DRUMMONDVILLE
Comme tout palmarès du genre, l’indice du bonheur offre toutefois une photographie précise de cette perception à un moment donné, alors que les réalités sociales, économiques et communautaires qui façonnent la qualité de vie d’une population sont beaucoup plus larges et ne peuvent être entièrement résumées par un seul sondage.
Le 12e palmarès Léger des villes du bonheur, dévoilé samedi 22 août par le Journal de Montréal, évalue 85 villes québécoises, et Drummondville gagne quelques positons sur le dernier sondage et se classe maintenant au 22e rang du plus récent palmarès des villes du bonheur publié par le Journal de Montréal à partir d’un sondage Léger.
Un résultat qui place la ville dans la première moitié des 85 municipalités évaluées et qui rappelle également une période où Drummondville avait atteint les sommets du classement : en 2007, sous l’administration de Francine Ruest Jutras, la ville s’était hissée au troisième rang au Québec.
Le résultat de Drummondville prend ainsi une dimension favorable puisque l’indice ne repose pas sur un seul aspect de la vie quotidienne, Léger tient compte d’un ensemble de 25 critères touchant notamment la santé, le travail, les relations personnelles, la situation financière, l’environnement et la liberté. Le 22e rang traduit donc une appréciation globalement positive du niveau de bonheur exprimé par les Drummondvillois ayant participé au sondage.
Le classement permet surtout de prendre une photographie de la perception qu’ont les citoyens de leur propre niveau de bonheur. Une mesure qui doit toutefois être interprétée avec prudence et qui peut faire l’objet de différentes lectures, puisqu’elle repose sur le niveau de bonheur déclaré par les répondants et ne constitue pas à elle seule un portrait complet de la qualité de vie d’une municipalité.
Le troisième rang de 2007 demeure un sommet historique
Pour Drummondville, un retour dans les archives permet de mesurer le chemin parcouru. En 2007, Drummondville avait créé une certaine surprise en se classant troisième au Québec, derrière Repentigny et Rouyn-Noranda, lors de la première édition du palmarès. La ville était alors dirigée par Francine Ruest Jutras, qui occupait la mairie depuis 1987. Elle était donc déjà à la tête de Drummondville depuis environ 20 ans lorsque la ville est montée sur le podium.
Cette performance ne s’était d’ailleurs pas limitée à une seule photographie annuelle, comme a pu le constater le Vingt55 en retraçant les différents classements publiés au fil des années. Dans le classement cumulatif couvrant 2006 à 2009, Drummondville demeurait parmi les premières villes du Québec, occupant le 5e rang avec un indice moyen de 78,5.
Une ville qui a beaucoup changé en près de 20 ans
Comparer directement Drummondville de 2007 à celle de 2026 comporte évidemment ses limites et nécessite certaines nuances importantes . La ville s’est développée, sa population a augmenté et son portrait économique et social s’est considérablement transformé, comme le constate régulièrement le Vingt55 dans sa couverture de l’actualité locale depuis bientôt dix ans.
Et si le nouveau classement du bonheur présente un indicateur favorable, d’autres données récentes dressent un portrait plus contrasté de certaines réalités drummondvilloises.
Selon des données de la SCHL reprises dans une analyse du Vingt55, le loyer moyen d’un appartement de deux chambres atteignait 1 045 $ en 2025, en hausse de 17,7 % en un an, tandis que le taux d’inoccupation du marché locatif primaire se situait à seulement 1,8 %. L’itinérance et la précarité sont également devenues plus visibles. Des intervenants de première ligne rencontrés par le Vingt55 ont notamment fait état d’une demande croissante et d’un manque de logements permettant aux personnes en situation d’itinérance d’accéder durablement à un toit.
À cela s’ajoutent les enjeux de sécurité publique et de criminalité documentés au cours des dernières années. Ces réalités ne contredisent toutefois pas nécessairement le palmarès du bonheur, elles mesurent des phénomènes différents et peuvent coexister avec un niveau élevé de satisfaction ou de bonheur déclaré par une population.
Des organismes confrontés à une demande grandissante, à Drummondville, le Vingt55 constate également une pression importante sur plusieurs ressources communautaires.
La situation du Comptoir alimentaire Drummond, confronté à d’importants défis concernant ses installations et sa relocalisation, en constitue un exemple. Les besoins observés auprès d’organismes comme La Piaule et L’Ensoleilvent offrent également un autre regard sur les enjeux d’itinérance, de précarité et de vulnérabilité vécus par une partie de la population.
Les besoins importants qui se dessinent cette fois du côté du Comptoir de la Tablée populaire, démontrent également les défis auxquels font face les organismes communautaires de la MRC de Drummond. Un changement de garde devrait d’ailleurs être annoncé au cours des prochains jours par la directrice générale de la Fondation de la Tablée populaire, Rachel Bissonnette. Il ne s’agirait toutefois que de l’un des changements à venir au sein de l’organisme, qui fait actuellement face à d’importantes transformations, selon les informations obtenues par le Vingt55.
Ces réalités doivent cependant demeurer en filigrane lorsqu’il est question du palmarès du bonheur. Du podium au 22e rang, le palmarès 2026 permet finalement de remettre en perspective près de deux décennies d’évolution.
Près de 20 ans plus tard lors de la parution du premier sondage Leger, Drummondville est devenue une ville plus populeuse et fait face à de nouvelles réalités économiques et sociales. Le coût de la vie, le logement, la sécurité, l’accès aux services, la vitalité économique et la situation de l’emploi sont autant de facteurs susceptibles d’influencer, directement ou indirectement, la perception qu’ont les citoyens de leur qualité de vie.
Dans un contexte économique également marqué par les incertitudes entourant les relations commerciales avec les États-Unis, la vitalité et la résilience économiques demeurent des facteurs importants pour une ville et une région manufacturière comme Drummondville. Le 22e rang obtenu en 2026 constitue donc un indicateur du moins plus favorable pour Drummondville, que les derniers bilans tout en rappelant qu’un palmarès du bonheur représente un portrait à un moment précis. Et sur le plan historique, le troisième rang décroché en 2007 demeure, près de deux décennies plus tard, le sommet à inégalé






