DRUMMONDVILLE
Alors qu’Hydro-Québec demande à la Régie de l’énergie d’approuver des hausses tarifaires jugées « limitées et abordables », le Conseil du patronat du Québec (CPQ) tire la sonnette d’alarme. L’organisation déplore les effets cumulatifs de ces hausses sur les entreprises québécoises, dont celles de Drummondville et du Centre-du-Québec, qui craignent pour leur compétitivité déjà mise à rude épreuve.
La société d’État prévoit une hausse de 3 % des tarifs résidentiels et de 4,8 % pour les clients commerciaux et industriels, dès 2026. Hydro-Québec soutient que ces ajustements, qui s’inscrivent dans le cadre de son Plan d’action 2035, permettront d’assurer des investissements structurants afin d’améliorer la qualité du service, de moderniser les installations et de soutenir la décarbonation.
Pour les ménages, l’augmentation représente environ 2,40 $ de plus par mois pour un logement et 6,70 $ pour une maison de taille moyenne. Une hausse qui, bien que qualifiée de modeste par Hydro-Québec, survient dans un contexte économique difficile.
À Drummondville comme ailleurs dans la province, plusieurs citoyens et entreprises s’inquiètent de l’effet de cette nouvelle hausse sur leur pouvoir d’achat.
Une hausse qui pèse aussi sur les familles, déjà confrontées à une hausse importante des loyers et à un coût de la vie en croissance constante, de nombreuses familles devront composer avec des factures d’électricité alourdies. « Cette hausse, aussi encadrée soit-elle, touche directement les locataires et les familles à revenu modeste, pour qui chaque dollar compte », ont fait valoir certains regroupements citoyens contactés dans la région.
Les hausses énergétiques s’ajoutent aux augmentations du prix de l’épicerie, du logement et des frais de transport, accentuant ainsi la pression sur les ménages de Drummondville et des MRC voisines.
Le milieu des affaires centricois et de la province redoute des impacts durables
Le CPQ s’inquiète particulièrement des répercussions sur les entreprises exportatrices et à forte consommation énergétique, comme celles actives dans l’agroalimentaire, les pâtes et papiers ou l’aluminium. Ces secteurs sont bien représentés dans le Centre-du-Québec, notamment à Drummondville, Victoriaville et Bécancour, où plusieurs entrepreneurs voient leur marge de manœuvre se réduire.
« L’avantage concurrentiel lié à nos bas tarifs d’électricité est en train de s’éroder, ce qui menace directement nos exportateurs. Cette nouvelle hausse vient fragiliser un peu plus nos entreprises », estime Norma Kozhaya, économiste en chef et vice-présidente à la recherche du CPQ.
Le CPQ reproche également le déséquilibre entre les tarifs résidentiels et commerciaux, jugeant que les prix offerts aux particuliers ne reflètent pas le coût réel de l’énergie, ce qui nuit, selon l’organisation, à la promotion d’une consommation plus responsable.
Hydro-Québec défend ses choix
Hydro-Québec de son côté, rappelle que le Québec continue d’afficher des tarifs parmi les plus bas en Amérique du Nord, et souligne que les hausses annoncées sont modulées pour limiter leur impact.
La société d’État promet également d’investir 2,5 milliards de dollars en efficacité énergétique d’ici 2028, et met de l’avant des programmes d’accompagnement pour les ménages (notamment avec des thermostats intelligents gratuits) ainsi que pour les entreprises, qui pourraient économiser jusqu’à 20 % sur leur facture grâce à des mesures ciblées.
Une décision attendue de la Régie
La Régie de l’énergie devra maintenant se prononcer sur la demande d’ajustement tarifaire dans les mois à venir. D’ici là, plusieurs organisations régionales, chambres de commerce et élus municipaux du Centre-du-Québec entendent faire valoir les préoccupations des citoyens et du tissu entrepreneurial local.








