DRUMMONDVILLE
Deux agressions et voies de fait envers des femmes ont forcé deux déploiements policiers à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Une intervention et un déploiement policier important pour un individu violent en crise et désorganisé, avec un périmètre de sécurité établi dans le secteur Saint-Lucien
Deux agressions et voies de fait envers des femmes ont forcé deux déploiements policiers à Drummondville, à peine quelques heures après la Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes 2025, organisée par le CALACS La Passerelle au centre-ville de Drummondville.
Un premier appel, logé en avant midi samedi matin a mobilisé plusieurs patrouilles dans le secteur de la rue Saint-Lucien. Un imposant périmètre de sécurité a été établi dans le quadrilatère des rues Saint-Lucien, Notre-Dame, Saint-Damase et Saint-Frédéric afin de localiser un individu violent et en crise.
Comme en étaient témoins hier le Vingt55, les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) sont intervenus à la suite de deux appels. Ils étaient accompagnés d’étudiants en technique policière du Collège Ellis, qui ont pu constater la réalité du travail policier découlant de ce type d’interventions, souvent liées à des personnes en crise, désorganisées ou encore à des contextes de violence intrafamiliale, conjugale ou envers des proches et des femmes.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, l’homme était recherché pour voies de fait et agression armée. Après plusieurs heures de recherche, il a finalement été retrouvé et arrêté. Il devra répondre à de nombreux chefs d’accusation. L’aide nécessaire lui sera également proposée et offerte, ont confirmé les autorités au terme de l’intervention, qui a suscité l’inquiétude dans le quartier résidentiel.
Deuxième intervention : un homme barricadé a tenu les policiers en haleine de longues heures
Un second appel, reçu plus tard dans la journée, concernait également un dossier de violence et de voies de faits. L’homme impliqué, en crise et nécessitant des soins, s’est barricadé durant plusieurs heures dans un logement refusant de collaborer avec les policiers. Ceux-ci ont procédé à son arrestation après avoir obtenu un mandat et forcé l’accès du logement. L’individu devra faire face à de nouvelles accusations, mais il recevra également l’aide et les soins appropriés, ont confirmé les autorités, qui précisent qu’aucune personne n’a été blessée lors de l’intervention mais queune femme a été évalué par les paramédics. La victime a été prise en charge par les organismes spécialisés de la MRC.
« La problématique demeure bien réelle à Drummondville.
Ces deux événements rappellent que, même si les dossiers de violence, de voies de fait et de violence conjugale font moins souvent les manchettes en raison de la confidentialité qu’ils exigent, la problématique demeure bien présente et préoccupante à Drummondville. Le Vingt55 a couvert, au cours des derniers mois et semaines, plusieurs interventions policières similaires. »
Récemment, deux victimes ont accepté de briser le silence et de témoigner au Vingt55, insistant sur l’importance de dénoncer :
« Il est temps que les victimes comme moi comprennent et acceptent que, sans aide, nous restons isolées et à la merci du cercle de la violence », a confié l’une d’elles.
Elle, qui a vu sa vie menacée. Longtemps tenu sous silence, ce récit met en lumière les sévices et les craintes réelles vécues derrière les portes de l’appartement de cette victime.
La vidéo, d’une durée de quelques secondes, témoigne des sévices réels infligés à la citoyenne. Une scène trop souvent répétée pour elle, comme pour de nombreuses autres femmes qui vivent dans la peur, dans la crainte, sans toujours être entendues.
Témoignage d’une amie de victime
Une amie d’une des victimes a accepté de témoigner au Vingt55, sous réserve de confidentialité. Elle affirme avoir craint pour la vie de son amie, victime de violences répétées :
« J’ai fini par convaincre mon amie de se tourner vers la police et le DPCP. Aujourd’hui, elle a pu se réfugier dans un lieu sécuritaire. »
Elle ajoute « Il faut apprendre à faire confiance aux bonnes personnes et non à notre agresseur. Nous avons des ressources, telles que La Rose des Vents et le CALACS La Passerelle à Drummond, ainsi que des policiers efficaces pour nous aider. Trop souvent, la peur, la dépendance financière ou la crainte de représailles nous empêchent de dénoncer. Plusieurs femmes, même après avoir porté plainte une première fois, finissent par se rétracter, piégées dans le cercle de la violence. Malheureusement, les épisodes sont de plus en plus fréquents et violents. »
Une autre victime rencontrée par le Vingt55 a ajouté :
« Les agresseurs savent isoler et manipuler. Il faut briser ce cercle de violence et demander de l’aide. »
Ressources disponibles mais des lacunes et peu de disponibilité pour les hommes
Les intervenants et services policiers rappellent qu’il est essentiel de demander de l’aide, que l’on soit un homme ou une femme. Des ressources existent, mais elles sont parfois difficiles d’accès, particulièrement pour les hommes, comme en témoignent deux Drummondvillois rencontrés.
Marc B., 51 ans, a expliqué avoir fait appel au 811 pour obtenir du soutien face à des problèmes d’anxiété et de dépression :
« Le premier suivi a pris plusieurs semaines et mon dossier s’est perdu dans les démarches administratives. J’ai tenté de relancer, mais je n’ai jamais obtenu le suivi promis », a-t-il déploré.
Un autre homme, Stéphane M, a confié avoir dû attendre plus de trois mois avant d’obtenir un premier rendez-vous efficace « Dans mon cas, j’aurais eu besoin d’une aide plus directe et rapide. Les délais étaient trop longs et j’ai dû me tourner vers des rencontres privées, ce qui coûte cher et n’est pas accessible à tous. »
Il ajoute « Il faut savoir reconnaître que les tabous sont grands et effrayants pour un homme qui souhaite admettre qu’il a besoin d’aide. Les peurs persistent, mais il faut accepter que les premiers pas sont les plus difficiles. Dans mon cas, malgré les délais, j’ai fini par obtenir de l’aide. Il faut insister, relancer et demander des suivis, même à plusieurs reprises, car l’aide finit par arriver. »
Ces témoignages soulignent un enjeu supplémentaire, comme le constate le Vingt55 dans la MRC de Drummond : si des ressources existent pour les hommes, elles demeurent limitées, peu connues ou difficiles d’accès pour ceux en détresse. Plusieurs intervenants locaux plaident ainsi pour un meilleur financement et une accessibilité accrue afin de répondre aux besoins de tous.
Le Vingt55 est également témoin, chaque semaine, de telles situations qui rappellent le lot de défis auxquels les policières et policiers doivent faire face, tant pour les organisations que pour les intervenants de terrain. Les personnes en situation de crise, de violence conjugale ou ayant besoin d’aide et de soutien demeurent nombreuses, alors que les ressources policières restent limitées.
Cette réalité s’explique notamment par le manque d’effectifs policiers et par le temps considérable que ces appels exigent. Ces interventions se font presque toujours en collaboration avec les intervenants du milieu, une approche essentielle mais qui illustre une problématique préoccupante, alors que le nombre d’interventions demeure inquiétant et en hausse dans la MRC de Drummond.
Le Vingt55 rappelle également que le CALACS La Passerelle est un organisme qui vient en aide aux femmes, tandis que le CEPS est un organisme d’écoute et de prévention du suicide qui demeure disponible pour offrir du soutien. Ces ressources sont présentes pour vous écouter en toute confidentialité et peuvent aussi vous orienter vers les services nécessaires pour obtenir de l’aide et du soutien dans vos démarches.
Deux agressions et voies de fait envers des femmes ont forcé deux déploiements policiers à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.





















