[jpshare]

Collusion et contrats publics : le Bureau de la concurrence rappelle les risques criminels et financiers

Collusion et contrats publics : le Bureau de la concurrence rappelle les risques criminels et financiers
Collusion et contrats publics @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Le Bureau de la concurrence prévient les entreprises canadiennes que toute participation à des accords illégaux liés aux marchés publics, notamment le truquage d’offres, la fixation des prix ou l’attribution concertée de contrats, peut mener à des accusations criminelles, à des amendes importantes et à des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 14 ans.

Dans un avis publié le 24 avril, l’organisme fédéral rappelle que les entreprises ont l’obligation de soumissionner de façon indépendante, équitable et concurrentielle lorsqu’elles participent à des appels d’offres publics, qu’ils soient fédéraux, provinciaux, territoriaux ou municipaux.

Selon le Bureau, le risque de collusion augmente lorsque les occasions de contrats publics se multiplient rapidement. Certaines entreprises pourraient alors être tentées de coordonner leurs soumissions, leurs prix ou les résultats d’un appel d’offres afin de réduire l’incertitude et de favoriser l’obtention d’un contrat.

Dans le contexte des marchés publics, toute entente entre entreprises concurrentes visant à influencer un contrat est illégale. Cela inclut, par exemple, des entreprises qui s’entendent à l’avance sur le prix à soumettre, qui se répartissent les contrats entre elles, ou qui décident qu’une seule soumissionnera pendant que les autres déposent des offres volontairement moins compétitives. Ces pratiques peuvent aussi toucher des partenariats ou collaborations apparentes, comme des ententes déguisées pour éviter la concurrence réelle.

Que ce soit dans les appels d’offres municipaux, les contrats de construction, les services professionnels ou même certaines ententes publicitaires, les entreprises doivent agir de façon indépendante. L’objectif est d’assurer une concurrence saine et de garantir que les fonds publics sont utilisés de manière équitable et transparente.

Le Bureau rappelle que les accords entre concurrents, comme le truquage d’offres, la fixation des prix, la restriction de l’offre, l’attribution de marchés, la fixation des salaires ou les accords de non-débauchage, constituent des infractions criminelles en vertu de la Loi sur la concurrence.

Les entreprises reconnues responsables s’exposent non seulement à des sanctions criminelles, mais aussi à des recours collectifs en dommages-intérêts. Dans le cas de contrats publics, elles peuvent également être suspendues par les organismes responsables des marchés publics et être exclues de futurs appels d’offres.

Le Bureau souligne que la collusion dans les marchés publics nuit directement aux contribuables, en faisant augmenter les coûts des contrats et en minant la confiance du public. Ces pratiques peuvent faire grimper le coût des marchés publics de plus de 30 %, selon l’organisme.

Les marchés publics représentent environ 15 % du PIB du Canada, ce qui en fait un levier économique majeur pour les gouvernements. Chaque année, les différents paliers gouvernementaux dépensent collectivement des centaines de milliards de dollars en biens, services et infrastructures.

Le Bureau de la concurrence invite les entreprises à mettre en place des programmes de conformité et à sensibiliser leurs employés afin de prévenir les risques de collusion. Il encourage aussi les lanceurs d’alerte, les entreprises et les citoyens à signaler toute situation suspecte.

L’organisme affirme qu’il continuera de lutter vigoureusement contre les accords illégaux entre concurrents et qu’il prendra des mesures lorsqu’il disposera de preuves de collusion.

Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
PROFILE

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon