Drummondville
Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Selon les informations obtenues par le Vingt55 et confirmées tant par les autorités que par la direction du Village québécois d’antan, certaines situations impliquant des comportements de visiteurs ne seraient pas nouvelles. Au fil des années, des employés affirment avoir été frappés, bousculés ou pris à partie. Coups de poing, coups de pied et même un violent coup porté avec une lampe de poche font partie des événements rapportés au Vingt55, dont certains ont également été confirmés par les autorités ou la direction.
Une arrestation lors de la dernière fin de semaine et une seconde enquête
Selon les informations obtenues par le Vingt55, les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont été appelés à intervenir au Village québécois d’antan dans la soirée du 26 septembre relativement à deux événements distincts impliquant des visiteurs et des employés.
Contactée par le Vingt55, la sergente Valérie Beauchamp, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), confirme que les policiers se sont effectivement rendus sur place à la suite de plaintes déposées par la direction du Village québécois d’antan. Elle confirme également que l’une des interventions a mené à une arrestation, tandis que le second événement fait toujours l’objet d’une enquête policière.
Le premier dossier concerne une altercation impliquant une visiteuse qui, selon les informations obtenues par le Vingt55 et confirmées par la porte-parole, se trouvait en état d’intoxication. « La femme, dans la trentaine, a été arrêtée avant d’être libérée avec des conditions à respecter et une promesse de comparaître. L’enquête se poursuit », confirme la sergente Valérie Beauchamp en entrevue au Vingt55.
Le second dossier concerne des allégations de gestes ou de contacts à caractère sexuel, « gestes inappropriés », qui auraient été posés par un visiteur envers une employée. Aucune arrestation n’avait été effectuée dans ce dossier au moment de la confirmation obtenue par le Vingt55. Les policiers doivent notamment rencontrer les personnes impliquées afin de recueillir leur version et de déterminer les circonstances exactes entourant l’événement.
Des comédiens affirment que le problème ne date pas d’hier
Au-delà de ces événements, des employés et anciens comédiens rencontrés par le Vingt55 affirment avoir été témoins ou victimes de situations similaires au fil des années.
Certains auraient reçu des coups de pied ou des coups de poing de visiteurs expliquant avoir réagi parce qu’ils avaient été surpris ou effrayés. Dans un autre cas et événement rapporté au Vingt55, une employée aurait été victime d’un « french non sollicité » de la part d’un visiteur lors d’un autre événement du VQA . l’événement, n’aurait pas mené à des accusations, déplore une employée.
Les comédiens soulignent également que certaines situations problématiques impliqueraient, selon leurs observations, des visiteurs ayant consommé de l’alcool ou autres substences et qui participent et sont admis aux événements du Village Québécois. D’autres, stimulés par l’adrénaline, chercheraient parfois à pousser l’expérience plus loin que le simple effet de surprise de l’avis d’employées et comédiens du VQA
« Nous avons un protocole à respecter. Nous devons garder une certaine distance et surprendre les visiteurs sans nous exposer inutilement. Mais dans le feu de l’action, derrière un personnage déguisé, il arrive qu’un visiteur avance vers nous ou pose un geste. Et ce ne sont pas toujours de ‘’simples réflexes’’ nous recevons parfois des coups qui nous apparaissent clairement intentionnels », explique une comédienne en entrevue au Vingt55. Le Village hanté repose précisément sur la peur et l’effet de surprise. Un mouvement instinctif provoqué par un sursaut peut survenir, reconnaissent les employés. Ils estiment toutefois que frapper ou bousculer volontairement un comédien dépasse les limites de l’expérience.
Frappée avec une lampe de poche
Une ancienne comédienne rapporte avoir elle-même été sérieusement blessée par un visiteur il y a quelques années. Selon son témoignage, un visiteur l’a frappée avec une lampe de poche, lui causant d’importantes comme le démontre les photos suite a l‘événement rendues public des blessures importantes et 4 dents cassés en plus des craintes qui lui sont restés depuis l’incident.
