Conduite avec les capacités affaiblies : violente embardée sur le 10e Rang avec quatre jeunes à bord, un conducteur de 18 ans pourrait faire face à la justice

Conduite avec les capacités affaiblies : violente embardée sur le 10e Rang avec quatre jeunes à bord, un conducteur de 18 ans pourrait faire face à la justice
Conduite avec les capacités affaiblie : embardée sur le 10e Rang avec trois passagers @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Lefebvre / Drummondville

Une violente sortie de route survenue samedi matin à Lefebvre aurait pu avoir des conséquences tragiques pour les quatre jeunes occupants du véhicule. Alors qu’un des jeunes a dû être transporté à l’hôpital, la Sûreté du Québec enquête sur une possible conduite avec les capacités affaiblies. Un conducteur de 18 ans pourrait maintenant devoir répondre de ses gestes devant la justice, à la suite de cette embardée qui aurait pu coûter la vie aux quatre passagers qui l’accompagnaient.

Une violente sortie de route survenue samedi dernier, sur le 10e Rang, à Lefebvre, a mobilisé les policiers de la Sûreté du Québec. Un véhicule transportant quatre jeunes s’est retrouvé sur le toit à la suite d’une embardée. L’un des occupants, le conducteur qui présentait des signes de commotion cérébrale, a été transporté à l’hôpital. La conduite avec les capacités affaiblies fait partie des éléments examinés par les enquêteurs.

L’événement s’est produit samedi, peu avant 3 h. Selon les informations obtenues par le Vingt55 auprès de la Sûreté du Québec, ce sont des citoyens qui ont alerté les services d’urgence après avoir aperçu un véhicule renversé sur le toit, en bordure du 10e Rang.

À leur arrivée, les policiers ont rencontré cinq jeunes qui se trouvaient sur les lieux de l’accident.

Le sergent Louis-Philippe Ruel, porte-parole de la Sûreté du Québec, a confirmé au Vingt55 que l’intervention policière a donné lieu à des vérifications concernant une possible conduite avec les capacités affaiblies. L’un des jeunes, âgé de 18 ans, présentait notamment des signes pouvant s’apparenter à une commotion cérébrale. Il a été transporté vers un centre hospitalier afin de recevoir les soins nécessaires.

Selon les précisions obtenues auprès du corps policier, un prélèvement sanguin a également été effectué dans le cadre de l’enquête, compte tenu des observations faites par les policiers sur place.

Des accusations pourraient être déposées

La Sûreté du Québec précise qu’aucune accusation n’a été confirmée à ce stade de l’enquête. Le jeune homme soupçonné pourrait toutefois faire face à des accusations de conduite avec les capacités affaiblies, selon les résultats des analyses et les éléments recueillis par les enquêteurs. Rappelons que le jeune conducteur de 18 ans est soumis à la règle du zéro alcool au volant, conformément à la législation québécoise qui interdit à toute personne de moins de 22 ans de conduire avec de l’alcool dans l’organisme, qu’elle détienne un permis probatoire ou un permis de conduire régulier.

L’alcool au volant demeure une préoccupation

Cette nouvelle sortie de route survient alors que la conduite avec les capacités affaiblies demeure une réalité préoccupante à Drummondville, multipliant les interventions policières et les dossiers portés devant les tribunaux.

Encore cette semaine, plusieurs dossiers d’infractions liées à la conduite avec les capacités affaiblies figuraient au rôle du palais de justice, rappelant que l’alcool et les drogues au volant demeurent des enjeux importants de sécurité routière.

De son côté, la juge Marie-Josée Ménard, qui siège notamment à Drummondville, n’hésite pas à questionner régulièrement comme la constaté le Vingt55, les conducteurs qui comparaissent devant elle en matière d’alcool au volant. Au-delà de la sanction judiciaire, la magistrate cherche souvent à comprendre les raisons et les circonstances qui ont amené une personne à prendre le volant après avoir consommé.

L’honorable juge Ménard rappelle d’ailleurs régulièrement que les nombreuses campagnes de prévention contre l’alcool au volant ne semblent toujours pas rejoindre l’ensemble des conducteurs.

Lors d’une récente audience à laquelle assistait le Vingt55, une série de conducteurs ont défilé devant le tribunal, au cours d’une même journée, pour répondre des conséquences de leur décision de prendre le volant après avoir consommé de l’alcool. Des conséquences parfois moins tragiques, mais néanmoins importantes et graves.

« Que faut-il pour que le message passe? », questionne régulièrement la magistrate drummondvilloise devant la persistance des dossiers liés à l’alcool au volant.

La question de la responsabilité collective face à la conduite avec les capacités affaiblies refait surface

Comme lors de l’accident survenu sur le boulevard Mercure, à Drummondville, en 2010, où quatre adolescents avaient perdu la vie, ou encore lors d’un drame plus récent sur le chemin Hemming, où une passagère, Stéphanie Houle, avait également perdu la vie, la question de la responsabilité collective face à la conduite avec les capacités affaiblies demeure d’actualité. En entrevue au Vingt55, le coroner Yvon Garneau avait d’ailleurs mis en lumière cette responsabilité lors de son enquête sur le décès de Stéphanie Houle, une position qu’il maintient encore aujourd’hui.

Dans son rapport, il soulignait que plusieurs témoins avaient assisté à la consommation d’alcool du conducteur avant le drame, sans intervenir pour l’empêcher de prendre le volant.

Face à ce constat, le coroner insiste sur l’importance du signalement citoyen et recommande le déploiement de campagnes de sensibilisation visant à encourager la population à signaler rapidement aux autorités les conducteurs soupçonnés d’avoir les capacités affaiblies. Il rappelle que la lutte contre l’alcool au volant ne repose pas uniquement sur les interventions policières, mais également sur la vigilance et la responsabilité des proches, des témoins et de l’ensemble de la population.

Dans le dossier de Lefebvre, les enquêteurs devront notamment attendre les résultats des analyses sanguines et compléter leurs vérifications avant de déterminer si des accusations seront soumises au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Les conséquences de telles infractions peuvent être lourdes, tant sur le plan judiciaire que pour la sécurité des occupants d’un véhicule et des autres usagers de la route.

Les passagers ont également un rôle important à jouer, notamment en refusant de monter à bord d’un véhicule conduit par une personne dont les facultés sont affaiblies par l’alcool ou la drogue. Même s’ils ne sont pas responsables des gestes du conducteur, ils s’exposent aux mêmes conséquences lors d’une collision. En acceptant de prendre place dans un tel véhicule, ils confient aussi leur vie à celui qui tient le volant.

Cette responsabilité morale concerne également les proches, les amis ou les témoins qui laissent une personne prendre le volant sans s’assurer de sa capacité à conduire de façon sécuritaire. Un message qui, comme le constate le Vingt55, est moins souvent mis de l’avant dans les campagnes de sensibilisation, mais qui demeure tout aussi important. Prévenir un drame peut aussi commencer par l’intervention d’un passager ou d’un proche, avant même que le véhicule ne prenne la route.

La Sûreté du Québec rappelle régulièrement que la conduite avec les capacités affaiblies, que ce soit par l’alcool ou la drogue, demeure l’une des principales préoccupations en matière de sécurité routière.

Éric Beaupré
RéDACTEUR_EN_CHEF
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