Centre-du-Québec
La Société Saint-Jean-Baptiste appelle le Centre-du-Québec à se mobiliser @ Tous droits réservés.
Devant les résultats préoccupants d’une nouvelle étude du Commissaire à la langue française, l’organisme invite les municipalités, les commerces, les écoles et les organisateurs d’événements à poser des gestes concrets pour redonner une place plus importante à la chanson francophone.
L’étude L’exception québécoise, publiée le 13 octobre 2026 sous la direction du commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, et consultée par le Vingt55, dresse un portrait préoccupant de la consommation musicale au Québec.
Basée sur les données de l’entreprise Luminate Data, cette recherche compare les habitudes d’écoute au Québec, au Canada et dans 24 pays européens. Elle révèle que le Québec arrive au dernier rang des territoires non anglophones étudiés pour la proportion de musique écoutée dans sa langue nationale.
Le Québec loin derrière plusieurs pays européens
Selon les données de 2025, seulement 12 % des écoutes musicales en ligne au Québec sont attribuées à des artistes chantant en français, comparativement à 45 % en France, 47 % en Italie et 66 % en Espagne.
L’étude révèle également que le Québec est la seule société non anglophone analysée où les artistes américains représentent plus de 40 % des écoutes musicales en ligne.
Autre constat : les artistes nationaux occupent une place limitée dans les habitudes d’écoute québécoises, avec une proportion variant de 6 % à 12 %, selon la définition retenue, comparativement à des proportions atteignant jusqu’à 48 % dans certains pays européens.
Une situation préoccupante, mais pas irréversible
Pour le directeur de la SSJBCQ, Dominic Martin, ces résultats constituent un signal d’alarme, mais la région dispose de moyens concrets pour contribuer à renverser la tendance.
« C’est certain que de voir des résultats comme ceux-là, c’est préoccupant. Mais je refuse de croire que la situation est irréversible. Je pense qu’il faut collectivement se retrousser les manches et agir. Nous avons une trop grande richesse musicale et des artistes trop talentueux pour baisser les bras », affirme-t-il.
Les commerces, les municipalités et les écoles du Centre-du-Québec invités à agir
La SSJBCQ interpelle les acteurs du milieu de Drummondville, de Victoriaville et de l’ensemble du Centre-du-Québec afin qu’ils accordent une plus grande place aux chansons francophones dans leurs listes de lecture.
Les commerces, les arénas, les établissements scolaires, les installations municipales et les événements sportifs, culturels ou communautaires sont notamment ciblés par cette démarche.
Selon Dominic Martin, il ne s’agit pas d’écarter les artistes anglophones ou ceux qui chantent dans d’autres langues, mais plutôt de favoriser un meilleur équilibre musical et de faire découvrir davantage de talents francophones.
Les plateformes numériques et les habitudes d’écoute en cause
À la lumière de l’analyse de l’étude réalisée par le Vingt55, il ressort que la situation québécoise ne peut être expliquée par une seule cause, mais plutôt par un ensemble de facteurs qui influencent les habitudes d’écoute musicale.
Les algorithmes des plateformes numériques, la forte connaissance de l’anglais, les habitudes culturelles et une offre francophone plus limitée dans certains genres populaires figurent parmi les facteurs susceptibles d’expliquer cette situation.
Le rapport révèle également que les artistes français ne représentent que 5,4 % des écoutes au Québec, comparativement à près de 40 % dans la partie francophone de la Belgique et à 37 % en Suisse francophone.
Les chercheurs recommandent notamment de renforcer la présence du français dans les espaces publics, de favoriser la découverte musicale dans les écoles et d’améliorer la visibilité des artistes francophones sur les plateformes numériques.
Faire du Centre-du-Québec un exemple pour les autres régions
Pour la Société Saint-Jean-Baptiste, la musique demeure un important véhicule de transmission de la langue et de la culture québécoise. L’organisme souhaite que les initiatives locales contribuent à rendre la chanson francophone plus présente dans la vie quotidienne.
« La musique francophone doit être associée au plaisir, à la fête et à la fierté de vivre ensemble. Si chacun fait un petit effort, que ce soit dans un commerce, un aréna ou lors d’une activité municipale, je suis convaincu qu’on peut faire une différence. Pourquoi ne pas faire du Centre-du-Québec un exemple à suivre pour le reste du Québec? », souligne Dominic Martin.
La SSJBCQ espère ainsi que les acteurs régionaux répondront à son appel et contribueront, chacun à leur manière, au rayonnement de la musique francophone et de la culture québécoise.

La musique francophone perd du terrain @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.







