Drummondville
Un peu plus de 150 personnes se sont présentées au Centrexpo Promutuel Assurance pour prendre part à la consultation publique consacrée à l’avenir du centre-ville de Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
La rencontre citoyenne, tenue au Centrexpo Promutuel Assurance, constituait la quatrième et dernière étape de consultation publique du Chantier centre-ville, une démarche entreprise par la Ville de Drummondville afin de définir une vision stratégique concertée qui permettra d’orienter les investissements, les projets et les interventions au cours des prochaines années.
Plutôt qu’une consultation traditionnelle où les citoyens prennent la parole à tour de rôle devant un micro, la Ville avait privilégié une formule participative. Les participants pouvaient circuler librement entre six stations thématiques, échanger directement avec les équipes municipales et faire connaître leurs préoccupations, leurs attentes et leurs propositions.
Sur place, le Vingt55 a constaté une participation soutenue aux différentes stations tout au long de la soirée. Un peu plus de 150 personnes ont franchi les portes du Centrexpo Promutuel Assurance et participé activement à l’exercice de consultation.
Les participants étaient invités à se prononcer sur six grands thèmes, la mobilité, les stationnements et les déplacements; la sécurité, la propreté et l’entretien; la vitalité économique; la croissance et le milieu de vie; l’animation culturelle et événementielle; ainsi que l’aménagement du centre-ville.
Dans son discours d’ouverture, la Ville a rappelé que Drummondville n’est pas seule à réfléchir à l’avenir de son centre-ville. Plusieurs villes de taille moyenne, au Québec comme ailleurs au Canada et aux États-Unis, doivent revoir la vocation de leur cœur urbain devant l’évolution des habitudes de consommation, des modes de déplacement et de la façon dont les citoyens occupent les espaces publics.
La présentation a également mis de l’avant plusieurs conditions considérées comme favorables à la vitalité d’un centre-ville : une économie locale forte, une diversité commerciale et une offre de restauration attrayante, des espaces publics de qualité, une accessibilité permettant plusieurs modes de déplacement, une identité distinctive et, finalement, une stratégie de développement claire accompagnée d’actions concrètes.
Les citoyens étaient donc appelés non seulement à identifier les irritants, mais également à proposer ce qu’ils souhaitent retrouver au centre-ville dans les prochaines années. « Peut-être que ce sera votre idée qui va ressortir et vous allez en être très fier », a-t-on lancé aux participants en ouverture de la soirée, en présentant la démarche comme un projet collectif.
En entrevue avec le Vingt55, le directeur général de la Ville de Drummondville, Francis Adam, a rappelé que la démarche avait d’abord commencé par un sondage grand public mené au début de l’été.
« On a fait un sondage grand public au mois de juin et juillet avec plus de 900 répondants », explique-t-il.
La Ville a ensuite lancé un appel à contributions écrites afin de permettre aux citoyens, organismes, promoteurs immobiliers et autres acteurs du milieu de présenter leurs idées de façon plus détaillée. « On ne voulait pas des thèses de doctorat. On voulait surtout que les gens nous partagent des idées réfléchies », précise Francis Adam.
Selon le directeur général, environ 52 contributions écrites avaient été reçues au moment de la consultation de jeudi soir, provenant de différentes sphères de la communauté.
Plus de 700 jeunes également consultés
La Ville avait toutefois constaté que les jeunes avaient été moins nombreux à participer au premier sondage. Elle a donc décidé d’adapter sa démarche afin d’aller chercher directement leur point de vue, notamment avec la collaboration des établissements d’enseignement.
« La classe des jeunes avait moins participé. On s’est donc associés avec les institutions scolaires et on a élaboré un sondage plus adapté pour nos jeunes étudiants », explique Francis Adam en entrevue au Vingt55.
Selon les données avancées jeudi soir, plus de 700 réponses avaient déjà été recueillies auprès des jeunes. Cette participation était également visible au Centrexpo, où une trentaine d’étudiants du cégep avaient répondu à l’invitation et pris part aux différentes stations.
« L’événement de ce soir, c’est la quatrième et dernière étape des consultations. C’est vraiment une page blanche. On veut entendre les gens, leurs préoccupations, leurs attentes et leurs idées », souligne le directeur général.
Même si l’ensemble des commentaires devra être analysé avant de tirer des conclusions, certains sujets revenaient déjà dans les discussions.
« L’accessibilité au centre-ville, les enjeux de stationnement, on en a beaucoup entendu parler jusqu’à maintenant », constate Francis Adam. La sécurité, la propreté et le sentiment de bien-être au centre-ville font également partie des préoccupations exprimées.
« Il y a des gens qui, le soir, vont moins se promener seuls. Est-ce que c’est à tort ou à raison? Est-ce que c’est une perception ou la réalité? C’est une autre histoire, mais la sécurité et la propreté du centre-ville font partie des enjeux », explique-t-il.
Francis Adam a notamment fait référence aux initiatives réalisées au cours de la dernière année en matière de propreté, dont un projet impliquant des personnes en situation d’itinérance dans l’entretien de certains secteurs du centre-ville.
Selon lui, cette initiative a permis non seulement d’améliorer la propreté de certains endroits, mais également de responsabiliser des participants qui peuvent ensuite agir comme relais auprès d’autres personnes fréquentant le secteur.
