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Crise du logement et pauvreté des aînés : les AQDR réclament des actions pas des promesses

Crise du logement et pauvreté des aînés : les AQDR réclament des actions pas des promesses
Crise du logement et pauvreté des aînés @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

À cinq mois des élections provinciales, les sections de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) de la Montérégie, de la Rive-Sud de Montréal, de l’Estrie et du Centre-du-Québec unissent leur voix pour dénoncer la crise du logement qui frappe durement les aînés et réclament des engagements politiques clairs de la part des futurs candidats au scrutin du 5 octobre.

Crise du logement et pauvreté des aînés à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Réunies en front commun, les porte-parole des huit AQDR sonnent l’alarme devant une réalité de plus en plus préoccupante, un grand nombre de personnes âgées peinent à conserver un logement abordable, compromettant directement leur santé, leur sécurité et leur qualité de vie.

Comme le rapporte régulièrement le Vingt55, la situation des aînés à Drummondville illustre bien cette précarité grandissante. Plusieurs retraités doivent choisir entre se loger convenablement, se nourrir adéquatement ou acheter leurs médicaments.

C’est notamment le cas de Mme Toupin, 82 ans, rencontrée par le Vingt55, qui vit dans une résidence privée pour aînés (RPA) et débourse près de 1800 $ pour un loyer de 1600$.par mois pour un petit studio qu’elle décrit comme « pratiquement un garde-robe ». « On vit dans des logements de 10 pieds par 10 pieds, sans véritable espace fermé. J’ai déjà eu des walk-in plus grands que ça », confie-t-elle avec lucidité.

Malgré l’aide financière et le supplément de revenu auquel elle a droit, elle affirme ne plus avoir de marge de manœuvre.

« Un loyer, c’est indispensable. J’ai tenté de réduire les coûts, mais avec 1800 $ par mois, je n’ai plus de vie. Au moins ici, j’ai une vie sociale. Sur les étages, plusieurs attendent une fin de vie “descente” plutôt que de craindre de mourir seuls », ajoute la Drummondvilloise.

Face à cette réalité, les AQDR réclament quatre engagements précis : un gel temporaire des loyers afin de freiner la spirale inflationniste, la création d’un registre obligatoire des loyers pour assurer plus de transparence, l’anonymisation des dossiers au Tribunal administratif du logement (TAL) afin de protéger les locataires contre les représailles discriminatoires, ainsi qu’une accélération importante de la construction de logements sociaux et hors marché adaptés aux besoins des personnes aînées.

Les représentants rappellent que, malgré la construction de nouveaux logements, la majorité de ceux-ci demeurent inaccessibles financièrement pour les retraités. Selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) menée en 2022, près de 49,2 % des personnes aînées n’ont pas accès à un revenu viable.

À cela s’ajoutent les hausses de loyers jugées abusives, les rénovictions et l’insécurité résidentielle, qui contribuent directement à l’augmentation de l’itinérance chez les aînés.

ertaines femmes, de plus en plus nombreuses à Drummondville et dans l’ensemble du Centre-du-Québec, comme l’a constaté le Vingt55 au fil des interventions policières et des dossiers suivis sur le terrain dans la MRC de Drummond, se retrouvent aujourd’hui à la rue, en situation d’itinérance ou sous la tutelle de ressources d’hébergement temporaire. D’autres, frappées par la hausse du coût de la vie, doivent se tourner vers le Comptoir alimentaire et divers organismes communautaires pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Les intervenants constatent l’arrivée de nouveaux visages, souvent des personnes qui, il y a encore peu de temps, n’auraient jamais imaginé devoir demander une aide alimentaire temporaire pour traverser une période difficile.

Le fils d’une femme vivant une situation de grande précarité a confié au Vingt55 que, pour sa mère, la prise de médicaments représente une forme de stabilité essentielle. Toutefois, malgré cette nécessité, elle n’arrive pas toujours à assumer le coût de sa médication. Cette réalité l’amène à faire des choix déchirants entre sa santé, son alimentation et parfois même son logement, une détresse silencieuse que plusieurs organismes de première ligne observent désormais de plus en plus souvent.

Une femme récemment séparée a dû demander un délai au tribunal lors de sa récente comparution devant le magistrat. Elle a admis avoir un emploi, mais devoir dormir dans son véhicule.

« Je me suis séparée après une situation conjugale difficile j’arrive a la retraite, je me présente au travail chaque jour, mais mes employeurs ne savent pas que je dors dans ma voiture », a-t-elle confié.

Demandant un délai pour le paiement de constats d’infraction, elle a affirmé avoir peine à se loger et même à se nourrir. Elle a également confié au Vingt55 qu’elle se trouve dans cette situation depuis maintenant deux mois et que le prix des loyers était devenu inaccessible pour elle, vivant seule et sans réel filet de sécurité.

Dans le cadre d’une campagne nationale de mobilisation amorcée en mai, les différentes sections de l’AQDR annoncent qu’elles entendent jouer un rôle actif durant la prochaine campagne électorale afin de faire du logement accessible, abordable et décent un enjeu incontournable pour les formations politiques québécoises.

Crise du logement et pauvreté des aînés à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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