[jpshare]

Des citoyens de plusieurs régions manifestent à Québec pour réclamer un moratoire sur l’éolien

Des citoyens de plusieurs régions manifestent à Québec pour réclamer un moratoire sur l’éolien
Des délégations du Centre-du-Québec, de la Mauricie, de l’Estrie veulent un moratoire sur l’éolien @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Des centaines de citoyens provenant de plusieurs régions du Québec ont convergé vers la capitale, lundi, afin de réclamer un moratoire sur le développement de nouveaux projets éoliens dans la province. La mobilisation, organisée par le Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ), s’est terminée devant l’Assemblée nationale.

Des délégations du Bas-Saint-Laurent, de la Montérégie, de Lanaudière, de l’Estrie, du Centre-du-Québec, de Chaudière-Appalaches, de la Capitale-Nationale et de la Mauricie ont participé au rassemblement.

Les manifestants se sont d’abord réunis au Musée national des beaux-arts du Québec avant de marcher jusqu’à l’Assemblée nationale. Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec, était également présent afin d’appuyer les revendications du regroupement, notamment au nom des travailleurs d’Hydro-Québec représentés par le syndicat.

Le RVÉQ réclame un moratoire

Au cœur des revendications : l’imposition d’un moratoire sur le développement de la filière éolienne jusqu’à la tenue d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) générique permettant, selon le regroupement, d’évaluer les impacts cumulatifs du développement éolien à l’échelle du Québec.

Le RVÉQ estime que le développement accéléré de cette filière énergétique se déroule sans véritable débat collectif sur les besoins énergétiques futurs de la province. L’organisation soulève notamment des préoccupations concernant les conséquences de la multiplication des parcs éoliens sur les paysages, les terres agricoles, les forêts et les milieux de vie.

Le regroupement s’inquiète également de la construction de nouvelles infrastructures de transport d’électricité qui serait nécessaire pour raccorder les futurs projets au réseau.

Les opposants dénoncent par ailleurs la place accordée au secteur privé dans le développement de nouveaux projets de production d’électricité. Ils réclament que les actifs et les bénéfices associés aux nouvelles installations énergétiques demeurent dans le domaine public.

« Nos demandes sont claires depuis notre première sortie publique en janvier 2025 : il faut imposer un moratoire sur le développement éolien tant qu’un BAPE générique n’aura pas été mené, c’est-à-dire une analyse des impacts cumulatifs et de la meilleure façon de développer cette filière. Il faut également mettre fin à la privatisation de la production énergétique afin que les actifs et les bénéfices des nouveaux projets demeurent publics. Un vaste débat démocratique doit avoir lieu sur l’avenir énergétique du Québec pour définir les véritables besoins et les différents scénarios possibles incluant ceux de décroissance et de sobriété. Enfin, aucun projet ne devrait pouvoir être imposé dans une zone habitée sans référendum municipal obligatoire. Ce n’est qu’à ces conditions que l’éolien pourra véritablement être bénéfique pour la société québécoise », affirme Janie Vachon-Robillard, responsable du dossier éolien et de la mobilisation au Regroupement vigilance énergie Québec.

Une éolienne de 210 mètres représentée devant l’Assemblée nationale

Pour illustrer l’ampleur des installations auxquelles ils s’opposent, les participants ont formé devant l’Assemblée nationale une chaîne humaine représentant les dimensions d’une éolienne de 210 mètres de hauteur.

La manifestation comprenait également une courte pièce humoristique intitulée Quand Fuckall Energy veut votre bien, ainsi que des chansons engagées critiquant les promoteurs de projets éoliens et la réponse des élus aux préoccupations exprimées par certaines communautés.

Avec cette mobilisation, le RVÉQ souhaite placer le développement de l’éolien parmi les enjeux du débat politique québécois et réclame notamment qu’aucun projet situé dans une zone habitée ne puisse aller de l’avant sans la tenue obligatoire d’un référendum municipal.

Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
PROFILE

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon