DRUMMONDVILLE
Projet pilote de VTT, Julie Arel mise sur la bonne foi et la cohabitation @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Le projet pilote permettant la circulation des VTT dans le secteur du chemin Hemming et de la rue Généreux continue de faire réagir et de susciter des inquiétudes chez certains résidents. Si plusieurs utilisateurs souhaitent pouvoir profiter de cet accès et assurer la pérennité du projet, des citoyens rencontrés par le Vingt55 soulèvent, de leur côté, des préoccupations concernant notamment le bruit, la vitesse, le respect de la propriété privée et la circulation des véhicules hors route à proximité des résidences.
Au fil des dernières semaines, le débat a d’ailleurs parfois dépassé la simple question de la circulation des VTT. Des tensions se sont installées entre certains utilisateurs et résidents du secteur, alors que chacun tente de faire valoir son point de vue sur la cohabitation et les impacts du projet pilote.
Plus récemment, des informations voulant que des fils de pêche aient été tendus à certains endroits sur des voies empruntées par des VTT ont également circulé dans le secteur. Le Vingt55 n’a toutefois pas été en mesure de confirmer sur place ces affirmations. Qu’elles soient fondées ou non, elles témoignent néanmoins du climat de tension qui entoure actuellement le dossier, comme le souligne d’ailleurs Julie Arel, interpellée sur cette question en entrevue au Vingt55.
Julie Arel, propriétaire de la station-service et cantine, s’est rapidement désolée de la situation et a réagi à toute forme de geste pouvant compromettre la sécurité des utilisateurs des sentiers.
Pour elle, aucune opposition au projet, aussi légitime soit-elle, ne peut justifier un comportement susceptible de mettre une personne en danger. « Que cette situation, que cet événement soit fondé ou non, c’est tout à fait inacceptable », a affirmé Julie Arel en entrevue au Vingt55.
Julie Arel reconnaît elle-même que le dossier est délicat. Elle dit avoir été confrontée, depuis le début de l’été, autant aux commentaires de citoyens opposés au passage des VTT qu’aux préoccupations des utilisateurs qui souhaitent conserver cet accès. Elle affirme d’ailleurs intervenir régulièrement auprès des quadistes afin de leur rappeler que la possibilité de circuler dans le secteur repose avant tout sur le respect des règles et des résidents.
Pour elle, la solution ne passe donc ni par la confrontation ni par une opposition entre deux camps, mais plutôt par des mesures simples, une meilleure communication et une responsabilisation de tous ceux qui fréquentent le secteur.
« C’est un dossier épineux. Je vais dire qu’on a les pros 4 roues et les anti-4 roues », résume Julie Arel en entrevue au Vingt55.
La bonne foi plutôt que l’affrontement
Pour Julie Arel, la solution ne passe pas par une opposition systématique entre ceux qui pratiquent le VTT et ceux qui n’en font pas. Elle estime plutôt que chacun doit reconnaître les préoccupations de l’autre et agir de bonne foi afin de préserver une cohabitation qui demeure fragile.
« Je respecte les deux parties. Je respecte ceux qui sont écœurés d’avoir les 4 roues, puis je respecte les 4 roues. Ça, c’est important de le mentionner », insiste-t-elle.
Cette bonne foi doit toutefois fonctionner dans les deux sens. Les utilisateurs doivent respecter les propriétés, les résidents, les règles de circulation et les droits de passage qui leur sont accordés. De leur côté, ceux qui s’opposent au passage des véhicules hors route doivent également éviter que leur mécontentement se transforme en gestes susceptibles de mettre la sécurité d’autrui en danger.
Pour Julie Arel, c’est donc moins une question d’être pour ou contre les VTT que de déterminer s’il est possible pour les deux réalités de coexister dans le même secteur.
Une pratique responsable pour préserver des droits fragiles
Julie Arel affirme d’ailleurs intervenir régulièrement auprès des amateurs de VTT et de motocross qui fréquentent son commerce et les environs.
« Je fais énormément de prévention. Moi, je jase avec les gars de 4 roues toutes les fins de semaine. Je suis dehors, je jase avec eux autres : “N’oubliez pas, ce sont des droits fragiles, il faut respecter.” »
Son message est clair, quelques comportements irresponsables peuvent suffire à compromettre les possibilités de passage pour tous les autres utilisateurs.
C’est pourquoi elle mise d’abord sur la responsabilisation et la prévention, convaincue que la survie d’une éventuelle cohabitation passe autant par la bonne foi des résidents que par le comportement respectueux des utilisateurs de véhicules hors route.

