DRUMMONDVILLE
Au cœur du litige : une décision de la Régie empêchant la réalisation de travaux de maintenance préventive jugés essentiels par Hydro-Québec, pourtant identifiés comme une priorité dans son Plan d’action 2035. La Régie soutient toutefois que les orientations et cibles de ce plan « ne sont pas enchâssées dans la Loi » et qu’elle n’y est donc pas juridiquement liée.
Selon Hydro-Québec, cette position aura des répercussions directes sur la fiabilité du réseau et sur les efforts déployés pour réduire le nombre et la durée des pannes. La société d’État rappelle que l’entretien préventif constitue un levier clé pour maintenir un niveau de service adéquat pour la clientèle résidentielle, les commerces, les municipalités et les entreprises industrielles.
Des coûts appelés à exploser à long terme
Hydro-Québec soutient également que le refus d’autoriser les sommes demandées pour la maintenance préventive entraînera des coûts nettement plus élevés à long terme. Selon ses données, chaque dollar non investi aujourd’hui pourrait coûter jusqu’à sept fois plus cher ultérieurement, les réparations d’urgence étant beaucoup plus onéreuses que l’entretien planifié.
La décision contestée concerne la demande tarifaire 2026-2028, déposée en août dernier. Elle entraînerait un manque à gagner estimé à 150 millions de dollars par année pour les charges d’exploitation d’Hydro-Québec, soit environ 450 millions de dollars sur trois ans.
La Régie de l’énergie aurait fondé sa décision sur les coûts historiques d’entretien du réseau, sans tenir compte, selon Hydro-Québec, des besoins actuels et futurs liés à l’évolution du réseau et à l’ampleur des investissements requis en maintenance.
Une seconde décision également portée en appel
Par ailleurs, Hydro-Québec a également saisi la Cour supérieure afin de contester une autre décision récente de la Régie de l’énergie, laquelle refuse de reconnaître les coûts liés à la maîtrise de la végétation comme des investissements pouvant être amortis sur plusieurs années.
Cette approche, soutenue par Hydro-Québec, aurait permis de limiter les hausses tarifaires imposées à la clientèle d’affaires. La société d’État rappelle qu’un premier panel de régisseurs lui avait donné raison avant qu’un second panel n’infirme cette décision à la suite d’un appel.
Hydro-Québec affirme que l’accumulation de ces décisions met en péril la réalisation de son Plan d’action 2035 et contribue à rendre imprévisible la facture d’électricité pour la clientèle d’affaires, tout en fragilisant la capacité du réseau à répondre aux besoins futurs.







