DRUMMONDVILLE
Démission du ministre Dubé « aucun incidence pour le projet du nouvel hôpital régional de Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, M. Dubé explique sa décision en évoquant principalement les limites de l’entente conclue avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), qui, selon lui, maintient le statu quo en matière de gouvernance du réseau de la santé. Il reconnaît également des erreurs dans la conduite et la communication des négociations entourant la Loi 2, admettant qu’un climat de confrontation s’est installé et que certaines inquiétudes n’ont pas été suffisamment dissipées.
Estimant ne plus être la personne la mieux placée pour piloter la suite des réformes, il affirme agir par cohérence et dans l’intérêt des patients et du réseau, tout en poursuivant son mandat comme député indépendant.
Contacté par Le Vingt55, le député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, indique que la démission de Christian Dubé n’aura aucune incidence sur l’avancement du dossier du futur hôpital régional de Drummondville.
« Honnêtement, il est trop tôt pour déterminer s’il y aura des impacts, s’il y en a », a-t-il d’abord indiqué en entrevue. Il rappelle toutefois qu’un nouveau ministre de la Santé sera nommé prochainement et pourra se prononcer sur les dossiers en cours.
« Je ne connais pas tous les détails du départ de M. Dubé. C’est sa décision et il faut la respecter », ajoute le député.
Selon le député, un changement ministériel n’affectera pas l’avancement du dossier du nouvel hôpital de Drummondville.
Concernant spécifiquement le projet du nouvel hôpital, le député Sébastien Schneeberger se veut rassurant. « Aucun changement n’est prévu, précise-t-il, invité à commenter l’avancement du dossier. L’état d’avancement actuel dépasse la présence d’un ministre ou d’un autre. Le dossier est maintenant entre les mains de Santé Québec, et la décision reviendra au Conseil des ministres, puis ultimement au premier ministre François Legault », a indiqué le député en entrevue au Vingt55.

Christian Dubé a annoncé sa démission à titre de ministre de la Santé du Québec et son retrait du caucus de la Coalition avenir Québec @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, M. Dubé explique sa décision
Lettre aux Québécoises et Québécois
Chères Québécoises,
Chers Québécois,
J’ai pris la décision de démissionner de mes fonctions de ministre de la Santé. Je souhaite vous expliquer cette décision simplement, avec franchise et transparence.
Depuis que je suis en poste, nous avons traversé ensemble une pandémie qui nous a tous marqués et qui nous amenés à entreprendre une transformation profonde, toujours avec un seul objectif : améliorer l’accès aux soins de santé et de services sociaux. De la fin des agences de placement jusqu’à la création de Santé Québec, en passant par l’élargissement des professions, nous avons réalisé plusieurs engagements. Parmi ceux-ci figurait aussi celui de revoir le mode de rémunération des médecins. C’est dans cet esprit que la Loi 2 a été adoptée en octobre dernier, pour une meilleure prise en charge de toute la population.
Entente avec la FMOQ
Je suis satisfait que le gouvernement soit parvenu à conclure une entente avec les médecins de famille, sous réserve du vote final qui sera connu dans les prochaines heures. Cette entente comporte des avancées importantes, notamment l’engagement de prendre en charge 500 000 nouveaux patients d’ici juin 2026, dont plusieurs personnes vulnérables, ainsi que l’introduction d’un nouveau mode de rémunération. Ces gains sont réels pour les patients et il est important de les souligner.
Cela dit, je dois être honnête avec vous. Plusieurs éléments essentiels de la Loi 2 visaient aussi à moderniser la gouvernance du système de santé et à permettre au gouvernement et à Santé Québec d’exercer pleinement leur rôle de gestionnaire du réseau public. Or, l’entente conclue maintient sensiblement le statu quo sur les enjeux de gouvernance entre le gouvernement, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et les directeurs médicaux dans le réseau de la santé.
Une responsabilité partagée
Dans un contexte de négociations difficiles, je reconnais que nous avons commis des erreurs. Le ton adopté au début des discussions n’a pas toujours favorisé un échange constructif avec les médecins. Pendant plusieurs mois, les fédérations médicales ont, de leur côté, surtout travaillé à défendre leurs propres intérêts plutôt que d’aborder tous les enjeux touchant les patients et les médecins. Ensemble, ces dynamiques ont contribué à installer un climat de confrontation qui s’est malheureusement accentué au fil des mois.
Il est vrai que nous demandions des changements majeurs et complexes, et ce, dans un contexte budgétaire et de négociation difficiles. Notre objectif était d’arrimer la rémunération à l’atteinte de cibles concrètes, comme la prise en charge collective des Québécois, ainsi que d’améliorer l’efficacité du réseau de la santé et des groupes de médecine familiale (GMF).
Toutefois, nous n’avons pas toujours su vulgariser clairement les objectifs de la Loi 2, ni aux patients, ni aux médecins. La rémunération médicale est un sujet complexe et la diversité des pratiques exercées par les médecins de famille aurait nécessité davantage d’efforts pour illustrer concrètement les changements proposés et leur impact réel sur leur rémunération, une fois l’entente finalisée.
Finalement, des informations incomplètes et parfois inexactes ont circulé et ont alimenté des inquiétudes légitimes chez les médecins, dans les GMF et au sein de la population. Le climat dans le réseau s’en est trouvé fragilisé.
J’assume pleinement ma part de responsabilité face à cette situation.
Pour la suite des choses
Après mûre réflexion et dans un esprit de cohérence, de respect des institutions et de mes valeurs personnelles, je suis arrivé à la conclusion que je ne suis plus la bonne personne pour poursuivre ces discussions et piloter la réécriture de la Loi 2 exigée par l’entente avec la FMOQ. Dans les circonstances actuelles, c’est une décision difficile que je prends pour le bien des patients, des médecins et du réseau de la santé.
Je demeure fier du travail accompli et de toutes les transformations réalisées dans les dernières années pour améliorer notre réseau de la santé et je tiens à remercier toutes les équipes qui ont contribué à ces réalisations au bénéfice des patients.
Je continuerai de servir les citoyennes et les citoyens de La Prairie comme député indépendant, avec le même engagement et le même souci de l’intérêt public.
Je vous remercie pour toute la confiance que vous m’avez témoignée au cours des dernières années.
Sincèrement,
Christian Dubé
Député de La Prairie









