DRUMMONDVILLE
Centre Marcel-Dionne, projet contesté de 48 M$ pour la rénovation, @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Dans les dernières heures, le conseiller municipal Mario Sévigny et plusieurs citoyens ont rendu publique l’existence d’un avis permettant aux personnes habiles à voter de demander la tenue d’une consultation populaire. Cette information, pourtant prévue dans la procédure municipale, semble avoir été peu connue d’une partie de la population, et même de certains élus, jusqu’à ce qu’elle commence à circuler davantage sur les réseaux sociaux et dans certaines discussions publiques.
Comme le rapporte le conseiller municipal, le conseil municipal de Drummondville a adopté, lors de la séance du 16 février 2026, le règlement RV26-5839 prévoyant la modernisation du Centre Marcel-Dionne et autorisant un emprunt de 48,3 millions de dollars afin de financer les travaux.
Le Vingt55 confirme que, conformément à la procédure prévue par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, les citoyens peuvent demander que ce règlement fasse l’objet d’un scrutin référendaire. Les délais demeurent toutefois très courts.
Pour ce faire, les citoyens doivent inscrire leur nom dans un registre ouvert du 9 au 13 mars, entre 9 h et 19 h, à l’hôtel de ville de Drummondville, situé au 415, rue Lindsay. Afin que la tenue d’un référendum soit déclenchée, 6 314 signatures doivent être recueillies. Si ce nombre n’est pas atteint, le règlement sera réputé approuvé.
Certains élus et citoyens dénoncent un manque de transparence, estimant que la Ville aurait pu informer davantage la population de l’existence de cette avenue permettant de demander un référendum. Depuis plusieurs semaines, des élus, des hommes d’affaires et plusieurs citoyens réclament une consultation publique sur ce dossier.
Or, ce n’est qu’à la suite de prises de position rendues publiques récemment que l’existence du registre a été davantage portée à l’attention du public, alors que la période d’inscription est déjà bien entamée et que le nombre de signatures requis demeure élevé.
Le conseiller municipal Mario Sévigny, qui s’est ouvertement opposé au projet de rénovation, estime qu’un investissement d’une telle ampleur mérite que les citoyens puissent se prononcer. Dans une publication diffusée ce matin, il rappelle que le projet représente un emprunt d’environ 48 millions de dollars sur une période pouvant atteindre 40 ans, ce qui pourrait porter la facture totale entre 48 et 66 millions de dollars avec les intérêts, selon l’évolution des taux.
« Est-ce que, dans le contexte actuel, il est juste et raisonnable d’investir entre 48 et 66 millions pour nos Voltigeurs, que j’adore en passant ? », écrit-il.
Selon lui, même si une partie des sommes vise à maintenir l’infrastructure actuelle fonctionnelle, la facture sera en grande partie assumée par les contribuables. « Je reste convaincu qu’un tel niveau de dépenses mérite que la population se prononce », ajoute-t-il, rappelant que les citoyens peuvent encore demander un référendum en signant le registre.
Dans une autre publication diffusée ce matin, Sonia Jam a également rappelé l’existence de cette procédure. Elle souligne que la Ville prévoit un emprunt d’environ 48 millions de dollars pour la rénovation du Centre Marcel-Dionne sur une période pouvant atteindre 40 ans, une dépense qui pourrait dépasser 60 millions de dollars avec les intérêts.
« Peu importe votre opinion sur le projet, un investissement de cette ampleur mérite que les citoyens puissent se prononcer », écrit-elle, invitant les citoyens qui souhaitent la tenue d’un référendum à se présenter à l’hôtel de ville afin d’inscrire leur nom au registre.
La conseillère municipale du district 2, Marie-Josée Lemaire, a également demandé qu’une analyse plus approfondie du projet soit réalisée avant toute décision finale. Dans une lettre ouverte et lors d’une entrevue accordée au Vingt55, elle estime qu’un investissement évalué à 48,5 millions de dollars doit être examiné sous tous ses angles afin de déterminer s’il représente réellement la meilleure option pour les citoyens.
« Chaque dollar investi provient des citoyens. Ils ont le droit de savoir si la rénovation représente le meilleur projet possible, au meilleur coût et avec les meilleures retombées pour la collectivité », explique-t-elle.
Au fil du débat, plusieurs personnalités du milieu économique et politique local ont également exprimé leur position, notamment l’ancien maire et homme d’affaires Alain Carrier, l’ex-conseiller municipal Alexandre Desbiens ainsi que plusieurs citoyens ayant pris la parole publiquement. La figure emblématique du hockey drummondvillois Marcel Dionne a lui aussi soulevé certaines interrogations quant aux retombées réelles d’une rénovation de l’infrastructure actuelle.
De son côté, le maire Jean-François Houle et la majorité des membres du conseil municipal appuient le projet de rénovation, estimant qu’il s’agit de la solution la plus réaliste pour maintenir les installations actuelles et répondre aux besoins du hockey mineur, des activités communautaires et de l’équipe junior des Voltigeurs.
Selon les estimations avancées par la Ville, environ 90 % des heures de glace seraient consacrées aux activités locales, notamment au hockey mineur, aux programmes scolaires et aux ligues récréatives.
Les critiques rétorquent toutefois qu’une partie importante des investissements vise également à répondre aux exigences de la LHJMQ et aux besoins des Voltigeurs, notamment en ce qui concerne les loges, les vestiaires, les installations d’entraînement et certains espaces administratifs.
Dans ce contexte, la procédure du registre constitue actuellement le seul mécanisme permettant aux citoyens de demander officiellement la tenue d’un référendum sur ce règlement municipal.
Les citoyens qui souhaitent qu’une consultation populaire ait lieu doivent se présenter à l’hôtel de ville afin de signer le registre. La période d’inscription se poursuit jusqu’au 13 mars, entre 9 h et 19 h. Si 6 314 signatures sont recueillies, la Ville devra alors organiser un référendum afin que la population se prononce sur le règlement autorisant l’emprunt pour la rénovation du Centre Marcel-Dionne. Dans le cas contraire, le règlement sera considéré comme approuvé.

Le maire de Drummondville Jean-François Houle @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.