J’ai développé un important sentiment d’insécurité et dit ne pas avoir eu le sentiment d’être suffisamment soutenue. Selon sa version, l’événement aurait alors été considéré comme un geste accidentel et isolé. Aucune plainte policière n’aurait été déposée.
Questionnée sur cet événement précis, la direction confirme avoir rencontré l’employée et le visiteur. Le dossier a été traité comme un geste isolé et « non intentionnel ». Aucune accusation n’avait alors été portée. L’employée avait été rencontrée et informée de la décision de ne pas porter plainte, a confirmé la direction du Village québécois d’antan en entrevue au Vingt55.
Cette fois, les employés auraient demandé l’intervention des policiers
La direction du Village québécois d’antan rappelle depuis plusieurs années aux employés qu’ils doivent respecter différentes consignes et maintenir une certaine distance avec les visiteurs afin d’assurer leur sécurité.
Or, selon les informations obtenues par le Vingt55, des employés auraient insisté pour que la façon de traiter certains incidents évolue. Devant les gestes rapportés au cours de la dernière fin de semaine, ils auraient demandé que les autorités soient prévenues afin que les événements soient officiellement signalés.
Cette fois, la direction a effectivement porté les situations à l’attention de la Sûreté du Québec (SQ), comme le confirme la Sûreté du Québec, menant à l’ouverture de deux dossiers, dont l’un a conduit à l’arrestation d’une visiteuse
Du côté du Village québécois d’antan, Mme Geneviève Legault confirmait au Vingt55 que de nouvelles mesures et consignes de sécurité ont été mises en place cette année, tant pour protéger les visiteurs que les employés. Des agents de sécurité sont notamment présents sur le site, alors qu’une vigie et des caméras vidéo ont également été ajoutées afin d’assurer une surveillance en direct, de documenter tout geste inapproprié commis sur le site et de permettre une intervention rapide lorsqu’une situation problématique est signalée.
« Le Village hanté doit demeurer un milieu sécuritaire pour tous, tant pour les visiteurs que pour les comédiens », rappelait Mme Legault en entrevue au Vingt55.
Une formation destinée au personnel, proposée par l’organisme CALACS La Passerelle, vise également à mieux encadrer les interactions avec les visiteurs, à éviter tout contact et à mieux outiller les employés, précise Mme Legault.
La sécurité dans les deux sens
Ces événements surviennent dans un contexte particulier. Comme le rapportait récemment le Vingt55, deux anciens comédiens du Village québécois d’antan font eux-mêmes face à la justice dans deux dossiers distincts concernant des agressions sexuelles alléguées envers des visiteuses lors d’éditions antérieures du Village hanté. Ces événements ont mené au dépôt d’accusations d’agression sexuelle contre les deux anciens employés, qui font toujours l’objet de procédures judiciaires pour des geste présumé commis envers deux visiteuses.
La direction avait alors rappelé que les contacts physiques ne faisaient pas partie des scénarios autorisés et insisté sur une règle de « zéro contact ».
Le principe vaut donc dans les deux sens, les visiteurs doivent pouvoir vivre l’expérience sans subir de gestes déplacés de la part des comédiens, tandis que les employés doivent pouvoir travailler sans être frappés, bousculés ou faire l’objet de gestes à caractère sexuel avait affirmé la directrice générale du Village québécois d’antan en entrevue suite au dépôt des accusations envers les deux ex employés
Le Vingt55 a sollicité la direction du Village québécois d’antan afin d’obtenir sa version concernant les événements survenus au cours de la dernière fin de semaine. Au moment de publier, la direction n’avait pas commenté les plus récents événements.
Être surpris, crier ou sursauter fait partie de l’expérience. Frapper, bousculer volontairement ou poser des gestes inappropriés envers un comédien dépasse toutefois les limites du jeu, insistent des comédiens en entrevue au Vingt55.

Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.










