Venmar ferme définitivement ses portes : plus de 50 ans d’histoire industrielle prennent fin à Drummondville

Venmar ferme définitivement ses portes : plus de 50 ans d’histoire industrielle prennent fin à Drummondville
L’usine située sur le boulevard Lemire et l’entrepôt de la rue Haggerty devront désormais trouver une nouvelle vocation. @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Drummondville

C’est la fin d’une époque pour le secteur manufacturier drummondvillois. Pour plusieurs employés, hier marquait leur dernier quart de travail, alors qu’aujourd’hui, à midi, Venmar a définitivement cessé ses opérations à son usine du boulevard Lemire, mettant ainsi un terme à plus de 50 ans d’histoire industrielle dans la région.

L’usine située sur le boulevard Lemire et l’entrepôt de la rue Haggerty devront désormais trouver une nouvelle vocation. @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Un dernier rendez-vous pour quelques employés encore en poste, alors que plusieurs de leurs collègues avaient déjà quitté l’entreprise au cours des derniers mois. Derrière cette fermeture, annoncée en avril dernier par le Vingt55, ce sont des décennies de travail, un savoir-faire industriel et des liens humains qui prennent fin.

Les deux installations de l’entreprise, celle du boulevard Lemire et celle de la rue Haggerty, qui ont connu leurs heures de gloire au fil des décennies, devront désormais trouver une nouvelle vocation. Il en va de même pour les employés qui ont poursuivi leur parcours au sein de l’entreprise jusqu’à sa fermeture et qui devront maintenant envisager un nouvel avenir professionnel, tandis que d’autres prennent le chemin de la retraite, parfois plus tôt que prévu, dans des circonstances bien différentes de celles qu’ils avaient imaginées.

La fermeture de Venmar s’est concrétisée aujourd’hui, plusieurs mois après l’annonce d’une réorganisation majeure de ses activités manufacturières. Au fil des dernières semaines, les effectifs avaient considérablement diminué. Plusieurs employés avaient déjà cessé d’occuper leurs fonctions, tandis que d’autres avaient réussi à se trouver un nouvel emploi avant la fermeture définitive. Pour plusieurs, hier marquait le dernier quart de travail et la fin définitive des opérations de l’entreprise.

Un témoignage empreint d’émotion et de reconnaissance

Parmi les employés ayant vécu les dernières heures de production chez Venmar, Benoit Gendron a tenu à remercier publiquement ses collègues et amis avec lesquels il a partagé 24 années de sa vie professionnelle. Dans un témoignage particulièrement touchant publié sur les réseaux sociaux, il a souligné l’attachement et la fidélité des employés demeurés en poste jusqu’à la fermeture définitive de l’usine.

« Aujourd’hui a été un grand moment d’émotion. C’était la fin de la production des échangeurs d’air Venmar au Québec. J’ai eu la chance de travailler avec des personnes en or. En 24 ans, j’ai eu le privilège de côtoyer énormément de gens, de vivre de belles expériences et de grandir professionnellement », a-t-il mentionné.

Il a également tenu à rendre hommage à ceux et celles qui ont poursuivi leur travail jusqu’au dernier jour, les décrivant comme des personnes fidèles, passionnées et profondément attachées à leurs collègues.

« Aujourd’hui, c’est une grande page qui se tourne, mais je garderai toujours de précieux souvenirs de toutes ces années », a-t-il ajouté, avant de remercier personnellement plusieurs dizaines de collègues.

C’est toutefois dans une dernière déclaration que Benoit Gendron a résumé toute la portée humaine de cette fermeture : « Vous avez été bien plus que des collègues : vous avez été ma famille. »

Un témoignage qui illustre, au-delà de la fermeture d’une entreprise, la fin d’une aventure humaine et professionnelle qui aura marqué plusieurs générations de travailleurs de Drummondville.

Pour les derniers travailleurs encore présents, cette journée marquait la conclusion d’un long chapitre professionnel, parfois celui de toute une carrière.

Comme le rapportait le Vingt55 dès le 7 avril dernier, la fermeture progressive de l’entreprise devait s’échelonner sur plusieurs mois afin de compléter certaines commandes et d’assurer une transition pour les employés concernés.

La nouvelle, officiellement confirmée aux travailleurs quelques jours plus tard, avait provoqué une onde de choc parmi le personnel, particulièrement chez ceux qui cumulaient plusieurs décennies d’ancienneté.

Une fermeture qui dépasse largement les pertes d’emplois

Au moment de l’annonce, plusieurs employés rencontrés par le Vingt55 avaient témoigné de leur tristesse et de leur incompréhension devant la disparition annoncée de ce fleuron industriel. « On a eu un coup de masse », avait résumé un travailleur comptant plus de 40 ans de service.

Pour plusieurs, Venmar représentait beaucoup plus qu’un simple employeur. Des générations de travailleurs s’y étaient succédé, parfois au sein d’une même famille.

« Ici, c’est une famille. Il y a des gens qui ont 10, 15, 25 ans d’ancienneté… même 40 ans. Des couples, des enfants qui sont venus travailler ici. Mon fils travaille ici », avait confié un employé au Vingt55 lors de l’annonce de la fermeture.