Les anciennes idées ne sont pas écartées
La démarche actuelle ne signifie pas non plus que toutes les réflexions et tous les projets imaginés précédemment pour le centre-ville sont abandonnés.
Les participants pouvaient d’ailleurs voir, à la station consacrée aux aménagements, certaines idées déjà développées par la Ville, tout en découvrant des exemples provenant d’autres centres-villes.
La place Saint-Frédéric figure notamment parmi les secteurs ayant déjà fait l’objet de réflexions. « Ce n’est pas perdu. Peut-être qu’on va le faire intégralement, peut-être que ça va être différent, mais ce n’est pas perdu », précise Francis Adam.
L’objectif consiste maintenant à déterminer si les idées déjà envisagées correspondent toujours aux attentes de la population ou si elles doivent être modifiées.
Les résultats dévoilés cet automne
Avec la rencontre de jeudi soir, la phase de consultation publique arrive maintenant à son terme.
La Ville doit regrouper les réponses aux différents sondages, les contributions écrites et les commentaires recueillis aux six stations afin d’en dégager les principales tendances. « On va tout regrouper l’information qu’on a reçue, en faire une synthèse, puis alimenter les membres du chantier avec ça », indique Francis Adam.
Les résultats de la consultation devraient être présentés au cours de l’automne. Cette synthèse servira ensuite à alimenter les travaux qui mèneront au futur plan directeur du centre-ville.
« On ne consulte pas pour rien », assure Jean-François Houle
Une fois les citoyens entendus, reste maintenant à savoir comment leurs idées se traduiront en décisions et, éventuellement, en projets concrets.
En entrevue avec le Vingt55, le maire de Drummondville, Jean-François Houle, s’est montré satisfait de la réponse des citoyens et du déroulement de la soirée.
« En apparence, les choses se sont passées aussi bien, sinon mieux, qu’on aurait pu le penser », indique-t-il, tout en précisant qu’un bilan plus complet de l’exercice devra être réalisé.
Le maire reconnaît toutefois qu’un défi important attend maintenant son administration : démontrer que cette consultation entraînera réellement des suites. Certains citoyens lui ont d’ailleurs fait part d’un certain scepticisme, ayant déjà participé dans le passé à des exercices semblables sans nécessairement constater les changements qu’ils espéraient.
« J’ai rencontré des gens qui m’ont dit que c’était le jour de la marmotte pour eux. Ils ont eu, dans le passé, des rencontres qui pouvaient ressembler un petit peu à ça et les gens considéraient que les choses n’avaient pas beaucoup évolué depuis ce temps-là », reconnaît Jean-François Houle.
Le maire estime que cette perception impose maintenant une responsabilité supplémentaire à la Ville. « Alors, ça va être notre fardeau de faire la démonstration qu’on ne consulte pas pour rien et qu’on va arriver avec un plan directeur qui va être intéressant », ajoute-t-il.
Un plan directeur attendu au début de 2027
Contrairement à certaines démarches antérieures réalisées plus tard dans un mandat municipal, Jean-François Houle estime que la Ville dispose cette fois de davantage de temps pour mettre en œuvre les orientations qui seront retenues. « Il faut attacher les projets comme il faut », résume-t-il.
Selon le maire, le plan directeur du centre-ville devrait être disponible au début de 2027, possiblement dès les premiers mois de l’année. « Au début de l’année 2027, on devrait avoir le plan directeur. On va avoir un portrait et on va savoir », précise-t-il.
Viendra ensuite une autre étape déterminante : trouver les sommes nécessaires pour transformer les orientations retenues en projets concrets.
Le financement, prochaine grande question
La question du financement demeure toutefois entière. La Ville entend explorer différentes avenues pour concrétiser les projets qui découleront du futur plan directeur, notamment les programmes d’aide des gouvernements provincial et fédéral ainsi que la participation éventuelle d’investisseurs privés.
Questionné par le Vingt55 sur l’ampleur des sommes qui pourraient être nécessaires à la réalisation de cette future vision du centre-ville, le maire Jean-François Houle souligne qu’aucun scénario de financement n’est écarté pour le moment.
« Toutes ces réponses sont bonnes. Là où il y a de l’argent, on va le prendre », affirme-t-il.vLe maire croit également que la Ville doit créer un environnement suffisamment attrayant pour inciter les investisseurs privés à miser à leur tour sur le centre-ville. « Si on crée au centre-ville des conditions intéressantes pour faire des affaires et que les gens convergent vers le centre-ville, il y a du monde qui va vouloir investir », estime-t-il.
L’administration municipale dispose maintenant d’une quantité importante d’informations à analyser : plus de 900 réponses au premier sondage, plus de 700 réponses provenant des jeunes, une cinquantaine de contributions écrites et les commentaires recueillis auprès des quelque 150 participants présents jeudi soir.
Le défi sera désormais de transformer cette matière en une vision commune, puis en interventions concrètes.
Pour les citoyens qui craignent de voir cette nouvelle démarche rejoindre les consultations précédentes sur une tablette, le maire reconnaît que la démonstration reste à faire. « Ça va être notre fardeau de faire la démonstration qu’on ne consulte pas pour rien. »

Un peu plus de 150 personnes se sont présentées au Centrexpo Promutuel Assurance pour prendre part à la consultation publique consacrée à l’avenir du centre-ville de Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.




































