Drummondville

Le coroner Yvon Garneau privilégie la thèse d’un violent rebond @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Comme le rapportait le Vingt55 lors des malheureux événements survenus le 22 juin dernier, la Sûreté du Québec a dû faire appel à l’expertise du coroner Yvon Garneau afin de faire la lumière sur les circonstances et les causes du décès et de reconstituer le fil des événements. Selon les conclusions obtenues par le Vingt55, le coroner établit que Guy Chapdelaine, âgé de 70 ans, a perdu la vie accidentellement après avoir subi une profonde lacération au cou causée par la tronçonneuse qu’il manipulait.
En effet, selon le rapport d’investigation du coroner Garneau obtenu par le Vingt55, Guy Chapdelaine effectuait ce jour-là de petits travaux d’aménagement dans une remise située à l’arrière de son domicile. Habitué à manipuler une scie à chaîne, il devait couper de petites planches de bois afin de poursuivre ses travaux.
Le bruit de la tronçonneuse cesse brusquement à 17 h 28
Personne n’a été témoin de l’accident. L’enquête policière a toutefois permis d’en déterminer assez précisément le moment grâce à la caméra d’un voisin.
Celle-ci a enregistré le son de la tronçonneuse alors que M. Chapdelaine travaillait. À 17 h 28, le bruit de la scie cesse brusquement, un élément qui a permis aux enquêteurs de situer le moment où l’accident se serait produit.
Sa conjointe, qui se trouvait alors dans la maison, croyait qu’il avait simplement terminé de couper les planches pour s’occuper à autre chose. Ce n’est que plus tard, constatant qu’il ne revenait toujours pas et que l’heure avançait, qu’elle est sortie pour vérifier ce qu’il faisait.
Elle l’a finalement découvert au sol, sur le dos, derrière un cabanon. L’homme était ensanglanté et présentait une importante blessure au cou. Un appel au 911 a immédiatement été effectué.
Des manœuvres de réanimation jusqu’à l’hôpital
À leur arrivée, quelques minutes plus tard, les techniciens ambulanciers paramédics ont constaté que le septuagénaire ne respirait plus. Des manœuvres de réanimation ont aussitôt été entreprises et se sont poursuivies durant son transport vers l’Hôpital Sainte-Croix.
L’équipe médicale de l’urgence a poursuivi les efforts de réanimation, mais ceux-ci se sont révélés vains. Le décès de Guy Chapdelaine a finalement été constaté à 21 h 44. Les policiers avaient également été dépêchés sur les lieux et avaient entrepris une enquête afin d’établir les circonstances de l’événement.
Le coroner Yvon Garneau privilégie la thèse d’un violent rebond @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Un violent rebond de la tronçonneuse privilégié
L’examen externe a permis d’établir que M. Chapdelaine avait subi un important traumatisme au cou, soit une lacération causée par la tronçonneuse qu’il manipulait. Aucune autre lésion susceptible d’expliquer son décès n’a été constatée.
Dans son analyse, le coroner privilégie le scénario d’un rebond de la tronçonneuse, communément appelé kickback. Ce phénomène correspond à un mouvement de recul soudain et violent de l’outil lorsque la chaîne en mouvement est brusquement freinée.
Selon le scénario retenu dans le rapport, ce rebond aurait fait revenir la tronçonneuse vers M. Chapdelaine, atteignant sa gorge.
Le septuagénaire faisait par ailleurs l’objet d’un suivi médical pour un tremblement essentiel. Le coroner précise toutefois que son investigation ne permet pas d’établir de lien entre ce trouble, la manipulation de la tronçonneuse et la blessure mortelle.
Les analyses toxicologiques n’ont révélé aucune substance dans les limites des méthodes utilisées, et aucun alcool n’a été détecté dans le sang.
L’intervention d’un tiers écartée
L’enquête policière et l’investigation du coroner ont également permis d’écarter l’intervention d’une autre personne dans le décès.
En entrevue au Vingt55, le coroner Yvon Garneau rappelle l’importance de la prudence lors de l’utilisation d’une scie à chaîne.
« Ce genre de drame nous rappelle que la scie à chaîne est un outil d’une puissance importante et qui requiert une vigilance absolue. Par ailleurs, même pour des travaux domestiques sur un terrain privé, les règles de sécurité et le port de vêtements de protection anti-coupure devraient être appliqués avec la même rigueur que sur un chantier forestier professionnel », souligne le coroner Yvon Garneau en entrevue au Vingt55.
Le coroner Yvon Garneau conclut que Guy Chapdelaine est décédé d’une exsanguination provoquée par une profonde lacération au cou ayant atteint des artères et des veines, causée par la scie à chaîne qu’il manipulait.

Le coroner Yvon Garneau privilégie la thèse d’un violent rebond @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.






