DRUMMONDVILLE
Cette reconduction vise à assurer la continuité des soins de santé et des services sociaux offerts aux personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. Les sommes déjà allouées aux différentes mesures demeureront disponibles pour la prochaine année, permettant ainsi aux organismes communautaires et aux partenaires du réseau de maintenir la stabilité de leurs interventions et de poursuivre leur travail quotidien auprès des personnes les plus vulnérables.
Interrogé par le Vingt55 sur l’état de la situation à Drummondville, François Gosselin directeur de l’Ensoleilvent ne minimise ni l’ampleur ni l’urgence du problème. « La situation nous échappe, parce qu’année après année l’entrée est de plus en plus grosse et la sortie de plus en plus petite », observe-t-il. Malgré une mobilisation réelle des acteurs municipaux et communautaires, les ressources disponibles ne suffisent plus à répondre à la demande.
Le premier enjeu, selon lui, est infrastructurel. « Je ne peux pas continuer à augmenter les places et offrir de l’hébergement d’urgence dans les espaces qu’on a en ce moment. Le niveau de sécurité devient un enjeu majeur », insiste et précise François Gosselin en entrevue au Vingt55
Des campements demeurent toujours utilisés, même par grand froid, comme l’a constaté sur le terrain le Vingt55.
En effet, comme l’a constaté le Vingt55 sur le terrain, malgré leur mobilisation constante, des intervenants ne peuvent éviter que certaines personnes, ne trouvant pas refuge auprès de L’Ensoleilvent ou de la halte-chaleur, y retournent. Ces abris de fortune sont encore occupés occasionnellement, malgré leur précarité et leur fragilité, par quelques personnes qui y trouvent refuge durant la nuit.
Cette pression s’ajoute à un second problème, la disproportion entre l’aide de soir et l’accompagnement de jour. « On donne trop de services en urgence et pas assez en 24/7. Les gens doivent retourner dehors toute la journée. Ça crée de la chronicité dans l’itinérance. »
Alors que l’itinérance connaît une croissance soutenue à Drummondville, le directeur général de l’Ensoleillement, François Gosselin lance un appel clair, pour freiner la dynamique actuelle, il faut cesser de miser sur les solutions d’urgence et investir enfin dans des infrastructures permanentes capables d’accompagner adéquatement les personnes en situation d’itinérance.
Un modèle à inverser, plus de 24/7, moins d’urgence
À l’heure actuelle, l’Ensoleillement accueille 35 personnes chaque nuit, toutes situations confondues. Seulement 7 d’entre elles bénéficient d’un hébergement en continu. « Ça devrait être l’inverse, dit-il. Je devrais avoir 25 ou 26 personnes en 24/7, et seulement un nombre réduit en urgence. »
Pour y parvenir, il faut des espaces adaptés, sécuritaires, capables d’offrir un hébergement stable et des services continus. « On a visité ce qui se fait ailleurs. On sait que c’est la solution », ajoute-t-il.
Parallèlement, le gouvernement indique que des travaux sont en cours afin de faire évoluer ses orientations en matière d’itinérance.
L’objectif est d’adapter les actions aux réalités du terrain et de mieux répondre aux besoins actuels, dans un contexte où l’itinérance demeure un enjeu complexe et transversal. À cet effet, les organismes communautaires, les partenaires du réseau ainsi que des experts seront appelés à contribuer à l’élaboration des prochaines priorités gouvernementales.
Dans un contexte de pression accrue sur les services et d’augmentation des besoins observés dans plusieurs régions, la ministre souligne l’importance de la concertation entre l’ensemble des acteurs concernés.
« En prolongeant les mesures visant à offrir des soins et des services aux personnes en situation d’itinérance ou à risque d’en connaître un épisode, on pose un geste concret pour assurer la continuité et la prévisibilité des actions sur le terrain. Nous avons entendu les besoins exprimés et nous demeurons pleinement engagés à travailler avec les milieux pour faire évoluer nos actions. L’expertise du terrain est indispensable et notre collaboration est essentielle pour mieux prévenir et mieux soutenir les personnes qui en ont besoin », a déclaré Sonia Bélanger.
La prolongation du Plan d’action interministériel doit ainsi servir de pont vers de nouvelles orientations gouvernementales, appelées à être définies au terme des travaux actuellement en cours.











