Drummondville / Centre-du-Québec
Le portrait dressé par la FCEI en 2025 agit comme un signal d’alerte pour Drummondville et le Centre-du-Québec. Sans redressement de la demande et sans allègement des pressions financières, les PME locales pourraient voir leur capacité de croissance encore plus limitée à court terme.
« Les années en montagnes russes continuent pour les dirigeants de PME, et 2025 les a entraînés sur une nouvelle pente descendante. Je salue leur résilience : innover, automatiser ou simplement maintenir le cap dans ce contexte difficile, c’est assurer des emplois à des millions de Québécoises et Québécois et préserver la vitalité économique de nos régions », commente François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.
Au Québec, l’indice des perspectives des PME s’établit à 38,9 en 2025, bien en deçà de la moyenne historique et loin des niveaux observés avant la pandémie. Cette tendance se reflète directement au Centre-du-Québec, où les entrepreneurs de Drummondville évoluent dans un contexte de prudence accrue, marqué par une baisse des intentions d’investissement et d’embauche .
La FCEI précise que ces résultats reposent sur les réponses de 1 438 propriétaires de PME québécoises, recueillies tout au long de l’année dans le cadre du Baromètre des affaires. L’analyse compare les données de 2025 avec celles des années précédentes ainsi qu’avec la moyenne des 16 dernières années, ce qui permet de mesurer l’ampleur du recul observé.
La demande insuffisante, principal frein à Drummondville
À Drummondville comme ailleurs dans le Centre-du-Québec, la demande insuffisante s’impose comme le principal obstacle à la croissance selon l’analyse de la FCEI. En 2025, 51 % des PME québécoises citent la faiblesse de la demande intérieure ou extérieure comme une limite directe à leurs ventes, un niveau supérieur à la moyenne historique .
Cette réalité rapproche Drummondville de villes comparables comme Trois-Rivières, Victoriaville ou Saint-Hyacinthe, où les économies locales reposent fortement sur la consommation régionale et les marchés de proximité. Dans ces centres urbains de taille moyenne, la prudence des consommateurs et le ralentissement de certains secteurs industriels se font sentir plus rapidement que dans les grandes métropoles.
Des coûts d’exploitation toujours plus lourds, les pressions financières demeurent également très élevées pour les PME de Drummondville et du Centre-du-Québec.
À l’échelle du Québec, les charges salariales (64 %), les coûts d’assurance (61 %) et les coûts fiscaux et réglementaires (52 %) figurent parmi les principales sources de pression sur les entreprises en 2025.
Ces enjeux touchent particulièrement le Centre-du-Québec, où les entreprises doivent composer à la fois avec la rareté de la main-d’œuvre et une capacité limitée à refiler les hausses de coûts aux consommateurs, sous peine de freiner davantage la demande.
Une comparaison défavorable avec certaines régions similaires
Comparativement à des régions ressources comme l’Abitibi-Témiscamingue, où l’indice de l’état des affaires demeure positif en 2025, le Centre-du-Québec se trouve dans une position plus fragile. Les régions à forte activité primaire bénéficient encore d’un certain soutien de la demande et d’investissements sectoriels, alors que les villes manufacturières et commerciales intermédiaires, comme Drummondville, ressentent plus directement les contrecoups du ralentissement économique
Une relance freinée au Centre-du-Québec
« 95 % des entreprises au Québec comptent moins de 50 employés. Nos petites entreprises sont les poumons économiques de toutes les régions. Afin d’assurer un avenir positif, il faut miser sur elles. Toutefois, le Québec demeure la province où la fiscalité des petites entreprises est la plus désavantageuse au pays et où la paperasserie est particulièrement lourde. En 2026, les PME doivent être au centre de l’action gouvernementale et au cœur des propositions de tous les partis politiques », conclut François Vincent.
Les plans d’augmentation des prix et des salaires demeurent modestes en 2025, signe que les entrepreneurs cherchent avant tout à préserver leurs opérations et leurs effectifs plutôt qu’à se retirer du marché conclut la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI)







