VILLE / RÉGION
Le transport d’une pale d’éolienne Vestas sur l’autoroute 55 @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Le collectif PCENY rappelle que la MRC de Nicolet-Yamaska avait adopté, le 18 juin dernier, une résolution demandant officiellement à Hydro-Québec de se prononcer sur la nécessité d’établir des zones d’accès restreint autour des éoliennes. Selon le regroupement, cette demande faisait suite à plusieurs démarches entreprises au cours des trois dernières années.
Le collectif affirme toutefois que les représentants d’Hydro-Québec présents à la rencontre ne semblaient pas avoir été informés de cette résolution et qu’aucune position précise n’a été communiquée à ce sujet. Les préoccupations portent principalement sur les distances de sécurité entourant les éoliennes de grande puissance. Selon le PCENY, les dimensions des modèles envisagés dans la région pourraient entraîner des périmètres de précaution dépassant 400 mètres, notamment en raison des risques de projection de glace ou de débris en cas d’incident.
Le transport d’une imposante pale d’éolienne Vestas, aperçu par le Vingt55 sur l’autoroute 55, près de Saint-Célestin la semaine dernière, illustre les dimensions des équipements utilisés dans cette filière énergétique.
La taille de ces installations et les distances de sécurité à respecter autour des éoliennes figurent notamment parmi les préoccupations soulevées par le collectif Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska.
Le regroupement cite les recommandations du fabricant Vestas, qui prévoient certaines consignes de sécurité à proximité des installations en fonctionnement. Il souligne également que la réglementation de la MRC permettrait qu’une pale d’éolienne se trouve à seulement 1,5 mètre de la limite d’un terrain voisin, soulevant des questions quant aux risques potentiels pour les propriétaires concernés.
Janie Vachon-Robillard, conseillère municipale à Saint-Léonard-d’Aston et porte-parole du collectif, affirme avoir été invitée à demander aux promoteurs des études indépendantes afin d’évaluer les risques.
« Si nous disons oui à un projet éolien, nos municipalités seront les co-développeurs de ce projet. Il me semble qu’Hydro-Québec nous laisse une lourde responsabilité sur les bras », souligne-t-elle.
Marc Lapointe, ingénieur retraité d’Hydro-Québec et résident de Nicolet, estime pour sa part que la société d’État possède l’expertise nécessaire pour établir des critères d’implantation plus précis en milieu habité. Michel Veilleux, de Sainte-Monique, considère également qu’Hydro-Québec devrait imposer davantage d’exigences aux promoteurs dès les appels d’offres.
Les membres du collectif avaient d’ailleurs installé un kiosque à l’extérieur du centre communautaire afin de présenter leurs préoccupations concernant la sécurité publique et les conséquences possibles des projets sur les propriétés voisines.
Sollicitée par le Vingt55, Hydro-Québec a réagi aux préoccupations soulevées et précisé les responsabilités entourant l’implantation des projets éoliens.
Questionnée par le Vingt55 Paule Veilleux-Turcotte,Veilleux-Turcotte mentionner qu’une soixantaine de citoyens avaient pu échanger avec une vingtaine d’experts d’Hydro-Québec et de la Santé publique lors de la rencontre du 15 octobre. La porte parole rappelle également qu’une première rencontre avait réuni près de 100 élus et membres des directions générales municipales le 7 octobre.
« Nos équipes ont pris le temps de répondre directement aux questions des participants et ont poursuivi les discussions au-delà de l’heure prévue lors de la rencontre publique afin que chacun puisse échanger avec les spécialistes présents. Le fait que le contenu d’une réponse ne satisfasse pas tous les participants ne signifie pas que l’information pertinente n’a pas été fournie », précise Veilleux-Turcotte
« Les consignes contenues dans les guides d’exploitation visent des contextes précis, notamment certaines situations opérationnelles ou d’urgence. Elles ne constituent pas une règle d’aménagement du territoire », souligne Veilleux-Turcotte
Hydro-Québec précise de son coté que l’implantation des éoliennes fait l’objet d’études d’impact sur l’environnement et d’analyses adaptées aux caractéristiques de chaque site, notamment les conditions météorologiques et les mesures d’atténuation disponibles.
Selon la porte-parole d’Hydro-Québec, les municipalités et les MRC doivent établir un encadrement adapté à leur territoire, tandis que les promoteurs ont la responsabilité de démontrer que leurs projets respectent la réglementation et les exigences de sécurité applicables. Hydro-Québec rappelle enfin que 45 parcs éoliens sont actuellement en activité au Québec, dans différents milieux agricoles, forestiers et habités.
Des préoccupations qui demeurent
En contrepartie, le PCENY maintient que les réponses obtenues ne dissipent pas entièrement les préoccupations concernant les distances de sécurité et les responsabilités des municipalités et des promoteurs.
Le dossier continue de soulève ainsi des questions sur l’encadrement des futurs projets éoliens, un enjeu également d’actualité dans d’autres territoires du Centre-du-Québec, notamment dans la MRC de Drummond, où les municipalités étudient les possibilités de participation au développement de cette filière énergétique.

Le transport d’une imposante pale d’éolienne Vestas, sur l’autoroute 55 @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.














