Don de corps à la science : l’UQTR rend hommage à 87 donneurs, un dernier geste de générosité pour faire avancer la médecine

Don de corps à la science : l’UQTR rend hommage à 87 donneurs, un dernier geste de générosité pour faire avancer la médecine

Mauricie / Centre-du-Québec

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a rendu hommage, samedi 17 octobre, à 87 personnes ayant choisi de faire don de leur corps à la science. Réunissant quelque 450 proches et membres des familles, cette cérémonie commémorative a permis de souligner leur contribution à la formation des professionnels de la santé et à l’avancement des connaissances médicales.

Pour certains, donner son corps à la science représente un ultime geste de générosité envers la médecine et les générations futures. Pour d’autres, c’est une façon bien particulière de réaliser un rêve, celui de faire enfin leur entrée à l’université, même après leur décès. Un souhait aussi précieux que celui de contribuer à l’avancement des connaissances, de prolonger leur engagement envers les autres et de laisser un héritage qui profitera à la société.

Comme a pu l’apprendre le Vingt55, derrière chacun de ces dons se trouve une histoire profondément humaine, parfois marquée par le désir de poursuivre une vocation ou de réaliser symboliquement un rêve, même après la mort.

Tenue au Centre de l’activité physique et sportive Léopold-Gagnon, la cérémonie annuelle a offert aux familles un moment de recueillement et de reconnaissance envers leurs proches, dont le dernier geste continue de bénéficier à l’enseignement et à la recherche.

« Chaque don de corps représente une multitude d’occasions d’apprentissage pour un grand nombre d’étudiants et de professionnels. Ces contributions permettent de développer une compréhension approfondie de l’anatomie humaine qui ne peut être acquise autrement. Aujourd’hui, nous souhaitons avant tout remercier les donneurs et leurs familles pour cet héritage exceptionnel qu’ils laissent à la communauté », a souligné Hugues Leblond, directeur du laboratoire d’anatomie de l’UQTR.

Une entrée à l’université après la mort, un souhait réalisé au service de la science

En entrevue au Vingt55, Jean-François Hinse, conseiller en communication et responsable des relations avec les médias de l’UQTR, a évoqué les témoignages qui l’ont particulièrement marqué lors de la cérémonie.

Certaines personnes ayant choisi de donner leur corps à la science n’avaient jamais eu l’occasion de fréquenter l’université de leur vivant. Elles voyaient dans ce geste une façon symbolique d’y faire enfin leur entrée après leur décès. D’autres, notamment des enseignants, souhaitaient poursuivre leur vocation en contribuant à la formation des générations futures.

« Ma mère a été enseignante toute sa vie. En donnant son corps à la science, elle souhaitait poursuivre son engagement pour la formation de la relève, même après la mort », a témoigné Rachel Roy, dont les propos ont été rapportés par l’UQTR.

Ces témoignages illustrent une dimension particulière du don de corps, celle de réaliser un souhait personnel tout en contribuant à faire avancer la science et la médecine, même après la mort.

Un apprentissage irremplaçable pour les futurs professionnels de la santé

Fondé en 1993, le laboratoire d’anatomie de l’UQTR accueille chaque année plus de 1 300 étudiants, ainsi que de nombreux professionnels et spécialistes de la santé venus perfectionner leurs connaissances  Comme l’a expliqué Jean-François Hinse au Vingt55, les livres, les illustrations et les modèles anatomiques demeurent essentiels à la formation, mais ne remplacent pas l’apprentissage sur un véritable corps humain.

Chaque corps présente des particularités anatomiques. La disposition des veines, des ligaments et des différentes structures peut varier d’une personne à l’autre. Cette diversité permet aux étudiants de développer leurs connaissances pratiques, notamment par la dissection, et aux médecins spécialistes de perfectionner leurs techniques.

Les dons contribuent également à des projets de recherche clinique visant à améliorer les connaissances et les soins offerts à la population.

Une relation humaine qui accompagne les familles, au-delà de l’enseignement scientifique, le don de corps implique un accompagnement particulier des proches.

Après le décès, lorsque les conditions du don sont réunies, le corps peut être transféré directement à l’université, sans qu’un service funéraire traditionnel ait nécessairement lieu auparavant. Jean-François Hinse a notamment raconté le témoignage d’une femme qui souhaitait être informée de l’arrivée du corps de sa mère au laboratoire. Une technicienne de l’université l’avait rappelée pour lui confirmer que le transfert avait été effectué.

Une attention simple, mais importante pour cette proche, qui tenait à savoir que les dernières volontés de sa mère avaient été respectées.

La cérémonie annuelle prend ainsi une signification particulière pour les familles, puisqu’elle leur permet de rendre un hommage collectif à leur proche et, pour certaines, de vivre un moment de recueillement qu’elles n’avaient pas eu l’occasion d’organiser au moment du décès.

Annie Descheneaux, venue de l’Ontario pour participer à la cérémonie, a expliqué que sa mère souhaitait contribuer à la science tout en évitant à ses proches les responsabilités financières et organisationnelles liées aux funérailles. Certains membres de sa famille envisagent maintenant de suivre son exemple.

Don d’organes et don de corps, deux démarches différentes

L’entrevue du Vingt55 a également permis de préciser une distinction importante entre le don d’organes et le don de corps à la science. Le don d’organes vise principalement à permettre des transplantations pour soigner ou sauver des patients, tandis que le don de corps est destiné à l’enseignement médical et à la recherche scientifique.

Les personnes souhaitant donner leur corps à l’UQTR doivent remplir un formulaire spécifique disponible auprès de l’université.

Les donneurs peuvent également exprimer leurs volontés quant à l’utilisation de leur corps, notamment pour les activités du laboratoire d’anatomie ou celles d’un laboratoire consacré à l’étude de la décomposition humaine.

Cette démarche repose sur le respect des choix exprimés par les donneurs, qui peuvent obtenir des renseignements et de l’accompagnement directement auprès du laboratoire.

Que devient le corps après son utilisation ? Comme le précise M. Hinse en entrevue au Vingt55 , les corps confiés a l’UQTR et au laboratoire d’anatomie sont habituellement conservés pendant environ trois ans pour l’enseignement et la recherche.

À la fin de leur utilisation, ils sont incinérés et les familles peuvent récupérer les cendres si elles le souhaitent. L’université rappelle que l’identité des donneurs demeure strictement confidentielle et que les activités du laboratoire sont encadrées par des règles éthiques rigoureuses visant à préserver leur dignité.

Pour les personnes intéressées, les renseignements sur le programme et les modalités d’inscription sont disponibles au www.uqtr.ca/anatomie.

Un dernier hommage à un geste qui se poursuit au-delà de la vie

En honorant ces 87 personnes, l’UQTR souhaite rappeler que le don de corps demeure avant tout une démarche volontaire, profondément humaine, qui mérite respect et reconnaissance.

Une façon unique de laisser un héritage à la science, de poursuivre une vocation ou même de réaliser un souhait après la mort, tout en contribuant à améliorer les soins destinés aux générations futures.

Pour les familles réunies à Trois-Rivières, cette cérémonie représente bien davantage qu’un hommage. Elle souligne un choix personnel et généreux qui permet de transmettre des connaissances, de contribuer à la formation des futurs professionnels de la santé et de faire avancer la médecine.

Rédaction Vingt 55
RéDACTEUR_EN_CHEF
PROFILE

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon