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Quadriporteur dans le tunnel Saint-Joseph : une manœuvre risquée des automobilistes réclament un meilleur encadrement

Quadriporteur dans le tunnel Saint-Joseph : une manœuvre risquée des automobilistes réclament un meilleur encadrement
Un accident évité de justesse pour un conducteur de quadriporteur dans le tunnel du boulevard Saint-Joseph @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Une manœuvre particulièrement dangereuse a semé l’inquiétude sur le boulevard Saint-Joseph, à Drummondville. Un conducteur de quadriporteur s’est engagé dans les voies de circulation automobile du tunnel situé entre les rues Des Forges et Marchand, faisant craindre le pire à plusieurs témoins. Le quadriporteur et son conducteur ont finalement réussi à traverser le tunnel en circulant parmi les véhicules, plutôt que d’emprunter le trottoir protégé aménagé à cette fin.

En effet, comme le démontrent les images captées par le Vingt55, le conducteur circulait directement sur le boulevard Saint-Joseph, s’exposant à un risque important malgré la présence d’un passage piétonnier sécuritaire aménagé en bordure du boulevard.

À mi-parcours, la situation est rapidement devenue critique pour le conducteur, qui circulait dans un secteur où la visibilité est soudainement réduite et où les voies sont particulièrement étroites. Un accident grave a été évité de justesse lorsqu’un camion et une automobile se sont retrouvés à sa hauteur. La faible largeur des voies a laissé très peu d’espace de manœuvre aux trois usagers.

Le conducteur du véhicule lourd a dû freiner brusquement avant de se déporter suffisamment afin d’éviter une collision, alors qu’une automobile circulait simultanément dans la voie adjacente, ne laissant pratiquement aucun dégagement au quadriporteur et à son conducteur.

L’incident n’a fait aucun blessé, mais il aurait facilement pu avoir des conséquences beaucoup plus graves. Pendant quelques instants, plusieurs automobilistes ont retenu leur souffle, craignant qu’une collision ne survienne avant que le conducteur du quadriporteur ne parvienne à sortir du tunnel.

Rencontré à l’intersection du boulevard Saint-Joseph et de la rue Marchand par le Vingt55, le conducteur a expliqué qu’il croyait être autorisé à circuler sur la chaussée comme n’importe quel autre véhicule. Informé de la présence du trottoir protégé longeant le tunnel, il a reconnu qu’il privilégierait désormais cet itinéraire lors de ses prochains déplacements, admettant avoir sous-estimé les risques auxquels il s’était exposé.

« Je me suis effectivement rendu compte de la situation et du risque une fois arrivé au bas de la côte. Je suis nouveau avec ce type de véhicule et je connais encore peu les aménagements de Drummondville », a fait valoir le conducteur du quadriporteur.

Celui-ci aurait toutefois souhaité qu’une signalisation plus visible soit installée à l’entrée du tunnel afin d’indiquer clairement aux utilisateurs de quadriporteurs et d’aides à la mobilité motorisées qu’ils doivent emprunter le trottoir protégé.

« Une meilleure signalisation m’aurait permis d’éviter de me retrouver dans cette situation. Quand je me suis rendu compte de ce qui se passait, j’étais déjà engagé dans le tunnel », a-t-il ajouté, visiblement secoué par l’événement et conscient du risque qu’il venait de courir sans réellement en mesurer les conséquences.

Contactée par le Vingt55, la Sûreté du Québec a confirmé les règles prévues au Code de la sécurité routière concernant la circulation des aides à la mobilité motorisées,

Contacté par le Vingt55, le sergent Louis-Philippe Ruel, porte-parole de la Sûreté du Québec, rappelle que les quadriporteurs, triporteurs et fauteuils roulants motorisés sont considérés comme des aides à la mobilité motorisées (AMM).

Leur circulation est effectivement permise sur la voie publique dans certaines circonstances, mais la réglementation privilégie d’abord les trottoirs et les voies cyclables lorsqu’ils sont accessibles et sécuritaires.

Les utilisateurs doivent adapter leur conduite aux conditions de circulation et choisir l’itinéraire le plus sécuritaire.

Trottinettes électriques et vélos à assistance électrique également concernés

L’utilisation des trottinettes électriques et des vélos à assistance électrique est également en constante augmentation à Drummondville.

Ces moyens de transport sont pratiques, économiques et de plus en plus populaires. Il n’en demeure pas moins essentiel de respecter les règles de circulation et de partager la route de façon sécuritaire.

À Drummondville, il n’est d’ailleurs pas rare d’apercevoir des quadriporteurs, des trottinettes électriques et des vélos à assistance électrique circuler sur des artères achalandées ou emprunter directement les voies de circulation comme les automobiles.

Bien que ces moyens de déplacement soient autorisés dans certaines conditions, leur cohabitation avec les véhicules lourds et la circulation dense peut rapidement devenir risquée, particulièrement dans des secteurs comme le tunnel du boulevard Saint-Joseph, rappelle le sergent Louis-Philippe Ruel en entrevue au Vingt55.

Ce que prévoit la loi

Les trottinettes électriques, autorisées dans le cadre du projet pilote du gouvernement du Québec, peuvent circuler sur les routes où la limite de vitesse est de 50 km/h ou moins, ainsi que sur certaines pistes cyclables. Le port du casque est obligatoire et leur vitesse maximale est limitée à 25 km/h.

Les vélos à assistance électrique sont quant à eux soumis aux mêmes règles que les cyclistes, notamment l’obligation de porter un casque et de respecter l’ensemble de la signalisation routière.

Les autorités rappellent que, même lorsqu’un appareil est autorisé à circuler sur la chaussée, la sécurité doit toujours demeurer la priorité. Le choix d’un trajet adapté, particulièrement dans les secteurs où la circulation est dense ou où des véhicules lourds sont présents, demeure essentiel afin d’assurer une cohabitation sécuritaire entre tous les usagers de la route.

Un rappel après un grave accident

Cet incident n’est pas sans rappeler la violente collision survenue mercredi matin à Drummondville, à l’intersection de la rue Des Forges et du boulevard Saint-Joseph. Un cycliste circulant sur un vélo à assistance électrique avait alors violemment percuté l’arrière d’une remorque.

L’homme, âgé dans la soixantaine, avait d’abord été pris en charge par les paramédics avant d’être transporté d’urgence à l’Hôpital Sainte-Croix de Drummondville. Pris en charge par l’équipe de traumatologie et le personnel médical, le sexagénaire a ensuite été stabilisé avant d’être transféré vers un centre hospitalier de Trois-Rivières afin d’y recevoir des soins spécialisés.

Selon les informations confirmées au Vingt55 par les autorités, le sexagénaire est toujours hospitalisé aux soins intensifs de Trois-Rivières. Son état demeure préoccupant et il continue de recevoir des soins intensifs, entouré de ses proches depuis son transfert. Les autorités ont confirmé, ce matin, qu’il se trouvait toujours aux soins intensifs.

La prudence demeure la meilleure protection

Le respect de la réglementation ne suffit toutefois pas toujours à garantir la sécurité. La prudence et le choix d’un itinéraire sécuritaire demeurent les meilleurs moyens de prévenir les accidents, rappelle le sergent Louis-Philippe Ruel en entrevue au Vingt55.

Le porte-parole de la Sûreté du Québec précise qu’il est essentiel de choisir un trajet adapté et de respecter le Code de la sécurité routière, peu importe le moyen de déplacement utilisé. Il rappelle également que le port des équipements de sécurité exigés pour chaque type de véhicule demeure une responsabilité importante des usagers.

Enfin, le sergent Ruel souligne que les conducteurs de fauteuils roulants motorisés, de triporteurs, de quadriporteurs et de tout autre véhicule motorisé sont eux aussi assujettis au Code de la sécurité routière. Ils ne peuvent notamment circuler avec les facultés affaiblies par l’alcool ou la drogue, les mêmes règles s’appliquant à eux qu’à tout autre conducteur.

« Peu importe le moyen de transport utilisé, le respect du Code de la sécurité routière et le choix d’un itinéraire sécuritaire demeurent les meilleures façons de prévenir les accidents », conclut le sergent Louis-Philippe Ruel.

Du côté de plusieurs citoyens et automobilistes, les commentaires publiés sur les réseaux sociaux à la suite de cet incident démontrent que ce type de situation suscite de nombreuses réactions.

En effet comme la constaté le Vingt55, plusieurs estiment que l’utilisation grandissante des véhicules à assistance électrique, tels que les quadriporteurs, les vélos à assistance électrique et les trottinettes électriques, devrait faire l’objet d’une meilleure sensibilisation ainsi que d’un encadrement plus strict afin d’assurer une cohabitation sécuritaire avec les autres usagers de la route.

Certains internautes jugent que la réglementation actuelle n’est pas appliquée avec suffisamment de rigueur. Ils affirment observer régulièrement, notamment au centre-ville de Drummondville, des trottinettes électriques et des vélos à assistance électrique brûler des panneaux d’arrêt, circuler à vive allure ou encore emprunter la promenade Rivia à des vitesses qu’ils jugent excessives. « Faudra-t-il attendre un accident grave ou des blessures sérieuses avant de voir la Ville resserrer la réglementation ou les policiers émettre davantage de constats d’infraction? », s’interrogent notamment plusieurs citoyens et automobilistes ou piétons, qui disent devoir composer avec un nombre grandissant de véhicules électriques sur le réseau routier.

D’autres soutiennent toutefois que les utilisateurs de ces véhicules devraient privilégier les voies cyclables ou les infrastructures qui leur sont destinées lorsque celles-ci sont disponibles, afin de limiter les risques et de favoriser une cohabitation plus harmonieuse avec la circulation automobile.

Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
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