Itinérance : Après les promesses électorales, les actes!

Itinérance : Après les promesses électorales, les actes!
Pour la Mission Old Brewery, qui accompagne chaque jour plus de 1 000 personnes @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Lettre ouverte

Jamais l’enjeu de l’itinérance n’aura occupé une telle place dans une campagne électorale au Québec. Tous les partis en ont fait une priorité. Un consensus se dégage enfin, nous devons faire plus et mieux face à cette situation critique. À présent, le nouveau gouvernement du Parti québécois devra passer de la parole aux actes et faire de l’itinérance une véritable priorité nationale, en y injectant l’énergie et les ressources nécessaires.

L’itinérance n’est pas une fatalité. Le gouvernement a le pouvoir de la prévenir et de la réduire, en mettant en place des mesures durables. Le manque de logements abordables, l’absence de mesures efficaces pour contrôler la hausse des loyers, l’absence de programmes adaptés en dépendance et les obstacles à l’accès aux soins sont autant d’enjeux qui relèvent de la responsabilité du gouvernement du Québec.

Des engagements ambitieux qui devront être suivis d’actions

Ainsi, nous accueillons positivement les engagements du nouveau gouvernement qui visent à réduire l’itinérance de façon concrète et mesurable, notamment l’objectif de la réduire de 50 % d’ici 2030 et les investissements annoncés en logement, en santé mentale et en dépendance. Un leadership à la hauteur des besoins sera primordial.

Pour la Mission Old Brewery, qui accompagne chaque jour plus de 1 000 personnes à travers ses 21 établissements à Montréal, ces engagements représentent une occasion importante de passer d’une logique de gestion de crise à une véritable stratégie de réduction de l’itinérance.

L’engagement de créer 2000 logements avec accompagnement pour des personnes en situation d’itinérance est un signal fort. Nous le voyons dans nos centaines de logements transitoires et permanents à la Mission Old Brewery : pour sortir durablement de l’itinérance, un logement avec des services de soutien est la clé. Un développement à grande échelle de ces logements sera donc requis.
En plus, pour prévenir l’itinérance, certaines mesures sont indispensables : une hausse significative de la part du logement hors marché, un élargissement ambitieux des suppléments au loyer (PSL) et la mise en place d’un registre des loyers obligatoire. Toute la société en bénéficiera.

L’expertise du terrain doit être entendue

Depuis des années, les organismes communautaires sont aux premières lignes de la lutte contre l’itinérance. À la Mission Old Brewery, cette expérience nous a permis de développer une expertise concrète dans la prévention, l’intervention d’urgence, le soutien en logement et le développement de logements communautaires.

Les organismes doivent être perçus comme des partenaires dans le développement de solutions, pas seulement comme des exécutants. Nous saluons ainsi l’engagement du Parti québécois de vouloir réunir autour d’une même table tous les acteurs en matière d’itinérance. Le succès de cette nouvelle action politique passera par une coordination forte entre les gouvernements, les villes, le réseau de la santé et des services sociaux et les organismes communautaires.

Cette concertation sera l’occasion idéale d’aborder ensemble des chantiers structurants : l’évolution de notre cadre réglementaire et législatif, la protection contre les évictions, le soutien aux initiatives municipales sur les campements, ainsi que le déploiement d’une approche dédiée et guidée par les communautés autochtones.

Nous espérons que le nouveau gouvernement et l’ensemble des partis représentés à l’Assemblée nationale sauront collaborer afin de passer des engagements aux actions concrètes. C’est ce que la population québécoise attend des nouveaux élus.

Vers un nouveau contrat social

L’itinérance n’est pas un enjeu partisan. Elle touche l’ensemble de notre société et interpelle les fondements mêmes de notre contrat social. Agir pour la prévenir et la réduire, c’est une question de dignité humaine et de respects des droits, mais aussi un investissement aux retombées sociales et économiques positives. Face à la crise, alors que les solutions sont connues et doivent être déployées à grande échelle, il est grand temps de faire de la lutte à l’itinérance une véritable priorité gouvernementale, avec la volonté politique et les moyens qui s’imposent.

Rédaction Vingt 55
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