Un citoyen rencontré « avec pas de casque » souhaite également une meilleure cohabitation @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Un citoyen rencontré « avec pas de casque » souhaite également une meilleure cohabitation et voir le gros bon sens s’appliquer
Des citoyens rencontrés par le Vingt55 insistent toutefois sur le fait que leurs préoccupations ne doivent pas être interprétées comme une opposition systématique à tous les utilisateurs de VTT. Certains souhaitent surtout que les règles soient mieux respectées et que les comportements problématiques d’une minorité ne viennent pas détériorer davantage les relations avec les résidents.
Ironiquement, le citoyen reconnaît lui-même avoir commis une infraction en circulant sur le sentier sans casque au moment de notre rencontre. Il explique toutefois qu’il s’agissait, selon lui, d’une situation exceptionnelle.
« C’est bien rare, pour ne pas dire une des très rares fois où je circule sans casque assure M Grenier. Je reste à quelques centaines de mètres d’ici et je voulais constater si les fils de pêche avaient bel et bien été installés. Mais oui, je ne prêche pas par l’exemple », a-t-il admis en entrevue au Vingt55.
Le résident affirme être davantage préoccupé par le bruit et certains comportements qu’il juge dangereux sur les sentiers que par les infractions au Code de la sécurité routière elles-mêmes. Il reconnaît néanmoins que, comme le rappelle Julie Arel, la réussite de la cohabitation devra probablement passer autant par le comportement des utilisateurs et des résidents que par les mesures de contrôle imposées par la Ville.
La question de la cohabitation demeure ainsi au cœur du dossier. Bruit, vitesse, heures de passage, respect des propriétés et comportement des utilisateurs font partie des éléments soulevés dans le secteur. À l’inverse, des adeptes de VTT rappellent que la grande majorité des utilisateurs circulent de façon responsable et craignent que les gestes de quelques personnes viennent compromettre un accès qui demeure fragile.
Au moment de publier, plusieurs questions demeurent quant aux résultats du projet pilote, mais également concernant les activités de prévention et de surveillance menées dans le secteur. Des citoyens rencontrés par le Vingt55 jugent notamment plutôt timide la présence policière et auraient souhaité une visibilité accrue des policiers et des cadets depuis le début du projet.
« Je n’ai vu pratiquement aucun policier, sinon très peu, et je ne me souviens pas d’avoir vu souvent des cadets circuler aux abords ou sur les sentiers », affirme l’un des résidents de la rue Généreux rencontré sur place ce matin par le Vingt55.
La SQ confirme avoir été informée de la situation
Questionné par le Vingt55 concernant la présence policière dans le secteur, le sergent Louis-Philippe Ruel, porte-parole de la Sûreté du Québec, confirme que la situation a été rapportée aux policiers de la MRC de Drummond et que des mesures ont été prises.
Des effectifs ont notamment été déployés dans le secteur. Quant au nombre précis de visites, d’opérations de surveillance ou d’interventions policières effectuées depuis le lancement du projet pilote, le porte-parole précise qu’il lui était difficile de fournir rapidement un bilan détaillé.
Le sergent Ruel assure toutefois qu’un suivi sera effectué dans le secteur, notamment en lien avec les demandes formulées par la Ville concernant la présence et la visibilité policières.
Des questions demeurent sur l’avenir du projet pilote
Contactée par le Vingt55 afin de faire le point sur la situation et sur l’avancement du projet pilote, la conseillère municipale Catherine Lassonde n’avait toujours pas répondu à nos demandes au moment de publier. Le Vingt55 souhaitait notamment obtenir des précisions concernant la fréquence de la présence des policiers et des cadets dans le secteur, les opérations de visibilité qui auraient été demandées par la Ville ainsi que le travail de suivi effectué depuis le lancement du projet.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, la conseillère aurait également fait avancer le dossier lors du plus récent atelier municipal, tenu lundi. Les discussions auraient notamment porté sur le maintien ou non du projet pilote et sur les ajustements qui pourraient être apportés à la lumière de l’expérience vécue dans le secteur du chemin Hemming et de la rue Généreux par plusieurs citoyens.
L’enjeu dépasse d’ailleurs ce seul secteur puisque le projet pilote devait éventuellement permettre à la Ville d’évaluer la possibilité d’appliquer une formule semblable dans d’autres secteurs, advenant un bilan jugé positif.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, des échanges auraient toutefois eu lieu au cours des dernières heures concernant les enjeux soulevés sur le terrain et, surtout, l’avenir du projet pilote, qui pourrait être aboli par la Ville, la décision finale demeure toutefois à être entérinée par le conseil municipal.

Projet pilote de VTT, Julie Arel mise sur la bonne foi et la cohabitation @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.














