[jpshare]

Dossier santé numérique : ratés, pannes et situations préoccupantes rapportés par le personnel à Drummondville

Dossier santé numérique : ratés, pannes et situations préoccupantes rapportés par le personnel à Drummondville
Dossier santé numériqu , ratés, pannes et situations préoccupantes à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Alors que Santé Québec dresse un premier bilan rassurant du déploiement du Dossier santé numérique, plusieurs employés de l’Hôpital Sainte-Croix décrivent plutôt une fin de semaine marquée par le stress, les ralentissements informatiques et des difficultés importantes dans la gestion des dossiers patients.

Selon plusieurs témoignages recueillis par le Vingt55, certains intervenants affirment que le système « plante aux cinq minutes », compliquant l’accès rapide aux informations cliniques et forçant parfois le retour temporaire aux procédures papier. Si l’établissement reconnaît des enjeux temporaires de connexion, il assure qu’un bilan plus complet devrait être présenté dans les prochaines heures.

En effet Selon plusieurs membres du personnel de l’Hôpital Sainte-Croix ayant communiqué avec le Vingt55 tout au long de la fin de semaine, la réalité vécue sur le terrain depuis le déploiement officiel du Dossier santé numérique serait beaucoup plus difficile que le portrait présenté par Santé Québec

Des accès qui ne fonctionnent pas, des appels impossibles à effectuer en raison des changements apportés au système, ainsi que plusieurs ajustements techniques qui compliquent le travail quotidien, voilà ce que rapportent plusieurs membres du personnel, qui témoignent d’une situation préoccupante pour de nombreux intervenants sur le terrain, alors que les marges d’erreur sont pratiquement inexistantes pour les médecins et le personnel soignant.

Des employés décrivent un climat de grande pression, marqué par des ralentissements fréquents, des pertes de repères dans les dossiers patients et des interruptions répétées du système informatique.

« Le personnel pleure, le système plante aux cinq minutes. Pour certains patients, il était impossible de savoir pourquoi ils étaient présents à l’hôpital. Il a fallu de longues minutes simplement pour retrouver leur arrivée dans le système. Quand tu as envie de quitter le métier, je n’appelle pas ça une réussite », a confié une intervenante au Vingt55.

Une autre employée rapporte qu’à peine une heure après le début de son quart de travail, elle ne parvenait déjà plus à obtenir les informations essentielles sur ses patients. « Quand ça faisait à peine une heure que j’étais arrivée et que je n’avais aucune idée pourquoi mes patients étaient là… ça donne envie de quitter sur-le-champ », raconte-t-elle.

D’autres témoignages font également état de retards, de confusion dans la gestion des dossiers ainsi que d’une augmentation importante du stress chez plusieurs intervenants, particulièrement dans les secteurs où la rapidité d’exécution demeure essentielle.

Interpellée par le Vingt55, Julie Michaud, agente d’information au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, confirme certains éléments soulevés et apporte des précisions sur la situation.

« On parle d’une grosse gestion du changement. Chaque personne vit différemment la situation. Il y en a qui sont fébriles, d’autres anxieux, certains ont besoin de plus de soutien et d’accompagnement », explique-t-elle.

Elle rappelle que le week-end dernier constituait le tout premier grand test réel du nouveau système, alors que la semaine en cours représente une deuxième phase encore plus importante avec davantage d’achalandage et plus de services ouverts.

« Ce week-end, ça a été somme toute sous contrôle. Quand il y avait des situations, elles étaient adressées rapidement. C’est aussi pour cette raison que nous avons réduit certaines activités au cours des deux dernières semaines, et le plan se poursuit pour les quatre prochaines semaines. Les gens ont besoin de s’approprier les nouveaux outils », précise Mme Michaud.

Elle confirme également qu’une interruption temporaire liée à des problèmes de latence du réseau a affecté certaines connexions durant une partie de la matinée, une situation qui avait aussi été mentionnée publiquement par Santé Québec.

« Les problèmes de latence ont fait en sorte que certaines connexions ne fonctionnaient pas à leur pleine capacité, mais cela a été bien adressé. Des mesures ont été mises en place et maintenant, ça fonctionne très bien. On peut dire que c’est un retour à la normale », affirme-t-elle.

Julie Michaud insiste également sur le fait que malgré les irritants signalés par certains employés, les soins et les services aux usagers n’ont jamais cessé. « Peu importe ce qui arrive avec le système, les soins sont donnés. C’est ce qu’il faut retenir. Il n’y a pas eu de bris de service », soutient-elle.

Elle souligne enfin la forte mobilisation du personnel sur le terrain, appuyé par des super utilisateurs et des équipes de soutien capables d’intervenir rapidement lorsque des problématiques surviennent.

Si plusieurs travailleurs reconnaissent qu’un projet de cette ampleur implique inévitablement une période d’ajustement, plusieurs continuent néanmoins de dénoncer la pression supplémentaire imposée dans un contexte hospitalier où chaque minute compte.

Du côté du CIUSSS MCQ, on insiste toutefois sur un message de confiance, la période d’adaptation était prévue, les mécanismes de soutien sont en place et la priorité demeure, avant tout, la continuité sécuritaire des soins pour la population drummondvilloise.

Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
PROFILE

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon