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Décès d’une camionneuse de 23 ans : vitesse, distraction et prévention la coroner Ricard interpelle le secteur du transport

Décès d’une camionneuse de 23 ans : vitesse, distraction et prévention la coroner Ricard interpelle le secteur du transport
La coroner lance un message aux camionneurs et rappelle l’importance du port de la ceinture @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Drummondville / Centre-du-Québec

Le décès d’une conductrice de camion lourd de 23 ans, survenu le 20 octobre 2025,  résulte d’un enchaînement de circonstances qui, mises bout à bout, ont conduit à une conclusion claire. La coroner Me Mélanie Ricard conclut à un accident et à un décès accidentel, évitable, rappelant l’importance de certaines règles de sécurité dans la conduite de véhicules lourds.

Dans son rapport, obtenu par le Vingt55 le 6 février 2026, Me Mélanie Ricard reconstitue les faits et analyse les éléments techniques, médicaux et contextuels afin d’expliquer comment une perte de contrôle apparemment brève a pu entraîner une issue fatale sur la route 349 à Saint-Léon-le-Grand.

Le matin du drame, la conductrice de 23 ans, Alexia Brodeur, effectuait son deuxième transport de sable de la journée. Elle circulait sur une route rurale à double sens, limitée à 90 km/h, sous la pluie, sur une chaussée mouillée mais en bon état et avec une visibilité jugée bonne.

À l’entrée d’une légère courbe vers la gauche, le camion a poursuivi sa trajectoire vers l’accotement droit. La caméra embarquée indique une vitesse d’environ 104 km/h. Aucun freinage n’a été constaté sur la chaussée.

Une possible distraction de la conductrice et le non-port de la ceinture de sécurité auraient contribué au décès.

Toujours selon l’analyse du rapport de la coroner, la conductrice a corrigé brusquement sa trajectoire, permettant au tracteur de regagner la voie. Toutefois, la remorque a heurté le rebord de l’accotement de gravier, entraînant le renversement de l’ensemble dans le fossé.

L’inspection mécanique n’a révélé aucune défectuosité et la CNESST n’a pas déclenché d’enquête supplémentaire. Les policiers ont évoqué une possible distraction, sans pouvoir en identifier la cause précise.

Un facteur aggravant : l’absence de ceinture

L’élément déterminant de l’analyse, selon la coroner Me Mélanie Ricard, repose toutefois sur la position dans laquelle la conductrice a été retrouvée. Elle ne portait pas sa ceinture de sécurité.

Projetée dans l’habitacle lors du capotage, elle s’est retrouvée coincée, le haut du corps comprimé dans une posture entravant sa respiration. Les examens médico-légaux ont révélé certaines fractures et contusions, mais aucune lésion traumatique majeure suffisante pour expliquer directement le décès.

La coroner conclut plutôt que la victime est décédée d’une asphyxie positionnelle, inconsciente et incapable de se dégager. Il aurait fallu plus de 30 minutes avant que les premiers intervenants spécialisés en désincarcération parviennent à la dégager et à la prendre en charge. En raison du temps écoulé, le décès a rapidement été constaté.

Vigilance et médication

Les analyses toxicologiques ont démontré la présence de diphenhydramine à un dosage thérapeutique.

Ce médicament antihistaminique peut diminuer la vigilance et provoquer de la somnolence. La coroner ne peut établir un lien causal direct, mais n’exclut pas que cet élément ait pu contribuer au contexte de distraction.

Une conclusion fondée sur l’ensemble des faits

Au terme de son investigation, Me Mélanie Ricard retient que la combinaison d’une vitesse supérieure à la limite permise, d’une possible distraction et surtout de l’absence de ceinture de sécurité a mené à un décès qui, selon son analyse, aurait très probablement pu être évité.

La coroner Me Mélanie Ricard recommande que la Société de l’assurance automobile du Québec intensifie ses activités de sensibilisation concernant le port de la ceinture de sécurité, particulièrement chez les conducteurs de véhicules lourds.

Elle souligne que le port de la ceinture réduit de façon significative le risque de décès lors d’un accident.

Le rapport met ainsi en évidence une réalité souvent documentée en sécurité routière, dans certaines collisions, ce ne sont pas uniquement les forces d’impact qui causent le décès, mais les conséquences d’un simple geste omis.

Éric Beaupré
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