DRUMMONDVILLE
Si la décision du conseil municipal n’a pas surpris certains résidents qui suivent ce dossier depuis plusieurs années, certains passages de la résolution ainsi que plusieurs questions demeurées sans réponse continuent d’alimenter les préoccupations au sein du groupe de citoyens qui réclame des correctifs depuis longtemps.
Dans un premier texte publié par le Vingt55, plusieurs résidents avaient exprimé leur déception à la suite de l’adoption de la résolution municipale. Ceux-ci soutenaient alors que la décision reprenait essentiellement la position historique de la Ville sans répondre à plusieurs éléments qu’ils considèrent centraux dans le dossier.
« Nous pouvons accepter une décision avec laquelle nous sommes en désaccord lorsque nous avons le sentiment que tous les arguments ont été considérés. Ce qui est difficile à accepter ici, c’est l’absence totale de réponses sur des éléments centraux du dossier », affirmait alors Jean-Pierre Picard, l’un des citoyens impliqués dans les démarches entreprises auprès de la Ville.
Parmi les questions soulevées par les résidents figure notamment l’interprétation des relevés de pression effectués en février 2022 par la firme Les Compteurs Lecomte Ltée, mandatée par la Ville. Selon l’analyse présentée par les citoyens, plusieurs résidences du secteur auraient enregistré des pressions inférieures au seuil de 40 psi, alors que la résolution municipale indique que les pressions ne devraient pas descendre sous cette limite.
« Depuis plus de deux ans, nous demandons simplement une explication technique claire sur ce point. Personne ne nous explique pourquoi ces résultats semblent incompatibles avec la position officielle de la Ville », déclarait Claude Pellerin.
Les citoyens rappellent également qu’une rencontre technique avec l’ingénieur responsable du dossier devait avoir lieu afin de répondre à plusieurs interrogations. Selon eux, une liste détaillée de questions avait été préparée et transmise à l’avance à la demande même de représentants municipaux. Cette rencontre n’a toutefois jamais eu lieu.
« Au-delà du désaccord sur le fond du dossier, nous considérons qu’il s’agit d’un manque de respect envers nous. Lorsque des citoyens prennent le temps de préparer sérieusement des questions, à la demande de la Ville, la moindre des choses est d’assurer un suivi transparent et rigoureux », soutenait pour sa part Jacques Bernard.
Les résidents continuent également de remettre en question certains arguments invoqués dans la résolution municipale, notamment en ce qui concerne le sondage réalisé dans le secteur.
La Ville souligne dans sa résolution qu’environ 18 % des 348 propriétaires concernés ont répondu au sondage en ligne. Selon l’analyse municipale, cet élément ne permettrait pas de conclure que les préoccupations soulevées par les requérants sont représentatives de l’ensemble du secteur.
Les citoyens soutiennent toutefois que cette analyse ne tient pas compte de l’ensemble des démarches réalisées depuis plusieurs années. Ils rappellent notamment qu’une pétition avait été signée par de nombreux résidents et que le même sondage démontrait que 68 % des répondants étaient souvent ou toujours incommodés par la pression d’eau insuffisante, une proportion qui atteignait 86 % lorsqu’étaient inclus les répondants se disant occasionnellement affectés.

L’expression « représentativité douteuse » utilisée par la Ville soulève des questions sur le traitement du dossier Marconi
Le document adopté par le conseil municipal affirme en effet que « le caractère représentatif du groupe de requérants apparaît douteux ».
Pour plusieurs citoyens, cette formulation soulève à elle seule plusieurs questions.
Ils souhaitent notamment comprendre sur quels faits, analyses, données ou critères repose cette conclusion. Certains estiment que l’utilisation du terme « douteux » est lourde de sens dans un document officiel et qu’elle mérite d’être accompagnée d’explications détaillées permettant aux citoyens de comprendre les fondements de cette position.
Jean-Pierre Picard affirme notamment s’interroger sur les motifs ayant conduit la Ville à employer une telle formulation alors que le groupe de citoyens est impliqué dans le dossier depuis plusieurs années et a multiplié les démarches auprès de l’administration municipale.
Afin de permettre à la Ville de préciser sa position, plusieurs questions ont été transmises au Service des communications ainsi qu’à la mairie dans les jours suivant la publication du premier reportage.
Le Vingt55 souhaitait notamment connaître la position du maire Jean-François Houle concernant l’insatisfaction exprimée par les citoyens face à l’absence de réponses qu’ils dénoncent depuis plusieurs années.
Des questions ont également été soumises concernant les engagements qui auraient été discutés avec les résidents durant la campagne électorale, le nombre de rencontres tenues avec les citoyens, l’objet de ces rencontres ainsi que les éléments ayant conduit le conseil municipal à maintenir sa position actuelle.
Qualifiés de groupe de citoyens « douteux », des résidents remettent en question le traitement réservé à leurs démarches
Le Vingt55 a également demandé à la Ville de préciser sur quels faits, analyses ou critères reposait l’affirmation voulant que la représentativité du groupe apparaisse « douteuse », qui avait recommandé cette formulation, qui en avait autorisé l’inclusion dans la résolution et qui avait approuvé la version finale du document.
D’autres questions visaient également à déterminer si cette conclusion reposait sur une analyse administrative, technique, juridique ou politique particulière.
Pour plusieurs citoyens, la question dépasse le seul enjeu de la pression d’eau.
Ils affirment chercher avant tout à comprendre les analyses qui ont conduit aux conclusions de la Ville, les raisons pour lesquelles certaines interrogations demeurent sans réponse ainsi que les fondements des affirmations contenues dans la résolution municipale.
Alors que la Ville considère le dossier réglé à la suite de l’adoption de sa résolution, plusieurs résidents du secteur Marconi soutiennent pour leur part que de nombreuses questions demeurent toujours sans réponse et continuent d’attendre des explications sur plusieurs aspects qu’ils jugent essentiels à la compréhension du dossier.
Les demandes du Vingt55 visant à obtenir des précisions, une position officielle du Service des communications ainsi qu’une entrevue avec le maire, la Ville de Drummondville et la mairie n’avaient fourni aucune réponse.
Au moment de publier, et malgré plusieurs relances effectuées auprès du Service des communications de la Ville de Drummondville, aucune réponse n’avait été obtenue aux questions transmises à Dominic Villeneuve, directeur du Service des communications, ainsi qu’à Anne-Élisabeth Benjamin, conseillère en relations publiques.
Les demandes d’entrevue adressées au maire Jean-François Houle afin de lui permettre de présenter sa position sur le dossier et de réagir publiquement aux préoccupations soulevées par les citoyens sont également demeurées sans réponse.







