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Crise du logement, manque de soins, soutien insuffisant : l’AREQ souligne l’urgence et la précarité des conditions de vie des personnes retraitées

Crise du logement, manque de soins, soutien insuffisant : l’AREQ souligne l’urgence et la précarité des conditions de vie des personnes retraitées
L’AREQ souligne l’urgence et la précarité des conditions de vie des personnes retraitées @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

L’AREQ a terminé aujourd’hui la quatrième et dernière étape de sa tournée régionale, un exercice qui aura permis de rencontrer et d’écouter des centaines de membres à travers le Québec. Le constat général est sans équivoque, les préoccupations liées au vieillissement sont largement partagées, mais elles se manifestent avec une intensité plus forte dans les grands centres urbains, où la croissance démographique, l’accès aux services et l’abordabilité représentent des défis particulièrement marqués.

« Nos membres nous ont exprimé des besoins pressants et très concrets. Que ce soit dans les régions en pleine croissance ou dans les centres urbains confrontés à des enjeux d’accessibilité et de coûts, les préoccupations convergent », souligne Micheline Germain, présidente de l’AREQ (CSQ).

Cette tournée s’inscrit dans la préparation du Congrès de juin 2026 et visait à recueillir les préoccupations régionales afin d’orienter les interventions futures de l’organisation auprès des décideurs publics. Trois priorités se démarquent nettement : le soutien à domicile, l’accès à un logement abordable et adapté, ainsi que l’accès à des soins de première ligne.

Soutien à domicile, un besoin qui se fait sentir à Drummondville et dans toutes les régions

Dans chacune des régions visitées, les membres ont fait état de défis persistants quant au soutien à domicile. Parmi les problèmes les plus rapportés figurent le manque de personnel, des visites trop courtes ou irrégulières, la difficulté d’obtenir des services dans certains secteurs et la pression croissante qui pèse sur les proches aidants. Dans les grands centres, s’ajoutent la fragmentation des services et le roulement élevé du personnel, deux facteurs qui nuisent à la continuité des soins.

« Les aînés veulent rester chez eux, mais ce souhait devient de plus en plus difficile à réaliser sans un virage réel, financé et cohérent en matière de soutien à domicile », rappelle Micheline Germain.

Logement, une crise qui touche durement les personnes retraitées

L’accès à un logement abordable et adapté constitue l’une des préoccupations majeures relevées au cours de la tournée. Dans les régions métropolitaines en particulier, la hausse des loyers, la rareté des logements adaptés et la qualité inégale du parc immobilier placent de nombreux retraités en situation de précarité. La fermeture de résidences privées pour aînés a aussi forcé des déplacements non désirés dans plusieurs communautés.

Selon les données compilées, près du quart des aînés au Québec vivent dans un logement jugé non acceptable, une réalité qui se détériore dans les secteurs où le coût de la vie est en forte hausse.

« L’enjeu du logement est devenu critique pour de nombreuses personnes retraitées. C’est une crise silencieuse qui doit être reconnue et traitée de front », insiste la présidente de l’AREQ.

Premier recours médical, des délais qui persistent

Les difficultés d’accès à un médecin ou à un rendez-vous de première ligne figurent également parmi les enjeux largement exprimés par les membres. Les délais d’attente prolongés, la saturation des cliniques et le manque de services en soirée ou le week-end sont au cœur des préoccupations, tant dans les centres urbains que dans les régions.

Ces constats récurrents témoignent d’un besoin pressant : renforcer la première ligne pour assurer un accès simple, stable et humain aux soins.

« Les aînés nous le répètent : ils veulent un accès stable et rapide à la première ligne. Ce n’est pas un luxe, c’est un besoin essentiel », rappelle Micheline Germain.

Le Québec se dirige vers un choc démographique important. Les projections annoncent une croissance rapide du nombre de personnes âgées de 75 ans et plus au cours des prochaines années, particulièrement dans les régions en expansion et dans les grands centres. Un tel contexte exige une planification rigoureuse, un engagement soutenu des différents paliers de gouvernement et des investissements conséquents dans les services aux aînés.

« Ces réalités ne sont pas abstraites. Elles doivent guider dès maintenant les décisions publiques. Si nous voulons que les personnes aînées vieillissent dans la dignité, il faut agir, et il faut agir ensemble », conclut Micheline Germain

Éric Beaupré
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