Drummondville / Centre-du-Québec
La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, en collaboration avec le Syndicat de l’UPA des Bois-Francs, interpelle les partis politiques afin d’obtenir des engagements concrets pour faciliter l’établissement de la relève et le transfert des fermes aux prochaines générations.
Pour les organisations agricoles, l’enjeu devient particulièrement important alors qu’une proportion importante des producteurs approche de l’âge où la question de la relève se pose. Selon les données présentées par l’UPA, près de 40 % des producteurs agricoles québécois sont âgés de plus de 55 ans, tandis que 78 % des entreprises agricoles de la province n’ont pas de plan de relève.

L’UPA du Centre-du-Québec réclame des engagements concrets pour la relève @ Tous droits réservés
Des fermes de plus en plus difficiles à acquérir
La Fédération soutient que les conditions économiques compliquent considérablement l’établissement d’une nouvelle génération de producteurs.
Selon les chiffres avancés dans le communiqué, le revenu net du secteur agricole serait passé de 1,2 milliard de dollars en 2021 à 154,9 millions de dollars en 2025, alors que la dette agricole aurait atteint 34,2 milliards de dollars en 2025.
À cela s’ajoute l’augmentation du prix des actifs. L’UPA affirme que le coût d’acquisition des actifs agricoles a sextuplé en 30 ans, tandis que la valeur des terres a augmenté de 700 % au cours des 20 dernières années.
Dans ce contexte, les organisations agricoles demandent au prochain gouvernement de mettre en place un programme de prêts à long terme de type « capital patient », avec des taux d’intérêt bas et fixes sur une période de 40 ans pour l’achat d’une première terre agricole.
Elles réclament également une augmentation importante des sommes offertes dans le cadre du Programme d’appui financier à la relève agricole afin de tenir compte de l’inflation, ainsi qu’une réduction du fardeau administratif imposé aux producteurs.
« Les cédants sont inquiets »
Pour Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, la situation exerce également une pression importante sur les producteurs qui souhaitent éventuellement transmettre leur entreprise.
« Les cédants sont inquiets. Leur niveau de risque est élevé, dans un contexte où celles et ceux qui désirent prendre le relai de leur entreprise font face à un environnement d’affaires hostile et des coûts exorbitants. Cette conjoncture ajoute une pression immense sur les épaules des cédants et de leur relève. Le prochain gouvernement devra agir et mettre en place des mesures concrètes, dont des incitatifs fiscaux avantageux pour favoriser les transferts de fermes. Les cédants en ont beaucoup sur leurs épaules. Quel parti aura l’ambition de les soutenir? », demande Julie Bissonnette.
Le maintien des fermes, un enjeu pour les régions
Au-delà de la relève elle-même, l’UPA estime que le transfert des entreprises agricoles représente un enjeu économique important pour les communautés rurales.
Selon l’organisation, chaque ferme qui demeure en activité contribue au maintien d’emplois directs et indirects, soutient les fournisseurs locaux et participe à la vitalité économique des municipalités rurales.
Le président du Syndicat de l’UPA des Bois-Francs, Camil Chabot, soulève également les conséquences humaines et financières auxquelles sont confrontés les producteurs et la relève.
« Il ne faut pas écarter l’aspect de la santé psychologique. Le manque de relève ajoute un stress quotidien aux producteurs agricoles et les gens qui achètent une entreprise doivent composer avec un fardeau financier et administratif hors norme. De plus, selon le dernier Portrait de la relève agricole du Québec, 44 % des relèves établies ont un emploi à l’extérieur et ce travail représente en moyenne 72 % de leur revenu annuel. Ce n’est plus viable. », avance Camil Chabot.
3 000 entreprises agricoles au Centre-du-Québec
L’agriculture représente un secteur économique majeur au Centre-du-Québec. Selon les données fournies par l’UPA, environ 3 000 entreprises agricoles sont établies sur le territoire.
Celles-ci génèrent un PIB annuel de 543 millions de dollars, soutiennent environ 5 000 emplois et occupent 93 % du territoire régional. Le Centre-du-Québec se classe ainsi au troisième rang des régions administratives du Québec pour l’importance de son secteur agricole, selon la Fédération.
À quelques jours du scrutin provincial, l’UPA du Centre-du-Québec souhaite donc obtenir des partis des engagements précis concernant le financement de la relève