Un autre travailleur avait alors insisté sur l’ampleur de la perte pour le milieu industriel régional, mais surtout pour les personnes qui avaient consacré une grande partie de leur vie à l’entreprise. « On faisait des produits haut de gamme. On perd un savoir-faire et une expertise complète », avait-il déploré.

Pour certains travailleurs approchant de la retraite, l’annonce avait également soulevé d’importantes inquiétudes quant à leur avenir professionnel. « Repartir à zéro à mon âge, ce n’est pas évident. Il me restait quelques années avant la retraite… c’est un dur coup », avait confié l’un d’eux.

Ces témoignages recueillis par le Vingt55 prennent aujourd’hui une résonance particulière, alors que la fermeture est désormais effective.

Des installations vidées et une présence industrielle qui disparaît

L’usine du boulevard Lemire, autrefois animée par les activités de fabrication et les allées et venues des employés, a progressivement été vidée au cours des derniers mois.

L’entrepôt situé sur la rue Haggerty, également visé par les annonces de fermeture, était quant à lui demeuré inutilisé depuis l’important incendie survenu en août 2025, qui avait nécessité l’intervention de sept services incendie.

Ces deux installations témoignent aujourd’hui de la disparition des activités industrielles de Venmar à Drummondville.

L’entreprise, fondée en 1976, avait déjà compté près de 350 employés à son apogée. Au fil des décennies, elle avait contribué à faire rayonner l’expertise manufacturière drummondvilloise dans le domaine de la ventilation et de la qualité de l’air.

Une décision prise dans un contexte de réorganisation nord-américaine

Rappelons que Venmar, propriété du groupe américain Broan-NuTone, avait annoncé en avril une réorganisation de ses activités de fabrication et d’entreposage, notamment vers d’autres installations situées aux États-Unis et au Mexique.

Selon les informations recueillies par le Vingt55, la direction avait évoqué plusieurs facteurs économiques, dont la diminution du carnet de commandes, l’incertitude liée aux tarifs douaniers ainsi que l’augmentation des coûts de transport, d’importation et d’exportation. La décision avait néanmoins suscité des interrogations parmi certains employés, qui considéraient l’usine de Drummondville comme l’une des installations les plus performantes du groupe, notamment grâce à son expertise dans la fabrication de produits haut de gamme.

Le groupe avait alors indiqué vouloir maintenir certaines fonctions locales, notamment en recherche et développement, en ingénierie et dans les services administratifs. Le statut actuel de ces activités reste toutefois à préciser.

Une page importante de l’histoire économique de Drummondville se tourne

Au-delà de la fermeture d’une usine, c’est une partie de la mémoire industrielle de Drummondville qui disparaît. Venmar aura vu défiler des générations d’employés, contribué à la formation de travailleurs spécialisés et participé au développement économique régional pendant plus d’un demi-siècle.

L’entreprise s’était notamment distinguée par ses innovations et son environnement de travail, des réalisations qui lui avaient valu le prix Gariépy décerné par la Ville de Drummondville au début des années 2000. La fermeture de Venmar s’ajoute à une série de pertes d’emplois et de restructurations annoncées dans la région au cours de la dernière année, alimentant les préoccupations entourant l’avenir du secteur manufacturier local.

Si plusieurs travailleurs ont déjà entrepris une nouvelle étape de leur carrière, d’autres conserveront le souvenir d’une entreprise qui aura occupé une place importante dans leur vie. L’un des employés rencontrés par le Vingt55 au moment de l’annonce avait d’ailleurs résumé ce sentiment d’appartenance en quelques mots : « Ça a commencé dans un garage. C’est devenu un fleuron. On connaît tous quelqu’un qui a travaillé ici. »

Le 25 septembre 2026, l’entreprise Venmar avait organisé une soirée de retrouvailles qui avait permis à plusieurs anciens et actuels employés de se réunir et de renouer avec leurs collègues. Comme l’avaient confié une participante au Vingt55, cette rencontre avait donné lieu à des retrouvailles particulièrement positives et émouvantes, ravivant de nombreux souvenirs et témoignant des liens tissés au fil des années au sein de l’entreprise.

Plusieurs employés ont déjà été relocalisés ou ont réussi à se trouver un nouvel emploi, tandis que d’autres devront poursuivre leurs démarches pour se trouver un nouveau travail.

Lors de l’annonce de la fermeture, plusieurs entreprises avaient d’ailleurs invité les travailleurs touchés à communiquer avec leur service des ressources humaines afin d’explorer les possibilités d’emploi. Certains postes, notamment en électromécanique et en mécanique industrielle, seraient à pourvoir au sein de ces entreprises.

Ce jeudi 29 octobre, à midi, les dernières activités manufacturières de Venmar à Drummondville ont pris fin. Une fermeture qui marque non seulement la disparition d’un employeur d’ici mais aussi la conclusion d’une histoire ayant profondément marqué plusieurs générations de familles drummondvilloises.

Plusieurs employés ont déjà été relocalisés ou ont réussi à se trouver un nouvel emploi, tandis que d’autres devront poursuivre leurs démarches pour se trouver un nouveau travail.

Éric Beaupré
RéDACTEUR_EN_CHEF
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