Noyade d’une fillette : la coroner Mylène Servant appelle à renforcer la sécurité des piscines sans attendre 2027

Noyade d’une fillette : la coroner Mylène Servant appelle à renforcer la sécurité des piscines sans attendre 2027
la coroner Mylène Servant appelle à renforcer la sécurité des piscines sans attendre 2027 @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Nouvelle régionale

Chaque noyade est une noyade de trop. À Drummondville comme ailleurs au Québec, les drames survenus au cours des dernières saisons estivales ont marqué des familles et des communautés. À la suite du décès d’une fillette de trois ans, noyée dans la piscine familiale à Saint-Constant, en Montérégie, la coroner Dre Mylène Servant formule trois recommandations visant à renforcer la sécurité des piscines résidentielles et à prévenir d’autres décès.

Dans son rapport signé le 30 septembre 2026, la coroner insiste sur l’importance de la surveillance, des barrières physiques et de la mise en conformité des installations, particulièrement celles bénéficiant encore d’un délai réglementaire.

Une brève interruption de surveillance aux conséquences tragiques

Le 22 juin 2026, vers 11 h, la fillette se baignait dans la piscine familiale avec sa mère, alors qu’elle portait un dispositif de flottaison.

Après avoir demandé à se rendre à la salle de bain, l’enfant est rentrée dans la résidence avec sa mère, qui lui avait retiré son dispositif. La fillette est ensuite montée seule à l’étage, tandis que sa mère demeurait au rez-de-chaussée.

Quelques minutes plus tard, alors qu’elle recevait un appel téléphonique, la mère a aperçu sa fille inanimée dans la piscine. Elle s’est précipitée pour la sortir de l’eau et demander de l’aide. Des voisins, puis des policiers, ont participé aux manœuvres de réanimation.

Transportée à l’Hôpital Anna-Laberge, l’enfant a retrouvé une circulation sanguine spontanée après un arrêt cardiorespiratoire, avant d’être transférée à l’Hôpital de Montréal pour enfants. Malgré les soins prodigués, son décès a été constaté le 27 juin.

La coroner a conclu à une mort accidentelle causée par les complications de la noyade, sans intervention d’un tiers.

Une piscine accessible sans barrière de protection

L’investigation a révélé que la piscine était directement accessible depuis la terrasse de la résidence, sans enceinte permettant de l’isoler complètement.

L’enfant avait ainsi pu retourner seule à l’extérieur et accéder au bassin sans franchir de barrière.

La Dre Servant rappelle qu’un jeune enfant peut se déplacer rapidement sans reconnaître les dangers. Une noyade peut également survenir silencieusement, sans cris ni mouvements susceptibles d’alerter les adultes.

Pour la coroner, la surveillance demeure indispensable, mais ne peut constituer l’unique protection. Les installations doivent également empêcher physiquement l’accès autonome des jeunes enfants à l’eau.

À la lecture du rapport d’investigation de la coroner Dre Mylène Servant, trois recommandations se dégagent afin de renforcer la sécurité des piscines résidentielles et de prévenir d’autres noyades au Québec.

La première vise le maintien de l’échéance du 30 septembre 2027, sans nouveau report, pour la mise en conformité des piscines installées avant le 1er novembre 2010. La coroner rappelle que les modifications réglementaires adoptées en 2021 ont mis fin à l’exemption dont bénéficiaient ces anciennes installations.

La deuxième recommandation concerne la mise en place d’une campagne provinciale de sensibilisation, menée par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation en collaboration avec la Société de sauvetage. Cette campagne devrait être diffusée avant et pendant les saisons estivales précédant l’échéance réglementaire afin de rappeler aux propriétaires les risques associés aux piscines non conformes.

Enfin, la troisième recommandation interpelle l’Association des commerçants de piscines du Québec, dont les membres seraient appelés à participer davantage à la prévention. Les détaillants, installateurs et entreprises d’entretien pourraient ainsi sensibiliser les propriétaires aux exigences réglementaires et aux mesures de protection nécessaires, particulièrement au début de chaque saison estivale.

Ces recommandations visent à favoriser une mise en conformité rapide des installations et à réduire les risques de noyade, sans attendre l’échéance de septembre 2027.

Ces recommandations trouvent un écho particulier à Drummondville et dans le Centre-du-Québec, où des noyades survenues au cours des dernières saisons estivales ont également endeuillé des familles.

Les municipalités ont un rôle à jouer dans l’application du Règlement sur la sécurité des piscines résidentielles et la vérification de la conformité des installations.

À Drummondville, la Ville offre notamment des cours de natation, en collaboration avec Desjardins, contribuant à l’apprentissage des comportements sécuritaires dans l’eau. Ces initiatives demeurent complémentaires à la surveillance et aux protections physiques entourant les piscines privées.

Le rapport s’appuie notamment sur des recherches portant sur 655 événements de noyade chez les enfants au Québec, qui soulignent la vulnérabilité des enfants de un à quatre ans.

L’absence de surveillance directe et de barrières physiques figure parmi les facteurs de risque relevés. La prévention doit donc combiner surveillance constante, enceintes conformes et dispositifs de fermeture et de verrouillage automatiques.

Pour les familles touchées à Drummondville, dans le Centre-du-Québec et ailleurs dans la province, ces tragédies rappellent l’importance d’agir avant qu’un autre drame survienne. En formulant ses recommandations, la Dre Mylène Servant souhaite que les circonstances entourant le décès de cette fillette permettent de renforcer la prévention et d’éviter d’autres pertes humaines.

Éric Beaupré
RéDACTEUR_EN_CHEF
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