens, qui n’avait laissé place à aucun doute lors du verdict rendu en septembre 2024, puis rendu public en avril 2025.

Bélair avait tenté, à l’audience comme durant le procès, de minimiser les faits et d’offrir des explications incohérentes sur la nature des preuves. Ces tentatives ont été perçues par la Cour comme un refus d’assumer la gravité des gestes reprochés et sa responsabilité.

La juge Claire Dégens a annoncé qu’elle prendrait quelques semaines pour délibérer avant de rendre sa décision sur la peine. Elle a souligné l’importance de ne pas précipiter une décision aussi déterminante, compte tenu de la gravité des gestes reprochés et des principes de droit applicables.

Elle a également indiqué que la sentence serait vraisemblablement prononcée en juillet prochain, laissant ainsi un délai suffisant à l’accusé pour se préparer à celle d’une peine privative de liberté.

« Il est sans conteste, compte tenu des circonstances, que la sentence en sera une privative de liberté. Il s’agit maintenant d’en déterminer la durée », a expliqué la magistrate. Vous devez vous préparer à une peine d’emprisonnement », a rappelé avec fermeté la juge Dégens, alors que l’accusé a affirmé  qu’il se préparait à cette réalité, la juge ayant d’ores et déjà exclu toute possibilité d’une peine à purger dans la collectivité.

Martin Bélair demeure en liberté et a quitté le palais de justice alors que l’honorable juge Dégens l’a invité à se préparer à recevoir la sentence, qui sera prononcée à la mi-juillet, a confirmé la magistrate.

Martin Bélair, reconnu coupable d’infractions et d’agression à caractère sexuel sur une mineure de moins de 16 ans @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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