Le communautaire à boutte interpelle le nouveau ministre : les organismes réclament des investissements et des engagements concrets

Le communautaire à boutte interpelle le nouveau ministre : les organismes réclament des investissements et des engagements concrets

Centre-du-Québec

Le mouvement Le communautaire à boutte interpelle le nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon et réclame des mesures financières immédiates pour soutenir les organismes communautaires du Québec. Alors que plusieurs organismes de Drummondville et du Centre-du-Québec sont également confrontés à une augmentation des besoins et à des ressources limitées, le regroupement demande au nouveau ministre responsable de l’Action communautaire, Alain Therrien, de passer rapidement de la parole aux actes.

Le communautaire à boutte interpelle le nouveau ministre @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Comme a pu le constater le Vingt55 sur le terrain à Drummondville, les préoccupations soulevées par le mouvement trouvent écho auprès de nombreux organismes communautaires de la région. Plusieurs d’entre eux appuient les revendications du regroupement, qui dénonce depuis plusieurs mois le sous-financement chronique du secteur, la précarité des conditions de travail et les difficultés croissantes à répondre aux besoins de la population.

Dans une déclaration publiée le 23 octobre, le mouvement Le communautaire à boutte félicite le nouveau ministre pour sa nomination, tout en l’invitant à faire de son mandat un véritable tournant dans les relations entre Québec et les organismes communautaires.

Selon le regroupement, le milieu communautaire constitue une richesse collective essentielle au maintien du filet social québécois. Cette contribution, développée au fil de décennies d’engagement et de mobilisation citoyenne, serait toutefois fragilisée par le manque de financement et l’augmentation constante des demandes d’aide.

Cinq rencontres promises pour trouver des solutions

Le mouvement rappelle l’engagement pris par le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon de tenir cinq rencontres officielles avec ses représentants et ceux du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA).

Ces échanges doivent permettre d’aborder les principales revendications du secteur, notamment l’amélioration des conditions de travail, un financement suffisant à la mission, la reconnaissance des organismes et la protection de leur autonomie.

Parmi les mesures réclamées figure la création d’un fonds d’urgence de 360 millions de dollars afin de soutenir rapidement les organismes en difficulté.

Le mouvement demande également une indexation annuelle du financement selon les coûts réels de fonctionnement, un plan de rattrapage financier permettant notamment d’améliorer les conditions salariales ainsi que des échéanciers précis pour la mise en œuvre des engagements gouvernementaux.

Une réalité qui touche également Drummondville et le Centre-du-Québec

À Drummondville comme ailleurs au Centre-du-Québec, les organismes communautaires occupent une place importante dans l’accompagnement des personnes vulnérables, l’aide alimentaire, la lutte contre l’itinérance, le soutien aux familles et l’intervention auprès de citoyens vivant différentes difficultés sociales.

Sur le terrain, le Vingt55 a notamment pu constater l’importance du travail accompli par ces organismes, dont plusieurs doivent composer avec des besoins grandissants et des ressources humaines et financières limitées.

Cette réalité régionale rejoint les préoccupations exprimées par Le communautaire à boutte, qui soutient que les organismes ne peuvent continuer à répondre à une demande croissante sans disposer des moyens nécessaires pour accomplir leur mission.

Alléger la bureaucratie ne suffira pas

Le mouvement accueille favorablement la volonté du nouveau ministre de simplifier les programmes de soutien et de réduire les exigences administratives imposées aux organismes.

Il prévient toutefois que cette démarche ne pourra remplacer les investissements financiers nécessaires à leur fonctionnement.

Le regroupement souligne également que la double responsabilité d’Alain Therrien, à titre de ministre responsable de l’Action communautaire et de président du Conseil du trésor, pourrait représenter une occasion de mieux intégrer les besoins du secteur aux décisions budgétaires du gouvernement.

Il insiste néanmoins pour que les responsabilités du ministre au Conseil du trésor ne relèguent pas les enjeux communautaires au second plan.

Une intensification des moyens de pression demeure possible

Le mouvement souhaite maintenant convenir rapidement avec le cabinet du ministre d’un calendrier pour la tenue des cinq rencontres promises.

« Le communautaire n’est pas une dépense à contenir. C’est une richesse collective dans laquelle il faut investir. Depuis des mois, nous sonnons l’alarme, nous nous mobilisons et nous proposons des solutions. Nous accueillons favorablement la possibilité d’un dialogue, mais nous attendons maintenant des décisions concrètes, des engagements financiers et des échéanciers clairs », affirme Caroline Chartier, co-porte-parole nationale du mouvement.

« Cette rencontre représente un premier pas encourageant. Nous avons senti une réelle ouverture de la part de nos nouveaux députés. Maintenant, nous souhaitons que cette écoute se traduise par des engagements concrets. Nous espérons notamment voir des avancées significatives lors de la mise à jour économique prévue en novembre », souligne Andréanne Tessier, coreprésentante de la cellule locale de Drummond du mouvement Le communautaire à boutte.

À l’occasion de la Semaine nationale de l’action communautaire autonome, plusieurs groupes ont poursuivi leurs activités de mobilisation partout au Québec et interpellé les nouveaux élus.

Le communautaire à boutte prévient finalement qu’une intensification rapide des moyens de pression demeure envisagée si la prochaine mise à jour économique du gouvernement ne prévoit pas de mesures répondant à l’urgence financière dénoncée par les organismes.

Pour le mouvement, l’arrivée d’un nouveau gouvernement représente une occasion de revoir durablement le financement du secteur communautaire, mais les prochaines décisions budgétaires seront déterminantes pour mesurer la portée réelle des engagements annoncés.

Le communautaire à boutte interpelle le nouveau ministre @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Rédaction Vingt 55
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