Conflit de travail à l’UQTR : les chargés de cours demandent l’intervention d’un médiateur

Conflit de travail à l’UQTR : les chargés de cours demandent l’intervention d’un médiateur
Conflit de travail à l’UQTR : les chargés de cours demandent l’intervention d’un médiateur @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Drummondville / Centre-du-Québec

Ce mardi matin, dénonçant ce qu’il considère comme un manque de volonté de la partie patronale de faire progresser les discussions, le Syndicat des chargés de cours de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a annoncé la rupture des négociations visant le renouvellement de sa convention collective et demandé l’intervention d’un médiateur-conciliateur du ministère du Travail du Québec. Cette décision concerne notamment les chargés de cours du campus de Drummondville, également touchés par cette impasse entre le syndicat et la direction universitaire.

Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Après plus de 19 mois de pourparlers sans entente, le Syndicat des chargés de cours de l’UQTR (SCCUQTR) a annoncé, ce mardi 20 octobre, avoir mis fin aux discussions et demandé l’intervention d’un médiateur-conciliateur du ministère du Travail du Québec.

Cette décision concerne quelque 1 100 membres du syndicat répartis dans les différents établissements de l’UQTR, dont celui de Drummondville. Environ 800 d’entre eux enseignent au cours d’une année scolaire donnée.

Selon les informations obtenues par le Vingt55 et communiquées par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), les négociations visant le renouvellement de la convention collective ont débuté en mars 2025. La précédente entente est échue depuis le 30 avril 2025. Le syndicat dénonce aujourd’hui ce qu’il considère comme un manque de volonté de la direction universitaire de faire progresser les discussions. Il affirme avoir présenté l’ensemble de ses demandes normatives depuis plusieurs mois, sans avoir obtenu de réponses sur plusieurs points.

Selon le SCCUQTR, les discussions seraient pratiquement paralysées depuis juin dernier. Après une interruption de trois mois durant la période estivale, quelques rencontres ont eu lieu, mais le syndicat estime que les échanges n’ont pas permis de progrès significatifs.

La présidente du syndicat, Lucie Lorrain, reproche notamment à la partie patronale de maintenir certaines demandes qui, selon elle, pourraient entraîner un recul des conditions de travail de plus de 20 ans.

« Plus rien n’avance depuis juin 2026. Après un arrêt de trois mois pendant la saison estivale, quelques rencontres ont eu lieu et un membre influent du comité patronal est presque systématiquement absent. Malheureusement, cela illustre le peu d’importance que l’UQTR accorde à ses chargés de cours. Nos membres méritent mieux que des délais, des silences et des demandes qui font reculer leurs conditions de travail. Ils ont droit à une négociation sérieuse, respectueuse et menée avec une réelle volonté de parvenir à une entente », déplore Lucie Lorrain.

Le campus de Drummondville également concerné

La situation touche directement le réseau universitaire de l’UQTR, qui comprend notamment le campus de Drummondville, en plus de ceux de Trois-Rivières, Québec, L’Assomption, Longueuil, Joliette et Terrebonne. Les chargés de cours occupent une place importante dans l’enseignement universitaire. Selon les données avancées par le syndicat, ils assurent plus de 65 % des cours offerts par l’établissement.

Le SCCUQTR souligne également la précarité professionnelle de plusieurs de ses membres, dont 40 % occupent un autre emploi parallèlement à leurs activités d’enseignement.

Pour le campus de Drummondville, comme pour les autres établissements de l’UQTR, la rupture des négociations soulève des questions quant à l’évolution des relations de travail et aux conséquences éventuelles sur les activités universitaires.

Aucune interruption des cours ni aucun moyen de pression particulier n’ont toutefois été annoncés dans le communiqué syndical du 20 octobre. La demande de médiation constitue, à cette étape, une démarche visant à relancer les discussions entre les parties.

Le syndicat évoque des conséquences possibles sur les étudiants

La présidente du SCCUQTR rappelle que les chargés de cours jouent un rôle essentiel dans le cheminement universitaire des étudiants et dans leur accès à la diplomation.

« La direction de l’UQTR semble oublier que sans chargés de cours, la diplomation d’un nombre important d’étudiants est grandement compromise. Sans nous, il n’y pas de cours, pas d’examens, pas de diplômes, c’est aussi simple que cela », affirme Lucie Lorrain.

Ces propos traduisent les inquiétudes exprimées par le syndicat, sans toutefois signifier qu’une interruption des activités d’enseignement est actuellement prévue.

Devant l’impasse dénoncée, le syndicat souhaite maintenant obtenir l’intervention d’un médiateur-conciliateur du ministère du Travail afin de favoriser une reprise des discussions et de rapprocher les positions des deux parties.

Le SCCUQTR, section locale 2661 du SCFP, représente les chargés de cours de l’ensemble des campus de l’UQTR. À l’échelle provinciale, le SCFP compte environ 143 000 membres, dont près de 11 350 dans le secteur universitaire.

Pour le moment, les reproches formulés à l’endroit de la direction de l’UQTR proviennent du syndicat. La position officielle de l’administration universitaire concernant cette rupture des négociations n’est pas précisée dans le communiqué transmis mardi.

La suite du dossier dépendra notamment de l’intervention du ministère du Travail et de la possibilité de ramener les deux parties à la table des négociations. Une situation qui concerne également les chargés de cours et les étudiants du campus de Drummondville.

Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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