Laboratoire clandestin à Drummondville : la GRC demande l’aide du public pour retrouver Jasmin Tremblay

Laboratoire clandestin à Drummondville : la GRC demande l’aide du public pour retrouver Jasmin Tremblay

VILLE / RÉGION

Plus de deux ans après l’importante opération policière menée dans un quartier résidentiel de Drummondville et couverte sur place par le Vingt55, la Gendarmerie royale du Canada annonce maintenant le dépôt d’accusations contre trois hommes. Un quatrième suspect, un résident de Drummondville, est toujours recherché. L’enquête révèle également l’ampleur exceptionnelle du laboratoire clandestin : selon Santé Canada, celui-ci aurait eu la capacité de produire plus de 45 millions de comprimés.

Laboratoire clandestin de Drummondville, la GRC demande l’aide du public pour retrouver le Drummondvillois Jasmin Tremblay Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Une importante enquête de la Police fédérale de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) vient de franchir une nouvelle étape dans le dossier du laboratoire clandestin démantelé à Drummondville à l’été 2024.

La GRC a annoncé mercredi le dépôt d’accusations contre Michael Saint-Pierre, 38 ans, de Coaticook, Daniel Junior Gagné, 38 ans, de Sherbrooke, et David Rancourt, 38 ans, également de Sherbrooke, relativement à l’enquête ayant mené au démantèlement du laboratoire de Drummondville.

Un quatrième homme, Jasmin Tremblay, 47 ans, de Drummondville, est toujours recherché et fait l’objet d’un mandat d’arrestation, confirme la GRC.

Cette annonce donne aujourd’hui une nouvelle dimension à une opération que le Vingt55 avait suivie directement sur le terrain les 31 juillet et 1er août 2024. Dans le volet directement lié au laboratoire de Drummondville, Jasmin Tremblay, 47 ans, de Drummondville, demeure recherché par les policiers et est visé par un mandat d’arrestation.

Une opération majeure couverte sur place par le Vingt55

Comme le rapportait alors le Vingt55, l’importante frappe policière s’était déroulée dans une résidence située au 630 de la 106e Avenue, à l’intersection de la rue Daniel, dans un secteur résidentiel de Drummondville et à proximité d’une école.

Des dizaines de policiers et d’enquêteurs avaient été mobilisés. Une équipe spécialisée en décontamination du Service de sécurité incendie de Montréal avait également été appelée en renfort afin de permettre aux enquêteurs de travailler de façon sécuritaire à l’intérieur du laboratoire clandestin.

La caporale Martina Pillarova, de la GRC, avait alors confirmé en entrevue au Vingt55 que la résidence était ciblée comme un lieu de fabrication de produits synthétiques. Le Vingt55 avait également constaté sur place le déploiement de tentes de décontamination et l’ampleur des ressources nécessaires au démantèlement.

L’enquête de l’Unité mixte contre le crime organisé avait débuté en mai 2024. Quatre personnes avaient initialement été arrêtées avant d’être libérées en attendant la suite des procédures.

Plus d’un million de comprimés saisis

Le bilan dévoilé aujourd’hui permet maintenant de mesurer beaucoup plus précisément l’ampleur de cette installation clandestine.

Selon la GRC, plus d’un million de comprimés contenant des opioïdes synthétiques ont finalement été saisis dans le cadre de l’enquête.

Les policiers ont également récupéré 24 kilogrammes de kétamine, 6 kilogrammes de tadalafil, d’importantes quantités de produits chimiques ainsi que du matériel de laboratoire destiné à la fabrication de comprimés illicites.

Plus encore, les analyses réalisées par Santé Canada ont permis d’établir que le laboratoire clandestin de Drummondville aurait eu une capacité de production estimée à plus de 45 millions de comprimés, selon les informations rendues publiques par la GRC.

Il s’agit d’un portrait beaucoup plus considérable que celui disponible dans les premières heures de l’opération. Le Vingt55 rapportait alors un premier bilan d’environ 300 000 comprimés s’apparentant à de la protonitazèpyne. Quelques jours plus tard, la GRC avait indiqué que le décompte pouvait désormais dépasser le million de comprimés après la découverte, le 2 août, d’un deuxième laboratoire clandestin à Dixville.

Des comprimés imitant de l’oxycodone

L’un des éléments particulièrement préoccupants de l’enquête concerne la nature des comprimés fabriqués.

Les comprimés contrefaits saisis par les policiers reproduisaient l’apparence de médicaments pharmaceutiques légitimes, notamment de l’oxycodone, au point où ils pouvaient être difficilement distingués des véritables médicaments.

Lors de l’opération de 2024, la GRC avait notamment identifié des comprimés bleus portant l’inscription M/30, imitant des comprimés d’oxycodone. Les analyses avaient toutefois démontré qu’ils contenaient de la protonitazèpyne.

Cette substance appartient à la famille des nitazènes, des opioïdes synthétiques extrêmement puissants associés à un risque élevé de surdose. Selon la GRC, la protonitazèpyne détectée dans le cadre de ces enquêtes serait environ 25 fois plus puissante que le fentanyl.

Daniel Junior Gagné doit comparaître à Drummondville

Michael Saint-Pierre et David Rancourt doivent comparaître par vidéoconférence au palais de justice de Sherbrooke. Ils font notamment face à des accusations de possession de substances contrôlées en vue d’en faire le trafic.

Daniel Junior Gagné doit pour sa part comparaître par vidéoconférence au palais de justice de Drummondville, notamment relativement à une accusation de trafic de stupéfiants.

Les accusations déposées devant le tribunal n’ont pas encore été prouvées et les accusés sont présumés innocents jusqu’à preuve du contraire.

Une deuxième enquête mène à d’autres accusations à Sherbrooke

L’annonce de mercredi concerne également une enquête distincte menée à Sherbrooke.

Cette deuxième enquête, amorcée en novembre 2024, a mené mercredi matin à l’arrestation de Yannick Roy, 37 ans, et Jasmin Leclerc, 41 ans, tous deux de Sherbrooke. Ils font face à des accusations de production et de possession de substances contrôlées en vue d’en faire le trafic.

Dans ce dossier, un laboratoire clandestin installé dans le sous-sol d’une résidence de Sherbrooke avait été démantelé en mai 2025. Près de 60 000 comprimés contrefaits contenant de la protonitazèpyne avaient été saisis, en plus d’importantes quantités de produits chimiques et d’équipement permettant une production à grande échelle.

La GRC demande à toute personne possédant des renseignements concernant des activités illicites d’individus ou de groupes de communiquer avec ses enquêteurs ou avec le service de police local.

Laboratoire clandestin de Drummondville, la GRC demande l’aide du public pour retrouver le Drummondvillois Jasmin Tremblay Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
RéDACTEUR_EN_CHEF
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