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Dépistage du cancer du sein : la Société canadienne du cancer dénonce l’exclusion des femmes de 40 à 44 ans

Dépistage du cancer du sein : la Société canadienne du cancer dénonce l’exclusion des femmes de 40 à 44 ans

DRUMMONDVILLE

La Société canadienne du cancer déplore la décision du gouvernement québécois d’abaisser l’âge d’entrée au Programme québécois de dépistage du cancer du sein à 45 ans seulement, laissant de côté les femmes de 40 à 44 ans malgré les données probantes.

La Société canadienne du cancer (SCC) a exprimé sa déception à la suite de la décision du gouvernement du Québec d’intégrer uniquement les femmes de 45 à 49 ans au Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS), tel que rapporté par Radio-Canada. L’organisme estime que cette mesure, bien qu’elle représente un pas dans la bonne direction, demeure insuffisante et maintient une partie importante de la population féminine à l’écart du dépistage systématique.

Le 29 septembre dernier, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) avait recommandé une intégration graduelle des femmes de 45 à 49 ans au programme. Cette recommandation était toutefois assortie de conditions, notamment la réduction du taux de rappel — plus élevé que la moyenne canadienne — ainsi que la modernisation du système informatique afin d’éviter une surcharge du réseau de la santé.

Or, la SCC rappelle qu’une femme sur huit recevra un diagnostic de cancer du sein au cours de sa vie et que 13 % des cas sont diagnostiqués chez des femmes âgées de 40 à 49 ans. Selon l’organisme, le dépistage devrait donc débuter dès l’âge de 40 ans afin d’améliorer les chances de survie et de permettre des interventions à un stade où les traitements sont les plus efficaces.

« Nous accueillons l’inclusion des femmes de 45 à 49 ans dans le programme comme un progrès en matière d’accès au dépistage du cancer du sein. Toutefois, nous invitons le gouvernement du Québec à proposer et adopter un plan concret pour rendre ce programme encore plus accessible et équitable », souligne David Raynaud, gestionnaire principal, Défense de l’intérêt public à la Société canadienne du cancer. Il ajoute qu’un dépistage plus précoce permettrait de réduire les recours tardifs au réseau de la santé.

Selon la SCC, plusieurs patientes expriment un sentiment d’abandon face à des lignes directrices qui ne tiennent pas compte de l’évolution des profils de risque. « Certaines femmes nous disent qu’elles se sentent laissées pour compte dans un système qui manque de clarté quant à l’âge auquel elles devraient commencer le dépistage et qui les oblige à se battre pour accéder aux services », affirme M. Raynaud.

Le Québec affiche par ailleurs le taux de cancer du sein le plus élevé au pays, selon les projections du rapport Statistiques canadiennes sur le cancer 2025, et demeure la dernière province canadienne à avoir ajusté son programme de dépistage pour les femmes de moins de 50 ans.

Dans un contexte de rigueur budgétaire et à l’approche du prochain budget provincial, la Société canadienne du cancer insiste sur l’importance d’un financement adéquat pour accompagner l’élargissement du programme. Sans investissements supplémentaires, notamment pour accroître la capacité de prise en charge du système, l’organisme craint une augmentation des délais et des inégalités d’accès.

La SCC affirme qu’elle poursuivra ses démarches auprès du gouvernement du Québec afin que des mesures concrètes soient adoptées rapidement. Chaque retard dans la mise en œuvre, soutient-elle, représente des occasions manquées de détecter la maladie plus tôt et d’améliorer les résultats pour les patientes.

L’organisme rappelle enfin que l’accès équitable et rapide au dépistage du cancer du sein devrait être garanti à toutes les personnes au Canada, peu importe leur âge ou leur lieu de résidence.

Éric Beaupré
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