DRUMMONDVILLE
Un locataire a contacté Le Vingt55 afin de dénoncer une situation qu’il juge inacceptable et révélatrice de ce qui se produit de plus en plus fréquemment dans la région. Selon son témoignage, le logement qu’il occupait depuis plusieurs années, à un loyer d’environ 550 $ par mois, a changé de mains à la suite de la vente de l’immeuble à un groupe de promoteurs et de gestionnaires immobiliers.
L’immeuble, situé sur la 11e Avenue, aurait été acquis, selon les informations obtenues par le locataire, pour un montant avoisinant 105 000 $, dans le cadre d’une succession.
Peu après la transaction, le locataire affirme avoir été approché par les nouveaux propriétaires, qui lui auraient offert une somme de 5 000 $ afin qu’il quitte volontairement son logement. Cette proposition aurait été justifiée par la nécessité de procéder à des travaux au solage en raison d’un problème d’infiltration d’eau.
« J’ai refusé, parce que je savais que mon loyer était raisonnable et que j’avais le droit de rester. On m’a ensuite expliqué qu’ils allaient effectuer des travaux majeurs et que le loyer devrait être revu à la hausse. J’étais prêt à accepter une augmentation conforme aux normes, bien sûr », raconte le locataire en entrevue avec Le Vingt55.
Selon lui, l’ampleur des travaux annoncés servait à justifier une relocalisation et une hausse importante du loyer. Père monoparental, il explique que ce logement, à ce prix, correspondait à sa capacité financière, tout comme à celle d’autres locataires de l’immeuble.
Il affirme toutefois que la pression s’est accentuée au fil des échanges. Estimant ne plus avoir d’autre option, il dit finalement avoir accepté de quitter son logement en échange d’une indemnité plus élevée, soit 8 000 $.
Le locataire soutient qu’une situation semblable se serait produite avec une autre occupante de l’immeuble, elle aussi visée par des travaux annoncés au solage. Aujourd’hui, le logement qu’il occupait serait reloué à plus de 1 500 $ par mois, soit près du triple du loyer initial.
« C’est exactement ce genre de pratiques qui expliquent pourquoi les loyers sont rendus aussi chers. C’est devenu courant, accepté, presque normalisé. Ni la Ville ni le gouvernement ne dénoncent ces méthodes », déplore-t-il.
Il souligne par ailleurs que tous les ménages ne sont pas en mesure de négocier une indemnité de départ. « Ceux qui n’ont pas la chance d’obtenir un montant pour quitter se retrouvent avec très peu de moyens et peu de recours pour dénoncer ces abus », ajoute-t-il, souhaitant que ces situations soient davantage mises en lumière.
Comme le rapportait Le Vingt55 plus tôt cette semaine, les loyers à Drummondville ont augmenté de 13,6 % en un an, selon les plus récentes données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Le taux d’inoccupation demeure quant à lui à 1,8 %, bien en deçà du seuil d’équilibre. Une réalité qui, combinée aux reprises de logements et aux relances de loyers, accentue la crise de l’abordabilité et fragilise de nombreux ménages dans la région.






